Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Shi t6 La Grande puanteur - Zidrou - Homs


Juste un petit mot (et cette fois c’est vrai) sur le tome 6 de Shi, de Zidrou et Homs, un volume 6 présenté comme le tome 2 (et conclusif ?) du second cycle.


Suite du tome 5 et bouclage des fils lancés, Shi tome 6, intitulé La Grande puanteur, se passe à cheval entre l’épisode de méphitique canicule londonienne de 1858 durant lequel continue de manière spectaculaire la lutte des Angry Mothers contre le travail des enfants dans l’Angleterre de la RI, un flashback biographique sur les origines japonaises et tragiques de l’amitié entre Zita et le Sensei, et l’époque presque contemporaine (les années 60 dans une ambiance à la Fargo) où un shérif et sa secrétaire, que le monde traite encore comme une enfant malgré cent ans de féminisme, tentent de démêler une sordide affaire d’enlèvements d’enfants.


Tome présenté comme final – bien que la dernière image laisse imaginer un cycle suivant –, La Grande puanteur conclut les histoires initiées dans les volumes précédents (et particulièrement le t5). Sont donc bouclés le destin tragique de la famille Winterfield, le sort des Angry Mothers et de leur lutte, les destins de Jay et de Kita (sans oublier le Sensei et la bande de démons familiers ni même la fille ravie de Jay), et l’enquête sur les disparitions d’enfants – dont les conclusions se révèlent sordides et toujours dans la veine qui est celle de la série, c'est à dire celle d’une inégalité inacceptable entre le sort des enfants des classes supérieures et celui des enfants des classes misérables dans un contexte de mépris social explicite.


L’album est aussi joliment dessiné que ses prédécesseurs, dans le style inimitable de Homs. L’histoire est toujours aussi dynamique et vive, mais hélas sans doute trop ici. Traitant quantité de fils et de conflits dans le nombre limité des pages d’un album (même nanti de 56 d’icelles), oubliant un peu ses personnages qui tendent alors à perdre en profondeur, La Grande puanteur donne l’impression de survoler tous ses sujets sans jamais en approfondir aucun. Il donne en conséquence le sentiment de sauter à toute vitesse d’un sujet à l’autre comme le faisaient les pois de Pif Gadget, sans laisser à l’œil le temps de profiter du moment ou à l’esprit de penser un peu à ce qui vient d’arriver.

C’est dommage, car tout est intéressant (a fortiori quand on suit depuis cinq tomes la progression de l’histoire) et néanmoins tout laisse une impression de trop peu et de trop vite.


Shi t6, La grande puanteur, Zidrou, Homs

Commentaires