Exquisite corpses - Tynion - Walsh - Bellaire

Depuis 250 ans, les 13 familles les plus riches d'Amérique du Nord se partagent le contrôle du pays à l'insu de tous. Tous les 5 ans, le soir d'Halloween, elles se réunissent, désignent une petite bourgade américaine, recrutent 12 tueurs à tendance psychopathe, et organisent un grand tournoi au terme duquel sera désignée la nouvelle famille dominante. Lâchés dans une petite ville discrète et sans histoire, les criminels n’ont qu’un seul objectif : éliminer leurs adversaires. Pour les habitants d’Oak Valley, Maine (l’arène malchanceuse de cette année), le but est simple : survivre à cette terrible nuit. Bienvenue dans l'arène d'Oak Valley où débute la nouvelle édition de ce jeu de massacre hors norme baptisé EXQUISITE CORPSES ! Exquisite Corpses est le nouveau projet de James ‘serial writer’ Tynion IV . C’est une série de comics qui seront publiés sous au moins deux formats en France : 7 numéros souples (espacés d’un mois, depuis janvier) plus un coffret pour les r...

Deryn Du - Guillaume Sorel


D’abord, c’est un cadavre de baleine qui empuantit la plage, non loin d’un petit port de pêcheurs du Pays de Galles. Parmi les témoins ébahis, à côté des humains, il y a des mouettes mais aussi des corbeaux. Un poète en villégiature traîne aussi parmi les badauds. Tout ceci, Poe l’aurait apprécié.

Puis il y a un meurtre, étrange. Une petite fille et une poupée cassée, qui ne semblent pas être étrangères aux mystères en cours. Puis d’autres meurtres, de plus en plus étranges. Et toujours le poète. Qui comprend, ou sent, ou vibre à l’unisson.


Le village de pêcheurs, la nuit, l’ombre, la peur qui rôde. On pense au Geôlier de Florian Quittard.

La lande, les fées, un autre monde derrière le monde, on pense à Arthur Machen - le poète le lit.

On pense aussi au décadentiste Maurice Rollinat, dont la petite fille (fantôme ?) cite des passages.

Le poète sert de passeur entre les mondes, entre la nuit et le jour. Il peut comprendre, il est un passeur de fées, la petite fille l’affirme, inversant sans même le vouloir la proposition « Car le tombeau toujours comprendra le poète » de Baudelaire.


On ne comprend pas tout, car le fantastique brouille les pistes de l’incroyable série de meurtres qui endeuille le paisible petit village où les bourgeois des environs viennent prendre de chastes premiers bains de mer.

Coupables, tous coupables ? Ou innocentes victimes de la folie vengeresse d’une fille trop tôt disparue qui cherche à donner du sens à son trépas ? Qui peut savoir ?


Deryn Du est le dernier album de Guillaume Sorel - dont on avait particulièrement apprécié le travail sur le Macbeth de Thomas Day. Il y travaille seul ici sur un projet qui l’occupe depuis plus de vingt ans : exprimer les nuances de la peur par l’image fixe. Et c’est plutôt réussi.

On reconnait son style et sa patte qui nous invitent, pendant plus de cent pages, à parcourir la lande dans les traces de Machen et de ses fantastiques acolytes. On apprécie les reflets, les ombres, les gueules d'un monde encore intouché par la modernité. On reste avec Machen, Sorel et Rollinat dans une indécision presque quantique sur le passé et l'avenir d'un petit village frappé par la malédiction.


Deryn Du, Guillaume Sorel

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