Je ne suis pas venu apporter la paix - Nicolas Martin

Ce roman sortira en septembre. Cette chronique fera l'objet d'une republication. « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre! Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée, car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère, et l'on aura pour ennemis les membres de sa famille. » Cette phrase, attribuée par Matthieu au Christ, est à la fois le titre et le point du nouveau roman de Nicolas Martin. Pyrénées, aujourd’hui. Une famille recomposée se rassemble pour veiller les derniers moments du patriarche : Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu ce cri, elle va mourir, la mamma (ici le papa) , ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de l'Italie (ici d’Indonésie) , y a même Giorgio, le fils maudit (là, maudits, fils et filles le sont tous peu ou prou) . Dramatis Personae : Le patriarche, veuf et remarié Judith, sa seconde épouse Diane, p...

La der des ders


Nouveau superbe album de Gibrat, l'auteur talentueux du "Sursis".
"Mattéo" est le premier de 4 albums qui raconteront la vie d'un fils de pacifiste qui va participer à toutes les guerres de 14/18 à 39/45 et ainsi en expérimenter l'absurdité. La première période, qui est racontée ici, se situe au début de la Grande Guerre. On y voit d'une manière particulièrement réaliste la réalité des rapports entre classes, le patriotisme obligé des hommes, la pression sociale exercée par ceux qui ne partent pas sur ceux qui doivent partir, les relations dans les tranchées, le rôle du courrier, et les horreurs de la guerre en première ligne. Le scénario est magnifique, tragique et sensible ; il colle aussi à ce qui est l'état des recherches contemporaines sur la période (je chroniquerai demain, 11 novembre oblige, un livre sur le sujet). En cela, il cesse d'être simplement distrayant pour devenir utile.
Le graphisme est superbe. Non content d'être un grand scénariste, Gibrat réalise les encrages et les couleurs. Les planches sont des aquarelles de toute beauté. Hors de toute considération sur leur qualité intrinsèque, le choix de ce mode graphique permet de rendre la confusion brumeuse du monde des tranchées. C'est sans conteste l'un des plus beaux albums sortis cette année.
Dernier détail, comme souvent chez Futuropolis, le papier utilisé est de grande qualité.
J'apprécie énormément les nombreuses oeuvres de Tardi sur la guerre de 14/18, mais je trouve qu'ici on le dépasse, et de loin, sur le plan artistique.
Si vous avez aimé l'excellent "Sursis", foncez !
Si vous ne connaissez pas "Le sursis", foncez aussi !
Et même si vous vous foutez de tout ça, foncez quand même, vous ne le regretterez pas !
Mattéo, t.1, Jean-Pierre Gibrat

Commentaires

minifourmi a dit…
J'ai adoré Le Vol du corbeau et Le Sursis de Gibrat! Il va falloir que je me débrouille pour lire cet album, qui m'attire tout autant que les précédents.
Gromovar a dit…
Un regret pour l'instant : toujours pas de tome 2 18 mois après, je trouve ça un peu excessif.