Batman Silence - Loeb - Lee

Juste quelques lignes pour signaler la sortie en Urban Nomad (petit format pas cher) du Batman Silence de Jeph Loeb et Jim Lee. Long récit de presque 400 pages, Batman Silence déroule un long et tortueux complot dont le but est de rendre le justicier masqué littéralement fou. L’histoire s’ouvre sur une intervention de l’homme chauve-souris qui parvient à libérer un jeune garçon séquestré. Mais, de l’identité du kidnappeur à son mode opératoire, rien ne colle. D’autant que la mallette contenant la rançon est dérobée avant de pouvoir être rendue à son propriétaire légitime. Il y a plus à cette histoire, Batman le découvrira douloureusement. Batman Silence est un one-shot plutôt réussi. On y croise (c’est le but) quantité d’éléments qui racontent l’histoire du justicier masqué. Ses ennemis : de Killer Croc (qui ouvre le bal) à l’inévitable Joker en passant par nombre d’autres. Ses amis et alliés (et amour) : de Superman à Catwoman, des Robins à Jim Gordon, d’Alfred à Loïs Lane, etc...

La Route - Larcenet d'après McCarthy


OUCH !
WOW !

Difficile de retenir ses onomatopées à la lecture de l'adaptation BD, par Manu Larcenet, de La Route de Cormac McCarthy. C'est l'un des plus beaux albums que j'ai lus de ma vie, peut-être le plus beau.

L'histoire post-ap de La Route, tu la connais, lecteur. C'est celle d'un père et de son jeune fils qui partent vers le Sud pour tenter de survivre à l'hiver. Un père qui tente vainement de protéger son fils des images abominables d'un monde déliquescent mais qui parvient avec succès à assurer la survie de l'enfant. Jusqu'à où et jusqu'à quand ?

Autour du couple père/fils, le monde se meurt dans d'atroces convulsions. La cendre, les sectes, les cannibales, les simples voleurs. Tous menaçants, tous se déchirant pour les maigres ressources qui restent. Un peu de nourriture, quelques médicaments, de rares gouttes d'essence pour le réchaud qu'éclaireront les dernières allumettes.
Toujours avec père et fils, il y a la peur, le froid, la faim, la toux du père, et même le doute moral qui étreint souvent les deux marcheurs. Il est aussi difficile de rester en vie que de le faire d'une façon qui ne s'apparente pas à de l'animalité. Il est même difficile de mourir en humain et pas comme du bétail. Toujours, durant ce long calvaire vers un hypothétique Sud, se complètent le sacrifice à feu doux du père et la maturité vigilante du fils.

L'adaptation, de mots forts et de silence, est aussi parfaite que poignante. Le graphisme est absolument magnifique. Traits à l'encre d'un grande précision pour le père, le fils, leur caddy et ces humains croisés qui sont autant de périls mortels, flou diffus des vestiges de l'humanité dans l'arrière-plan, tons de gris et sépia qu'illumine parfois une flamme. C'est absolument superbe.

La Route est un album indispensable, une oeuvre d'art comme on n'en approche pas tous les jours.


La Route, Larcenet d'après McCarthy

Commentaires

Baroona a dit…
"C'est l'un des plus beaux albums que j'ai lus de ma vie" : Ah oui, rien que ça, woh. Il était dans ma liste des "un jour, peut-être, sûrement" mais il vient de remonter beaucoup plus haut.
Gromovar a dit…
Qu'il remonte tout en haut.
tadloiducine a dit…
J'ai vu le film puis lu le livre (dans cet ordre, je crois bien - ça remonte au moment de la sortie du film, en 2009, je ne suis donc plus trop sûr de moi...).
Le découvrir dans une autre adaptation, celle de la BD: oui!
Merci pour l'info
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola