Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Dracula - Tynion IV - Simmonds


Sortie de la VF du Dracula de James Tynion IV et Martin Simmonds, traduit par Maxime Le Dain qui se fend de surcroît d'une intéressante postface.
C'est le film de Tod Browning, le classique de 1931 avec Bela Lugosi dans le rôle-titre, celui dont une image conclut la vidéo Archive de Bauhaus, que Tynion adapte.
Il l'adapte car il l'adore (préface), il l'adapte en lui ajoutant les scènes qui se passaient hors champ, singulièrement celles qui étaient un peu sanglantes. C'est presque une version « complète » qu'offre donc Tynion ici avec son partenaire de Department of Truth.

Sur l'histoire je ne dirai rien, tout le monde la connaît (mis à part qu'ici, comme dans le film, c'est Renfield qui est le clerc de notaire envoyé dans la lointain pays du comte et pas John Harker, qui n'est qu'un Londonien épris de Mina Seward et proche de son père).

Tout le monde connaît l'histoire mais il faut absolument lire cet album, le premier paru en France de la collection Universal Monsters.
Car il est superbe, véritablement superbe.

Les dessins de Simmonds, que tu connais lecteur si tu as lu Department of Truth, font de ce récit une merveille. Son style tout de gouttes, d’éclaboussures, de grands aplats où on distingue les traces de la brosse, donnent une personnalité unique à ce Dracula. C'est un théâtre d'ombre, de nuit et de noirceur, traversé d’éclats de couleur plus souvent dus à la clarté du sang qu'à celle de la lumière qu'offre Simmonds comme cadre au récit de Tynion adaptant Browning adaptant Stoker.

  • Ils sont les ennemis :
  • Renfield, omniprésent, dont on ne distingue que les yeux hallucinées et la bouche ouverte (on dirait Nik Fiend) prête à engloutir les minuscules vies que le Maître lui autorise ; Renfield qui implore la transformation et reprend figure humaine seulement au moment de sa mort,
  • Dracula, hiératique, obscur, perdu dans les brumes qu'il engendre, tour à tour homme, loup, chauve-souris, dont les yeux sanglants sont hypnotiques et envahissent la page voire la double page lorsque ce ne sont pas ses formes qui le font dans une atmosphère écarlate de sang versé et consommé ; Dracula qui meurt au centre d'un triptyque, en Christ maléfique,

  • Ils sont les héros :
  • Seward, Harker, Van Helsing (à l'accent batave plus vrai que nature), l'opposition entre la science et la superstition,

  • Elles sont les victimes :
  • Mina, blanche et blonde comme ces héroïnes du cinéma muet (pour un film qui fut le premier horreur parlant), pervertie par un démon qui l'appelle pour la posséder,
  • Lucy, pétillante puis couchée sur ce qui sera son lit de mort, yeux, lèvres et gorge écarlates, 
  • Londres, brumeuse et polluée, où les morts se ramassent dans les rues comme on le fit sur le Vesta,
Tous sont impressionnants dans un décor qui ne l'est pas moins.


Lire Dracula, absolument, le Maître l'ordonne.

Dracula, Tynion IV, Simmonds

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