Les Frères Rubinstein 7 - Pour Klara - Brunscwhig - Le Roux

Voici qu’est arrivé Pour Klara , le tome 7 de la série des Frères Rubinstein (et que, contrairement à ce que je croyais, il ne conclura pas la série) . L’album suit, comme toujours depuis six ans , les destins croisés des frères Rubinstein, Moïse et Salomon. Nés dans le Nord de la France, au sein d’une famille modeste, les deux garçons connurent dès leur jeunesse les affres d’un antisémitisme qui, à l’époque, était vu comme presque acceptable tant il était banal. Deux frères dont les vies sont emportées par les courants d’un temps mauvais contre lesquels ils n’auront cessé de lutter. Deux frères vite séparés, projetés dans des destins si divergents, mais si semblables aussi, tant ils portent conjointement le poids d’un antisémitisme qui, après avoir couvé à bas bruit pendant les premières décennies du vingtième siècle, s’embrase et détruit tout sur son passage, tel un maléfique feu grégeois (On attribue à Hitler cette harangue : « Oui, nous sommes des barbares, et nous voulons être de...

Corum t1 - Chauvel - Merli


Corum – ou, pour être précis, le prince Corum Jhaelen Irsei – est l’une des incarnations du Champion Eternel, dont la plus célèbre est Elric de Melniboné. Créés par Michael Moorcock entre les années 60 et 70, ces Champions participent tous, sous leurs différentes manifestations et parfois à leur corps défendant, à la lutte permanente qui oppose la Loi (ordonnatrice) au Chaos (créateur).

Corum est un Vadagh, membre d'un peuple civilisé et paisible. Etrangers à la violence, ces esthètes ignorent l’art du combat et consacrent leur vie à des activités pacifiques telles que la création artistique, la quête du beau, l’exploration des divers plans qui constituent le Multivers. Mélancoliques, en déclin lent, ennemis de personne, les Vadaghs sont en voie d’extermination par les Mabdens (des nouveaux-venus humains, querelleurs et cruels là où les Vadaghs ressemblent à des elfes qui auraient abandonné la guerre). Hélas pour eux, les Vadaghs avaient oublié, ou n’avaient jamais su, qu’on ne choisit pas son ennemi mais qu’on est choisi par lui.

Corum donc, au début de l’album et de l’histoire, est l’un des derniers survivants d’un peuple en voie d’extermination. Alors qu’il est torturé par les tortionnaires Mabden qui l’ont capturé au milieu des cadavres encore chauds de sa famille, Corum réussit à fuir par magie et atterrit non loin du château du comte Moidel qui le recueille et le soigne (mais comment réparer une main gauche coupée et un œil droit crevé ?).
Quand le château du comte est lui aussi attaqué par l’immense armée des Mabdens, Corum, toujours de Charybde en Scylla, est magiquement transporté dans la palais du sorcier Shool qui lui confie une main et un œil magiques pour remplacer ceux qu’il a perdus avant de lui intimer l’ordre de partir en quête. Il devra retrouver le cœur d’Arioch (le Chevalier des épées), un être terrible qui est à la fois le sponsor des Mabdens dont il apprécie la vie fugace et frénétique et le responsable des guerres et des destructions qui s’abattent sur le monde de Corum. Une fois encore, la lutte éternelle entre Loi et Chaos saisit un Champion Eternel. Une fois encore, il s’agit de rétablir la Balance cosmique. Une fois encore, le Champion Eternel doit user d’objets qui le servent autant qu’ils le trahissent et causer la mort de quantité de proches et d’amis.
Corum, l’esthète paisible, devra apprendre à devenir un combattant et un barbare.

Le cycle de Corum qui commence en BD, adapté par Chauvel et Merli, fait suite à l’adaptation de Elric par Blondel et Cano. Pour ce qui est de ce premier tome, il est narrativement très supérieur à ce qu’ont réalisé Blondel et Cano pour Elric (dont la qualité s’est hélas dégradée de tome en tome). La narration est fluide, claire et, si elle dévie par souci de simplicité de celle des romans originaux, elle est très fidèle à l’esprit des textes.
De plus, le personnage de Corum, s’il est moins célèbre que celui d’Elric avec sa fameuse épée noire, est pourtant, je crois, plus intéressant. Serviteur involontaire de l’Ordre confronté à un Chaos qui cherche à renverser la Balance, être civilisé contraint par l’adversité et les nécessités de la survie à se militariser, Corum voit sa civilisation disparaître là où Elric la détruit volontairement. Si Elric est décadent, Corum est tragique donc plus touchant, passé les émois adolescents qui préfèrent le Melnibonéen révolté au prince orphelin.

Enfin, c’est superbement dessiné (de ce point de vue l’adaptation BD d’Elric n’était pas critiquable), avec des plans (aux deux sens du terme) lumineux et inquiétants, des couleurs éclatantes, et un Arioch terrifiant et monstrueux.

A lire. En attendant le tome 2, La Reine des épées, cet été.

Corum t1, Le Chevalier des épées, Chauvel, Merli

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