Sept Vues sur les gorges d'Olduvaï - Mike Resnick

Les gorges d’Olduvaï en Tanzanie sont l’un des plus importants complexes préhistoriques du monde. Elles sont situées dans la vallée du Grand Rift , un lieu longtemps présenté comme le berceau de l’espèce humaine, celui où une petite bande de primates primitifs aurait mutée sous la pression des changements climatiques et environnementaux induits par la formation de la faille. A l’ouest du Rift, dans un environnement resté humide et arboricole, les primates primitifs auraient évolués en gorilles, chimpanzés et bonobos, alors qu’à l’est, sur une terre transformée en savane sèche, les premiers hominidés, mieux adaptés du fait de leur bipédie, auraient prospéré. Ils seraient donc nos très lointain ancêtres, premiers chaînons d’un modèle monocentrique qui résonne fort avec le darwinisme. Sept vues sur les gorges d'Olduvaï est une novella de Mike Resnick. Multiprimée (Hugo 95, Nebula 95, SF Chronicle 95, Premio Ignitus 96, Ozone 99) , la nouvelle est originale en ceci qu’elle présente u...

Le désert des tartares, sauce Kafka


Décidément beaucoup de belles choses sortent en BD. Le développement du marché a pour effet une augmentation du nombre d’œuvres de qualité, même si leur pourcentage reste stable.
Voici donc un album adapté d'une nouvelle de Kafka, polémique à l'époque (aujourd'hui qui sait encore qu'il exista quelqu'un qui s'appelait Kafka), "La colonie pénitentiaire".
La dite nouvelle est une dénonciation d'une idéologie inhumaine absurdement acceptée et une manifestation éclatante de ritualisme bureaucratique. Elle met en scène un technocrate confit dans l'huile qui applique sans état d'âme une sanction cruelle qui n'a plus lieu d'être. Elle montre comment un monde mort peut perdurer tant que ceux qui le portent en eux sont présents. Elle prophétise l'inhumanité de la Grande Guerre, et l'homme soumis à la machine de métal et détruit par elle. Elle évoque "Le désert des tartares" de Buzatti avec son pauvre personnage de dernier rempart contre la barbarie (l'antienne de l'extrême droite toujours et partout, avec le mépris de l'humanité), elle évoque les ouvriers attachés aux machines qui les dévorent dans "L'écume des jours" de Vian, elle évoque l'idéologie des officiers prussiens qui espéraient se couvrir de gloire en 14.
L'adaptation est excellente, alors ne boudez pas votre plaisir.
Dans la colonie pénitentiaire, Ricard et Maël

Commentaires

Anonyme a dit…
"Il voulait faire Proust, mais il a fait Kafka". Sacré Perec!
Anonyme a dit…
Malgré l'inflation, la BD, c'est quand même le moyen ultime de se maîtriser un champ culturel vite fait bien fait.

Pour lire l'essentiel de la littérature, à raison de plusieurs jours par roman, il faut quelques dizaines d'années.

Pour être cinéphile, ça va déjà plus vite puisqu'un film est vu en 2h en moyenne.

Un album musical, entre 50 et 70 minutes.

Une BD, sauf exception, moins de 45 mn (d'où d'ailleur sma réticence devant les prix prohibitifs généralement pratiqués).

Moralité : il est plus facile de briller dans BôDô, Technikart ou les Inrocks que dans la Qunzaine littéraire.

C'est ce qu'on appelle un PAHVA.