L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Inconfortable divan


Voici le nouvel ouvrage d'Alexandre Delaigue et Philippe Ménia, les animateurs de l'excellent blog Econoclaste, "Nos phobies économiques". J'avais beaucoup apprécié leur premier livre, Sexe, drogue, et économie, qui vulgarisait intelligemment les questions économiques. Je suis moins enthousiaste sur celui-ci.
Le point des auteurs est d'expliquer un certain nombre de questions économiques qui provoquent l'inquiétude des français, (exhaustivement : pouvoir d'achat, décroissance, dépenses de santé, gestion des pandémies, chômage, immigration, gratuité, banques) afin de les démythifier pour qu'elles ne se changent pas en phobies et que l'honnête homme puisse les aborder sereinement. L'intention est indéniablement bonne. Montrer les phénomènes économiques dans leur complexité devrait permettre d'éviter les analyses de bistrot et les affirmations de solutions à l'emporte-pièce (car comme le disait Bruno Etienne en amphi : "Quand quelqu'un vous dit que le problème est simple, il est con ou il vous prend pour un con, mais dans les deux cas c'est grave"). Je trouve malheureusement que la cible n'est pas vraiment atteinte. Pour le professionnel, rien de bien neuf dans ce livre ; ce n'est pas pour eux qu'il est écrit. Le problème vient du fait qu'il ne me semble pas écrit non plus pour le néophyte. J'ai pensé à mon entourage et me suis demandé à qui je pourrais offrir ce livre. N'en déplaise à mon entourage, à pas grand monde. En brossant toutes les explications théoriques sur chaque question traitée, en les confrontant aux faits, en montrant les indécisions et les doutes heuristiques des économistes, les auteurs font certes œuvre de vérité mais ils risquent de provoquer l'effet inverse de celui qu'ils recherchent. Le lecteur peut refermer "Nos phobies économiques" en se disant que, finalement, tout ce qu'il sait c'est qu'il ne sait rien et que les économistes eux-mêmes ne savent pas grand chose, ce qui ne sera guère de nature à calmer ses phobies (excluons de cette critique le chapitre plutôt bien fait sur la crise financière et bancaire). Si on cherche un cadeau pour la fête des pères, La prospérité du vice, de Daniel Cohen, me parait plus adapté à un béotien économique d'intelligence normale. Réserver "Nos phobies économiques" aux lycéens de Terminale SES ou aux étudiants de première année !
Nos phobies économiques, Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia

Commentaires

Munin a dit…
Merci pour ce retour, j'hésitais à le lire. Je vais, dans l'immédiat, me contenter de continuer à suivre leur blog - même si je le trouve parfois un peu trop auto-référençant et elliptique. Je trouve que Eolas est meilleur pédagogue dans son approche du droit, que eux dans leur approche de l'économie.

Et bravo pour la citation de Bruno Etienne, je me souviens effectivement de l'avoir entendu dire ça. :)
Gromovar a dit…
@Munin : Quel dommage que Maitre Eolas ne sorte pas un livre.