Alex Landragin : l'homme des passages

Alex Landragin vient de recevoir le Prix Planète-SF 2026 à l'unanimité du jury pour son roman fantastique Le Livre des passages . Il a gentiment accepté de répondre à quelques questions pour ce blog et le site du Prix. •  Un écrivain né en France, vivant en Australie, d’origine arménienne, et maîtrisant aussi bien l’anglais que le français : voilà qui n’est pas banal. Qui êtes-vous, monsieur Landragin ? L’histoire de ma famille est passionnante, mais trop longue pour être racontée ici. Je suis né en France, à Épernay, fils d’un vigneron issu d’une longue lignée de vignerons. Du côté de ma mère, d’origine arménienne, l’histoire est jalonnée de fuites successives face à divers cataclysmes, menant finalement en France via la Turquie et l’Union soviétique. C’est donc un héritage complexe. Nous avons fini par nous installer en Australie. Plus tard, ma famille a migré vers un autre pays, mais je suis resté seul en Australie ; si, au début, ce fut à contrecœur, aujourd’hui, je ne voudrai...

Ophidienne


Grand choc personnel que la lecture de "Serpentine". Ce recueil de nouvelles fantastique est le livre que j'ai tenté d'écrire à plusieurs reprises sans y parvenir.
Dans cette réédition d'un recueil paru en 2004 chez la défunte Oxymore, Mélanie Fazi, jeune traductrice littéraire, réunit quelques perles, rares et belles, de celles qu'on place autour des camées, camée qui orne la superbe couverture. L'esthétique est gothique, au sens le plus parfait du terme.
Ceci dit, qu'y a-t-il sous cette couverture ? Une collection de nouvelles exquises. Elles sont émouvantes et fines, les personnages y sont développés avec justesse et délicatesse (Mélanie Fazi parvient même à faire d'une maison de famille un personnage à part entière), le fantastique intervient comme une simple anomalie en vision périphérique. Toutes sont bonnes, certaines sont excellentes. Dans celles-ci (Nous reprendre à la route (on dirait le titre d'une chanson de Dolly, pour les connaisseurs), Rêves de cendre, Matilda) Mélanie Fazi décrit parfaitement l'adolescence et ses troubles, et la culture rock de la jeune femme explose dans des ambiances qui, loin d'être de simples poses, apportent un fond crédible au récit (c'est vraiment le livre que j'ai plusieurs essayé d'écrire avant de l'abandonner, dépité). Serpentine et Petit théâtre de rame sont très urbaines et, de nouveau, j'ai été étonné par la justesse de l'observation. Mélanie Fazi a un oeil qui sait voir. Puis d'autres encore, plus classiques mais plaisantes à lire aussi (il n'y a étrangement qu'Elegie qui m'ait laissé de marbre mais je n'ai pas le privilège d'être une maman, ceci explique peut-être cela).
Serpentine est beau (je ne galvaude pas le mot, c'est beau comme ce beau dont les grecs pensait qu'il ne pouvait qu'abriter le bon), Serpentine est juste, vous devez acheter Serpentine sinon vous resterez pour toujours des béotiens. Du coup moi je vais aller acheter "Notre Dame des Ecailles", son second receuil.
Serpentine, Mélanie Fazi

L'avis d'Efelle

L'avis de Tigger Lilly

L'avis d'El Jc

Commentaires

El Jc a dit…
Je viens de le terminer à l'occasion de sa sortie en poche chez Folio SF. Je partage entièrement ton avis. Ce recueil est une petite merveille et les textes qui le compose sont de petites gourmandises à déguster sans modération.
arutha a dit…
Alors bien sûr, si tout le monde s'y met.
Gromovar a dit…
Elle est forte Mélanie, et en plus elle est plutôt aimable.