Mignola - Nixey - Batman La Malédiction qui s'abattit sur Gotham

Sous une couverture aux couleurs passées qui évoque un pulp trop souvent manipulé se trouve La Malédiction qui s'abattit sur Gotham , un petit bijou de Mike Mignola, Richard Pace et Troy Nixey publié en français chez Urban Nomad dans une traduction d'Alex Nikolavitch. 1928. Antarctique. L'Argo, un navire commandé par le jeune milliardaire Bruce Wayne, aborde les côtes de la terre Victoria. Il y retrouve les restes de l'expédition du professeur Cobblepot, de l'université de Gotham. Pris par les glaces, le navire scientifique de Cobblepot est immobilisé. Cela n'a rien d'étonnant. Ce qui l'est, en revanche, c'est l'état de l'équipage. Tous les hommes sont retrouvés morts par Wayne et ses associés (Dick Grayson et Tim Drake notamment) , sauf le professeur Cobblepot, disparu, et un dénommé Grendon, qui a l'air plus mort que vif. Recherches terminées, malgré une issue peu satisfaisante, l'Argo retourne à Gotham. Il ramène Grendon, sauvé in ...

La Route - Larcenet d'après McCarthy


OUCH !
WOW !

Difficile de retenir ses onomatopées à la lecture de l'adaptation BD, par Manu Larcenet, de La Route de Cormac McCarthy. C'est l'un des plus beaux albums que j'ai lus de ma vie, peut-être le plus beau.

L'histoire post-ap de La Route, tu la connais, lecteur. C'est celle d'un père et de son jeune fils qui partent vers le Sud pour tenter de survivre à l'hiver. Un père qui tente vainement de protéger son fils des images abominables d'un monde déliquescent mais qui parvient avec succès à assurer la survie de l'enfant. Jusqu'à où et jusqu'à quand ?

Autour du couple père/fils, le monde se meurt dans d'atroces convulsions. La cendre, les sectes, les cannibales, les simples voleurs. Tous menaçants, tous se déchirant pour les maigres ressources qui restent. Un peu de nourriture, quelques médicaments, de rares gouttes d'essence pour le réchaud qu'éclaireront les dernières allumettes.
Toujours avec père et fils, il y a la peur, le froid, la faim, la toux du père, et même le doute moral qui étreint souvent les deux marcheurs. Il est aussi difficile de rester en vie que de le faire d'une façon qui ne s'apparente pas à de l'animalité. Il est même difficile de mourir en humain et pas comme du bétail. Toujours, durant ce long calvaire vers un hypothétique Sud, se complètent le sacrifice à feu doux du père et la maturité vigilante du fils.

L'adaptation, de mots forts et de silence, est aussi parfaite que poignante. Le graphisme est absolument magnifique. Traits à l'encre d'un grande précision pour le père, le fils, leur caddy et ces humains croisés qui sont autant de périls mortels, flou diffus des vestiges de l'humanité dans l'arrière-plan, tons de gris et sépia qu'illumine parfois une flamme. C'est absolument superbe.

La Route est un album indispensable, une oeuvre d'art comme on n'en approche pas tous les jours.


La Route, Larcenet d'après McCarthy

Commentaires

Baroona a dit…
"C'est l'un des plus beaux albums que j'ai lus de ma vie" : Ah oui, rien que ça, woh. Il était dans ma liste des "un jour, peut-être, sûrement" mais il vient de remonter beaucoup plus haut.
Gromovar a dit…
Qu'il remonte tout en haut.
tadloiducine a dit…
J'ai vu le film puis lu le livre (dans cet ordre, je crois bien - ça remonte au moment de la sortie du film, en 2009, je ne suis donc plus trop sûr de moi...).
Le découvrir dans une autre adaptation, celle de la BD: oui!
Merci pour l'info
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola