La Migration annuelle des nuages - Premee Mohamed - Retour de Bifrost 118

Futur trop proche, à quatre générations de nous environ. Prédation, effondrement de la biodiversité, changement climatique et pandémies émergentes, le monde (le nôtre) s'est effondré, pas sur un boom mais sur un murmure. Bien des humains sont morts dans les années de tribulation qui ont signé l’effondrement. Quelques-uns restent néanmoins. D'abord dans les lointains dômes, où les plus riches se sont apparemment réfugiés et où subsisteraient les merveilles de l'Ancien Monde (Cf. Exodes , de Jean-Marc Ligny) . Ensuite, plus nombreux, dans les ruines des villes, non loin d’une nature endommagée redevenue sauvage et donc dangereuse. Reid vit avec sa mère au sein d'une communauté qui tente de survivre dans ce qu'il reste d'Edmonton, précisément dans le campus de la ville. La jeune femme, comme sa mère, est porteuse du Cadastrulamyces , abrégé cad, un champignon parasite (Cf. The Last of Us ) qui se transmet de parent à enfant et finit par tuer son hôte non sans l’a...

La der des ders


Nouveau superbe album de Gibrat, l'auteur talentueux du "Sursis".
"Mattéo" est le premier de 4 albums qui raconteront la vie d'un fils de pacifiste qui va participer à toutes les guerres de 14/18 à 39/45 et ainsi en expérimenter l'absurdité. La première période, qui est racontée ici, se situe au début de la Grande Guerre. On y voit d'une manière particulièrement réaliste la réalité des rapports entre classes, le patriotisme obligé des hommes, la pression sociale exercée par ceux qui ne partent pas sur ceux qui doivent partir, les relations dans les tranchées, le rôle du courrier, et les horreurs de la guerre en première ligne. Le scénario est magnifique, tragique et sensible ; il colle aussi à ce qui est l'état des recherches contemporaines sur la période (je chroniquerai demain, 11 novembre oblige, un livre sur le sujet). En cela, il cesse d'être simplement distrayant pour devenir utile.
Le graphisme est superbe. Non content d'être un grand scénariste, Gibrat réalise les encrages et les couleurs. Les planches sont des aquarelles de toute beauté. Hors de toute considération sur leur qualité intrinsèque, le choix de ce mode graphique permet de rendre la confusion brumeuse du monde des tranchées. C'est sans conteste l'un des plus beaux albums sortis cette année.
Dernier détail, comme souvent chez Futuropolis, le papier utilisé est de grande qualité.
J'apprécie énormément les nombreuses oeuvres de Tardi sur la guerre de 14/18, mais je trouve qu'ici on le dépasse, et de loin, sur le plan artistique.
Si vous avez aimé l'excellent "Sursis", foncez !
Si vous ne connaissez pas "Le sursis", foncez aussi !
Et même si vous vous foutez de tout ça, foncez quand même, vous ne le regretterez pas !
Mattéo, t.1, Jean-Pierre Gibrat

Commentaires

minifourmi a dit…
J'ai adoré Le Vol du corbeau et Le Sursis de Gibrat! Il va falloir que je me débrouille pour lire cet album, qui m'attire tout autant que les précédents.
Gromovar a dit…
Un regret pour l'instant : toujours pas de tome 2 18 mois après, je trouve ça un peu excessif.