Le Dernier fils des dieux - Jean Baret

De Jean Baret on avait lu l'impressionnante trilogie Trademark et le surprenant Monde de Julia (avec Ugo Bellagamba) . Il était difficile de faire mieux ; ce n'est hélas pas le cas avec ce court roman un peu décevant dans sa forme. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 123, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À l’aube de l’effondrement des sociétés humaines mondialisées, un journaliste reçoit un étrange carnet, journal intime d’un jeune homme, héritier d’une fortune sans commune mesure et retenu contre son gré par un colosse silencieux dans une prison de béton. Au fil des pages, il découvre la vie de débauche et l’arrogance de cette frange de la population qui agit comme les nouveaux dieux ; quelques-uns organisent par ennui, au sein d’un mystérieux club, des actions absurdes provoquant des désordres interna...

La der des ders


Nouveau superbe album de Gibrat, l'auteur talentueux du "Sursis".
"Mattéo" est le premier de 4 albums qui raconteront la vie d'un fils de pacifiste qui va participer à toutes les guerres de 14/18 à 39/45 et ainsi en expérimenter l'absurdité. La première période, qui est racontée ici, se situe au début de la Grande Guerre. On y voit d'une manière particulièrement réaliste la réalité des rapports entre classes, le patriotisme obligé des hommes, la pression sociale exercée par ceux qui ne partent pas sur ceux qui doivent partir, les relations dans les tranchées, le rôle du courrier, et les horreurs de la guerre en première ligne. Le scénario est magnifique, tragique et sensible ; il colle aussi à ce qui est l'état des recherches contemporaines sur la période (je chroniquerai demain, 11 novembre oblige, un livre sur le sujet). En cela, il cesse d'être simplement distrayant pour devenir utile.
Le graphisme est superbe. Non content d'être un grand scénariste, Gibrat réalise les encrages et les couleurs. Les planches sont des aquarelles de toute beauté. Hors de toute considération sur leur qualité intrinsèque, le choix de ce mode graphique permet de rendre la confusion brumeuse du monde des tranchées. C'est sans conteste l'un des plus beaux albums sortis cette année.
Dernier détail, comme souvent chez Futuropolis, le papier utilisé est de grande qualité.
J'apprécie énormément les nombreuses oeuvres de Tardi sur la guerre de 14/18, mais je trouve qu'ici on le dépasse, et de loin, sur le plan artistique.
Si vous avez aimé l'excellent "Sursis", foncez !
Si vous ne connaissez pas "Le sursis", foncez aussi !
Et même si vous vous foutez de tout ça, foncez quand même, vous ne le regretterez pas !
Mattéo, t.1, Jean-Pierre Gibrat

Commentaires

minifourmi a dit…
J'ai adoré Le Vol du corbeau et Le Sursis de Gibrat! Il va falloir que je me débrouille pour lire cet album, qui m'attire tout autant que les précédents.
Gromovar a dit…
Un regret pour l'instant : toujours pas de tome 2 18 mois après, je trouve ça un peu excessif.