Sept Vues sur les gorges d'Olduvaï - Mike Resnick

Les gorges d’Olduvaï en Tanzanie sont l’un des plus importants complexes préhistoriques du monde. Elles sont situées dans la vallée du Grand Rift , un lieu longtemps présenté comme le berceau de l’espèce humaine, celui où une petite bande de primates primitifs aurait mutée sous la pression des changements climatiques et environnementaux induits par la formation de la faille. A l’ouest du Rift, dans un environnement resté humide et arboricole, les primates primitifs auraient évolués en gorilles, chimpanzés et bonobos, alors qu’à l’est, sur une terre transformée en savane sèche, les premiers hominidés, mieux adaptés du fait de leur bipédie, auraient prospéré. Ils seraient donc nos très lointain ancêtres, premiers chaînons d’un modèle monocentrique qui résonne fort avec le darwinisme. Sept vues sur les gorges d'Olduvaï est une novella de Mike Resnick. Multiprimée (Hugo 95, Nebula 95, SF Chronicle 95, Premio Ignitus 96, Ozone 99) , la nouvelle est originale en ceci qu’elle présente u...

Deryn Du - Guillaume Sorel


D’abord, c’est un cadavre de baleine qui empuantit la plage, non loin d’un petit port de pêcheurs du Pays de Galles. Parmi les témoins ébahis, à côté des humains, il y a des mouettes mais aussi des corbeaux. Un poète en villégiature traîne aussi parmi les badauds. Tout ceci, Poe l’aurait apprécié.

Puis il y a un meurtre, étrange. Une petite fille et une poupée cassée, qui ne semblent pas être étrangères aux mystères en cours. Puis d’autres meurtres, de plus en plus étranges. Et toujours le poète. Qui comprend, ou sent, ou vibre à l’unisson.


Le village de pêcheurs, la nuit, l’ombre, la peur qui rôde. On pense au Geôlier de Florian Quittard.

La lande, les fées, un autre monde derrière le monde, on pense à Arthur Machen - le poète le lit.

On pense aussi au décadentiste Maurice Rollinat, dont la petite fille (fantôme ?) cite des passages.

Le poète sert de passeur entre les mondes, entre la nuit et le jour. Il peut comprendre, il est un passeur de fées, la petite fille l’affirme, inversant sans même le vouloir la proposition « Car le tombeau toujours comprendra le poète » de Baudelaire.


On ne comprend pas tout, car le fantastique brouille les pistes de l’incroyable série de meurtres qui endeuille le paisible petit village où les bourgeois des environs viennent prendre de chastes premiers bains de mer.

Coupables, tous coupables ? Ou innocentes victimes de la folie vengeresse d’une fille trop tôt disparue qui cherche à donner du sens à son trépas ? Qui peut savoir ?


Deryn Du est le dernier album de Guillaume Sorel - dont on avait particulièrement apprécié le travail sur le Macbeth de Thomas Day. Il y travaille seul ici sur un projet qui l’occupe depuis plus de vingt ans : exprimer les nuances de la peur par l’image fixe. Et c’est plutôt réussi.

On reconnait son style et sa patte qui nous invitent, pendant plus de cent pages, à parcourir la lande dans les traces de Machen et de ses fantastiques acolytes. On apprécie les reflets, les ombres, les gueules d'un monde encore intouché par la modernité. On reste avec Machen, Sorel et Rollinat dans une indécision presque quantique sur le passé et l'avenir d'un petit village frappé par la malédiction.


Deryn Du, Guillaume Sorel

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