Lovecraft's Brood - Ellen Datlow

Lovecraft’s Brood est une anthologie de textes écrits par des « Enfants de Lovecraft » si on en croit le titre. La célèbre Ellen Datlow en est l’anthologiste. Commençons par la phrase qui ouvre presque toute chronique sur une anthologie ou un recueil : Toutes les histoires rassemblées ici ne se valent pas, on appréciera plus ou moins telle ou telle en fonction de ses qualités intrinsèques et de ses goûts propres. Puis poursuivons. Ce qui relie ces histoires, dixit Datlow citant Lovecraft lui-même, est qu’elles appartiennent à un type de fiction qui évoque l’horreur cosmique, une horreur qui conjure « une certaine atmosphère de terreur haletante et inexplicable face à des forces extérieures et inconnues » , et qui s’articule autour d’ « une suspension ou d’une mise en échec, singulière et malveillante, de ces lois immuables de la Nature qui constituent notre seul rempart contre les assauts du chaos » . (Trad. Gromovar) Plus loin, elle ajoute qu’à ses yeux, l’« e...

Madeleine, Résistante tome 2 - Morvan - Bertail - Riffaud


Sortie du tome 2 des mémoires de Madeleine Riffaud adaptées en BD par Morvan. J’ai dit déjà tout le bien que je pensais de la personne comme du récit.


Membre à part entière de la résistance intérieure, Madeleine Riffaud (qui a 99 ans cette année) participe à toutes les actions, avec le risque constant d’être arrêtée, torturée, tuée. Le risque surtout de parler, inquiétude omniprésente qui justifiait toutes les angoisses et tous les cloisonnements.

Autour de Madeleine, ses camarades de combat dont elle ne connaît en général que le pseudonyme ; elle prend celui de Rainer, en hommage à Rainer Maria Rilke.


Madeleine et Morvan décrivent tout en termes simples, accessibles même à ceux qui n’ont pas l’envie ou le temps de lire un livre d’histoire. Les pseudos et les codes secrets, les privations matérielles et la solitude de vies cloisonnées, les contacts et les rendez-vous discrets, le gris de l’occupation et le feldgrau des uniformes, les tractages et les transports, les planques chez des héros anonymes et le départ « dans le brouillard » des résistants grillés.

Elle raconte aussi la pauvreté matérielle de la résistance, au moins parisienne. Les armes sont rares, un vélo est un actif non négligeable, les réseaux parisiens font feu de tout bois et le bois est rare.

Elle le fait dans sa langue, aux mots et aux expressions parfois surannées, toujours touchante par sa tonalité d’évidence. Elle dit ce qui fut, sans chercher les effets de manche, dans une langue modeste qui colle à l’action de héros dont beaucoup restèrent anonymes. Ce sont les mots d'une vieille dame qui raconte une époque, pas ceux d'une influenceuse en quête de notoriété.


Madeleine Riffaud narre encore deux moments forts : une « rencontre » avec le groupe Manouchian (auquel Morvan va consacrer un ouvrage début 2024), et surtout son meurtre d’un officier allemand, sans ordre et en vengeance de Picpus, son partenaire de résistance tué à l’issue d’une opération mal conduite. Elle est arrêtée juste après par le chef de la milice de Versailles, qui la livre à la Gestapo où la torture commence.


Aussi réussi que son devancier, L’édredon rouge raconte l’histoire d’une femme qui s’engage au péril de sa vie, dans un de ces moments historiques où, si cultivé et éduqué soit-on, on est forcé d’admettre que le temps des plans en deux parties quatre sous-parties est révolu et qu’il est devenu indispensable d’agir, avec parfois tout le manichéisme qu’implique l’action.


Madeleine Résistante t2, Morvan, Bertail, Riffaud

Commentaires

Roffi a dit…
Intéressant. Je note aussi l’ouvrage sur Manouchian à paraître.
Merci pour ces infos.
Gromovar a dit…
You're welcome.
Roffi a dit…
Lu.Je trouve que la forme BD est une excellente façon d’apprendre l’histoire.
Mes petits-enfants, en primaire, ont lu Les enfants de la Résistance, une série de BDs historiques qui leur a plu.
Gromovar a dit…
Oui, c'est très efficace en effet.