L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

La Route - Larcenet d'après McCarthy


OUCH !
WOW !

Difficile de retenir ses onomatopées à la lecture de l'adaptation BD, par Manu Larcenet, de La Route de Cormac McCarthy. C'est l'un des plus beaux albums que j'ai lus de ma vie, peut-être le plus beau.

L'histoire post-ap de La Route, tu la connais, lecteur. C'est celle d'un père et de son jeune fils qui partent vers le Sud pour tenter de survivre à l'hiver. Un père qui tente vainement de protéger son fils des images abominables d'un monde déliquescent mais qui parvient avec succès à assurer la survie de l'enfant. Jusqu'à où et jusqu'à quand ?

Autour du couple père/fils, le monde se meurt dans d'atroces convulsions. La cendre, les sectes, les cannibales, les simples voleurs. Tous menaçants, tous se déchirant pour les maigres ressources qui restent. Un peu de nourriture, quelques médicaments, de rares gouttes d'essence pour le réchaud qu'éclaireront les dernières allumettes.
Toujours avec père et fils, il y a la peur, le froid, la faim, la toux du père, et même le doute moral qui étreint souvent les deux marcheurs. Il est aussi difficile de rester en vie que de le faire d'une façon qui ne s'apparente pas à de l'animalité. Il est même difficile de mourir en humain et pas comme du bétail. Toujours, durant ce long calvaire vers un hypothétique Sud, se complètent le sacrifice à feu doux du père et la maturité vigilante du fils.

L'adaptation, de mots forts et de silence, est aussi parfaite que poignante. Le graphisme est absolument magnifique. Traits à l'encre d'un grande précision pour le père, le fils, leur caddy et ces humains croisés qui sont autant de périls mortels, flou diffus des vestiges de l'humanité dans l'arrière-plan, tons de gris et sépia qu'illumine parfois une flamme. C'est absolument superbe.

La Route est un album indispensable, une oeuvre d'art comme on n'en approche pas tous les jours.


La Route, Larcenet d'après McCarthy

Commentaires

Baroona a dit…
"C'est l'un des plus beaux albums que j'ai lus de ma vie" : Ah oui, rien que ça, woh. Il était dans ma liste des "un jour, peut-être, sûrement" mais il vient de remonter beaucoup plus haut.
Gromovar a dit…
Qu'il remonte tout en haut.
tadloiducine a dit…
J'ai vu le film puis lu le livre (dans cet ordre, je crois bien - ça remonte au moment de la sortie du film, en 2009, je ne suis donc plus trop sûr de moi...).
Le découvrir dans une autre adaptation, celle de la BD: oui!
Merci pour l'info
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola