Ode to the Half-Broken - Suzanne Palmer

2066. Guerres et catastrophes environnementales, notre monde a failli se terminer il y a quarante ans. Puis, lassitude et attrition aidant, les choses se sont (presque) calmées. Reste une civilisation humaine largement détruite, et un environnement naturel qui ne vaut guère mieux. Tentent d’y survivre, autant que faire se peut, les humains survivants et des méchas qui ont acquis, au fil des ans, une conscience et leur autonomie – une agency dirait William Gibson. Dans ce monde qui tente péniblement de se reconstruire vit paisiblement un ancien mécha de combat (qui a abandonné son ancien nom et pas encore choisi le suivant – qui sera Be) . Le bot, seul depuis des décennies comme un parfait ermite, s’intéresse aux fourmis et plus généralement aux insectes. Il se « réveille » un jour affalé dans une baignoire, après 36 heures de shutdown forcé, sans aucun souvenir de ce qui a causé cet arrêt. Plus problématique encore : il lui manque la jambe gauche. Si Be a tourné le dos au m...

Bon débarras


"Génocides" est un roman très noir. Désespéré et délicieusement désespérant.
Intervention extra-terrestre suggérée. Utilisation de la Terre comme zone cultivable dédiée à la production d'une plante géante à finalité nutritive. Les humains sont des parasites. Ils sont traités comme les jardiniers traitent les pucerons. Par l'élimination systématique.
Le roman nous implique dans la vie d'une petite communauté villageoise qui tentent à grand peine de survivre face à l'adversité d'un monde qui est transformé pour servir d'autres buts que l'entretien de la race humaine. De ce fait, et sans dessein politique ou moral, l'humanité est promise au même destin que toutes ces espèces que nous faisons disparaitre en détruisant leur biotope, sans compter bien sûr celles que nous éliminons sciemment et méthodiquement parce qu'elles nous gênent. Et, à contrario de notre première impulsion émotionnelle, il nous est rapidement difficile de prendre fait et cause pour les êtres humains qui constituent cette petite communauté. Ces gens se comportent de vile manière. Ces hommes et ces femmes, ni meilleurs ni pires que d'autres à l'origine, ne survivent que parce qu'ils ont adopté, plus ou moins librement, des codes et des pratiques loin de ceux qui prévalent dans les sociétés civilisées. La règle est autoritaire, la violence permanente, la mort ne pèse rien, les morts sont très vite oubliés. Toute confiance a disparu et les loyautés anciennes ont du mal à survivre. De plus, chacun détient son petit paquet de secrets et de vilénies qui, bridés dans la société normale, trouvent à s'exprimer grâce au contexte extrême dans lequel tous sont plongés. Condamnés,après avoir perdu leur village, à passer un hiver dans une plante géante dont ils se nourrisent, ils ne sont plus que des vers à l'intérieur d'un fruit.
Le roman est court mais intense. Il prend son lecteur et ne le lache plus. L'avilissement est progressif mais permanent et nulle rédemption ne viendra à l'ultime instant.
Dans "Le jour des triffides" on a envie que les acteurs de l'histoire réussissent à survivre, ici on les voit crever sans déplaisir.
Génocides, Thomas Disch

Commentaires

Anonyme a dit…
Ca fait son petit effet, hein !

J'ai vraiment beaucoup aimé.
Gromovar a dit…
Tout à fait superbe. Merci du conseil.
Anonyme a dit…
Pas encore mis la main dessus. Grrr !
Gromovar a dit…
Je l'ai trouvé sur les liens d'occasion d'Amazon, et il y en avait encore.
Anonyme a dit…
Trouvé, reçu et lu.
Très bon texte, je l'ai littéralement dévoré.