La série Farmhand, de Rob Guillory, se termine en beauté avec ce volume 5 sobrement intitulé The End.
Juste quelques lignes pour dire que ce dernier tome est à la hauteur de ceux qui l’ont précédé.
Après les événements du tome 4, Zak ne va pas fort. Du tout. Les infectés sont partout, même si tous ne sont pas encore dangereux. La possédée Thorne et ses séides contrôlent une bonne partie de la ville. Les Jenkins y jouissent d’une immunité temporaire, décrétée par Thorne pour des raisons qui ne sont pas, au début, explicites.
Pour repousser encore une fois – provisoirement – le Mal, la démoniaque doit être vaincue. Aujourd'hui, à Freetown, ce sont les Jenkins et leurs alliés qui sont à la manœuvre. Ils devront mettre leurs vies dans la balance et compter sur ce qui les distingue radicalement de Thorne et du démon qui l'anime : une capacité d’amour et de pardon dont les méphitiques envahisseurs de Freetown sont bien incapables.
On peut voir dans Farmhand une réflexion sur les dangers de la science autant qu’un drame familial. De fait, la série comprend bien ces deux éléments. Mais il y a plus que cela.
Depuis le tome précédent, il est clair que la série est profondément religieuse, qu’elle raconte une lutte primordiale entre le Bien et le Mal, une lutte qui prend maintes formes dont celle qui bouleverse Freetown n’est que la plus récente et qui se nourrit de la malveillance humaine. Mais une lutte que le courage et l’abnégation peuvent permettre de remporter, avec un peu d’aide extérieure.
Farmhand est aussi une série qui parle de notre monde, de nos sociétés divisées par trop de vieilles blessures jamais soignées, et de ceux qui nourrissent le terreau de la rancœur et de la division afin de l’utiliser pour prendre indûment le pouvoir. Elle est alors bien plus subtile qu’au premier degré, même si les deux niveaux, parfaitement imbriqués, se répondent.
La famille Jenkins peut-elle soigner ses blessures et réparer tout ce que la vie a brisé ? Le Mal peut-il être, encore une fois, repoussé ? La ville et le monde peuvent-ils digérer la crise de l’invasion maléfique et aller encore une fois de l’avant en s’adaptant à la nouvelle donne humaine ?
On peut l’espérer à la fin, durant ces quelques pages finales où l’on voit – ce qui est rare dans l’univers des comics – les personnages vieillis. Des années après les événements, ils reconstruisent des vies qui ont intégré les drames que tous ont traversé et leur ont paradoxalement permis de grandir.
Long story short, Farmhand est une excellente série de Rob ‘Chew’ Guillory. Le nom de l’auteur suffit. Rien à ajouter.
PS : C'est disponible en VF chez Delcourt.
Farmhand t5, The End, Rob Guillory

Commentaires