Hyde Street t2 - Johns - Reis

Sortie du nouvel opus de la série Hyde Street , le comic EC-style de Johns et Reis publié chez Urban depuis quelques mois. Ce tome 2, intitulé Le Hachoir du passé , prolonge le récit entamé dans son prédécesseur , et permet de découvrir de nouveaux résidents de la démoniaque Hyde Street. Le lecteur a donc l’occasion d’approfondir sa connaissance du très dérangeant Pranky, mais aussi de rencontrer la voyante arnaqueuse Sœur Orité ou le chirurgien extrême Docteur Ego (avec ses deux assistantes) . Il fera surtout la connaissance du terrifiant Boucher de Hyde Street, que le Monstre mutique tenait enfermé depuis des décennies. Il en apprendra plus (plus encore s’il regarde attentivement les images) sur le mystérieux Compteur qui mène le jeu dans le purgatoire que constitue Hyde Street. Il croisera même une jeune Marilyn Monroe pleine de rêves et d’espérances. C’est toujours Mr X-Ray qui porte le récit, a fortiori ici quand sa fille – reniée et abandonnée dans une autre vie – tente d’entrer...

Bon débarras


"Génocides" est un roman très noir. Désespéré et délicieusement désespérant.
Intervention extra-terrestre suggérée. Utilisation de la Terre comme zone cultivable dédiée à la production d'une plante géante à finalité nutritive. Les humains sont des parasites. Ils sont traités comme les jardiniers traitent les pucerons. Par l'élimination systématique.
Le roman nous implique dans la vie d'une petite communauté villageoise qui tentent à grand peine de survivre face à l'adversité d'un monde qui est transformé pour servir d'autres buts que l'entretien de la race humaine. De ce fait, et sans dessein politique ou moral, l'humanité est promise au même destin que toutes ces espèces que nous faisons disparaitre en détruisant leur biotope, sans compter bien sûr celles que nous éliminons sciemment et méthodiquement parce qu'elles nous gênent. Et, à contrario de notre première impulsion émotionnelle, il nous est rapidement difficile de prendre fait et cause pour les êtres humains qui constituent cette petite communauté. Ces gens se comportent de vile manière. Ces hommes et ces femmes, ni meilleurs ni pires que d'autres à l'origine, ne survivent que parce qu'ils ont adopté, plus ou moins librement, des codes et des pratiques loin de ceux qui prévalent dans les sociétés civilisées. La règle est autoritaire, la violence permanente, la mort ne pèse rien, les morts sont très vite oubliés. Toute confiance a disparu et les loyautés anciennes ont du mal à survivre. De plus, chacun détient son petit paquet de secrets et de vilénies qui, bridés dans la société normale, trouvent à s'exprimer grâce au contexte extrême dans lequel tous sont plongés. Condamnés,après avoir perdu leur village, à passer un hiver dans une plante géante dont ils se nourrisent, ils ne sont plus que des vers à l'intérieur d'un fruit.
Le roman est court mais intense. Il prend son lecteur et ne le lache plus. L'avilissement est progressif mais permanent et nulle rédemption ne viendra à l'ultime instant.
Dans "Le jour des triffides" on a envie que les acteurs de l'histoire réussissent à survivre, ici on les voit crever sans déplaisir.
Génocides, Thomas Disch

Commentaires

Anonyme a dit…
Ca fait son petit effet, hein !

J'ai vraiment beaucoup aimé.
Gromovar a dit…
Tout à fait superbe. Merci du conseil.
Anonyme a dit…
Pas encore mis la main dessus. Grrr !
Gromovar a dit…
Je l'ai trouvé sur les liens d'occasion d'Amazon, et il y en avait encore.
Anonyme a dit…
Trouvé, reçu et lu.
Très bon texte, je l'ai littéralement dévoré.