Women in Chains 2026 - Thomas Day

En 2012, je chroniquai positivement le recueil Women in Chains, de Thomas Day, qui venait de sortir chez ActuSF . Voilà qu’il revient aujourd’hui au Bélial, dans une édition revue et corrigée avec couv' et illustrations intérieures d'Anouck Faure. Exit la préface, bienvenue à un amuse-gueule (qui évoque sans le dire l’affaire French Bukkake ) et à une coda. Exit aussi la nouvelle Poings de suture . Arrivée de l’inédite El Fantasma et réécriture de Tu ne laisseras point vivre , retitrée Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Brève revue. Eros-Center , La ville féminicide et Nous sommes les violeurs restent identiques à la version originale. Trois textes forts et percutants. Deux mots donc sur ce qui bouge. Un mot bref d’abord sur Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Réécrite, cette histoire de femme affligée d’une malédiction qui lui fait voir la grande mort pendant la petite, est devenue plus efficace, plus cohérente que dans sa version précédente. Un mot plus lon...

Farmhand 4 - The Seed - Rob Guillory


Juste quelques lignes sur Farmhand 4, intitulé The Seed.

L'histoire continue encore et encore. Thorne a provoqué la mutation de tous les infectés, et ils sont nombreux. Plus personne n'est en sureté dans la ville, sauf les Jenkins qui, inexplicablement, bénéficient d'un décret protecteur de celle qui, de facto, contrôle la cité et en a fait un pandémonium. De fait, Freetown est close, fermée par la sorcière (qui ressemble de plus en plus à une Docteur Octopus végétale). De l'extérieur on ne sait rien, si ce n'est qu'il doit s'y passer des choses presque aussi graves. Trouver un moyen de mettre un terme à la mutation/malédiction devient vital, et pour cela il faut survivre, retrouver l'ancien assistant de Thorne et travailler dur en espérant beaucoup.


Alors que tout se concentre autour de la famille Jenkins, on comprend que les événements actuels ne sont pas des accidents mais qu'au contraire ils résultent d'un plan ourdi depuis bien avant la naissance des protagonistes, avec Thorne (ou ce qui la possède) dans le rôle d'une Révérende mère Bene Gesserit et Zeke Jenkins dans celui du Kwisatz Haderach.

Et ici il s'agit non pas de dresser des maisons les unes contre les autres mais de séparer les membres de la famille Jenkins afin de les rendre vulnérables aux tentations d'une Thorne qui s'affirme comme le démon tentateur de l'histoire, une créature encore mal définie qui a tout orchestré, non seulement durant les dernières semaines mais aussi durant toute la vie des enfants Jenkins et celle des ancêtres qui les ont précédés. Semer les graines de la haine et celles de la division, c'est ce à quoi s'est attelé durant des décennies la créature, sur fond de refus d'émancipation des anciens esclaves. Difficile ici de ne pas faire un parallèle avec la grande histoire américaine (mais ici, ouf, ce n'est pas lourdingue).

Le tout culminera-t-il dans une version inversée du sacrifice d'Abraham ? Tu devrais lire, lecteur, pour savoir quel prix paient les Jenkins à la haine dévorante de la créature Thorne.


De plus en plus décalé et spectaculaire (encore plus que le volume précédent), cet opus est le lieu dans lequel s'affrontent les forces qui, dans une famille déchirée jusqu'aux frontières de l'anéantissement, tentent de ressouder ce qui peut l'être et celles qui veulent achever la destruction totale de tout lien. Du résultat de cette confrontation sortira l'avenir de la famille et du monde. Difficile encore de ne pas faire de parallèle.

A lire, au degré qu'on voudra.


Farmhand t4, The Seed, Rob Guillory

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