Something is Killing the Children t1, Tynion IV, Dell’Edera, Muerto

Juste quelques mots (et cette fois vraiment pas plus) sur le TPB 1 du Something is Killing the Children de l’énorme James Tynion IV, illustré par Dell’Edera et Muerto. Commençons par donner le résumé éditeur : Lorsque les enfants de la petite ville d'Archer's Peak se mettent à disparaître les uns après les autres - certains sans laisser la moindre trace, d'autres dans des circonstances extrêmement violentes - la peur, la colère et la suspicion envahissent l'entourage des victimes et laissent la police locale dans le plus grand désarroi. Aussi, quand le jeune James, seul témoin oculaire du massacre de ses trois camarades, sort de son mutisme pour parler de créatures terrifiantes vivant dans la pénombre, le coupable semble tout trouvé. Son seul espoir viendra d'une étrange inconnue, Erica Slaughter, tueuse de monstres capable de voir l'impensable, ce que l'inconscient des adultes a depuis longtemps préférer occulter. Something is Killing the Children est l’

Sherlock Holmes and the Highgate Horrors - James Lovegrove


Suite et fin de la série de pastiche holmesien Cthulhu Casebook par James Lovegrove avec ce Sherlock Holmes and the Highgate Horrors qui s'avère conclusif.


C'est de nouveau d'un inédit reçu par Lovegrove qu'il s'agit ici, un texte écrit par Watson et jamais publié jusqu'alors (voir les chroniques précédentes pour les détails de la présentation de la chose par Lovegrove).

Dans ce texte enfin porté à l'attention des lecteurs – et qui ne nécessite pas d'avoir lu les volumes précédents –, Watson révèle une traque en pointillés qui les occupa lui et Holmes de 1888 à 1918, une traque qui débute par une affaire de cadavres exhumés et dérobés dans le cimetière de Highgate et se termine, après maintes étapes, dans le Sussex alors que le fin de la Grande guerre approche et que l'épidémie de grippe espagnole a commencé ses ravages.

C'est donc à une sorte de fix-up qu'est convié le lecteur, chaque époque (1888, 1895, 1898, 1902, 1903, 1918) étant une perle sur le collier de découvertes que parcourent pas à pas les deux investigateurs.

On y croisera (sans trop de spoil) un médecin allemand qui rappelle un peu le Réanimator de Yuzna « I saw the syringe flash downwards, on course to pierce Holmes’s chest. There was a murky green fluid inside its glass barrel »), l'inévitable Mycroft entouré de son Club Dagon (i.e. the inner inner circle), une Irène Adler très surprenante et plus rouée encore que dans les textes de Conan Doyle, de dangereux et dépravés vilains, des illuminés intrigant dans le secret de sordides conspirations, des Nightgaunt (kind of) et surtout des Mi-Go, ces fungi de Yuggoth qui précisément utilisent des fungi dans une forme indicible de biopunk victorien.

Ce n'est pas tout, on côtoiera aussi des pèquenots qui n'ont rien à envier à ceux de La Couleur tombée du ciel, des filles séduites puis abandonnées voire pire, de jeunes éphèbes morts de désespoir, une conspiration contre l'empire britannique, une chasse à la baleine, une Chèvre Noire aux Mille Chevreaux, etc.

C'est à un festival de références toujours amenées de manière amusante que Lovegrove convie ses lecteurs. Il se permet même de décrire ainsi des spores devenues dormantes : « All that remains is for them to sit in a kind of torpor, dormant, twitching occasionally in their sleep. Who knows how long they might stay in that state, without decaying. Indefinitely, perhaps. » ; une description qui rappelle bien sûr le « That is not dead which can eternal lie, And with strange aeons even death may die. » de Lovecraft.

 

Si Sherlock Holmes and the Sussex Sea Devils, trop pulp pour le détective conseil londonien, m'avait déçu, ce quatrième tome revient, pour le mieux, à une approche plus typiquement holmesienne des choses. Temps long, accumulation patiente de myriades de faits que seule l'intelligence de Holmes parvient à relier entre eux, déguisement, infiltration, Irréguliers (dont un en particulier qui s'avère surprenant), confrontations de logique et de rhétorique entre Holmes et ses adversaires, Sherlock Holmes and the Highgate Horrors est de nouveau un vrai Sherlock Holmes, révérencieux à l'excès, ce qui n'est pas pour me déplaire, et en même temps lié finement au mythe de Cthulhu.

Lovegrove y développe finement l'amitié sans ombre ni faille qui unit Holmes et Watson, l'attirance magnétique et tragique qui lie Irène et Sherlock, la relation quasi-filiale qui existe entre Holmes et sa logeuse, madame Hudson, sans oublier l'humanité fondamentale d'un surdoué qui vaut mieux que l'image de froideur qu'on lui attribue souvent.

Il offre au lecteur un texte au rythme parfaitement adapté à la progression de temps long qui est celle de cette enquête et donne aux protagonistes centraux de toute l'affaire des personnalités qui dépassent le piège d'une approche trop manichéenne.


Ce texte est le dernier de la série. C'est explicite dans le texte, et, pour les lents-à-comprendre, c'est dit dans l'afterword de l'auteur. C'est donc une page qui se tourne et c'est avec un petit pincement au cœur qu'on laisse pour la dernière fois Holmes et Watson à leurs vies sur une terre et sous un ciel qui contiennent bien plus de merveilles que dans toute la philosophie.


Sherlock Holmes and the Highgate Horrors, James Lovegrove

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