Huit ans plus tôt, en 1986, Daniel Brewer, un jeune canard aux yeux bleus, a disparu sans laisser de traces. Depuis, sa sœur Monica remue ciel et terre pour le retrouver, alertant des autorités peu mobilisées, s’accrochant au moindre indice et arpentant depuis peu les forums de cet Internet qui commence à peine à se développer.
Depuis huit ans, Monica a mis sa vie entre parenthèses. Petit emploi alimentaire, petit logement, pas d’ami, pas d’activité autre que la recherche de son adelphe. Une existence morne, entièrement organisée autour d’une quête qui est devenue au fil du temps une obsession.
Alors quand sur un forum de faits divers Monica reçoit le conseil anonyme de se rendre à Woodbrook, dans le Vermont, pour en apprendre plus sur le sort de Daniel, elle n’hésite pas une seconde et lâche sa vie misérable pour aller enquêter sur place. Elle rencontre vite Samantha Strong, l’ourse quincaillière qui était l’un des personnages principaux du premier volume. Celle-ci, contente de cette distrayante nouveauté, lui propose son aide.
Suite de Beneath the Trees Where Nobody Sees, ce Rite of Spring – qui vient de sortir – est un bon cru même si l’effet de surprise du premier tome n’est plus possible ici. Tome 2 : donner envie de lire mais ne pas spoiler
Patrick Horvath revient à ses personnages et à sa petite ville pour une suite (fin ?) qui vire peu à peu à l’apocalypse. Il développe une enquête sur laquelle Monica n’a aucune illusion. Elle sait que son frère est mort, elle voudrait simplement retrouver son corps et savoir ce qui s’est passé (je ne spoile pas vraiment en disant qu’elle sera exaucée, la première page de l’album le laisse supposer).
Après un début dans les rues populeuses de Centerville, Horvath replonge ses lecteurs dans la petite Woodbrook, avec ses qualités de solidarité et ses défauts d’isolement rural.
Il en profite pour montrer de manière amusante les débuts d’Internet (avec même ses pubs pour des pizzas à domicile ou pour l’allongement du cou des girafes en lieu et place de pénis), égratigner les établissements pour personnes âgées qui les délaissent dès qu’un imprévu survient, suivre la vie pas si gaie d'une tortue un peu nerd, ou montrer les ravages qu’ont faits dans les familles des victimes les meurtres du premier tome.
Je ne peux en dire plus sans spoiler. Disons simplement que c’est toujours aussi doux et mignon dans le dessin, créant donc une belle opposition entre l’horreur de l’histoire et la joliesse du graphisme, le tout agrémenté par une foultitude de petits détails qui font vrai, comme ce panneau de sonnette où certains noms sont surchargés ou le radio-réveil avec tous ses boutons, sans oublier les affiches, etc.
La fin est, disais-je, apocalyptique. Il y a des personnes et des situations qui prennent de la vitesse depuis si longtemps qu’elles deviennent finalement tout à fait hors de contrôle.
A lire si on a lu le premier, à lire après le premier si on ne l’avait pas fait (sinon on ne comprendra pas). Quoi qu’il en soit, à lire.
Beneath the Trees Where Nobody Sees Rite of Spring, Horvath

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