Je ne suis pas venu apporter la paix - Nicolas Martin

Ce roman sortira en septembre. Cette chronique fera l'objet d'une republication. « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre! Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée, car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère, et l'on aura pour ennemis les membres de sa famille. » Cette phrase, attribuée par Matthieu au Christ, est à la fois le titre et le point du nouveau roman de Nicolas Martin. Pyrénées, aujourd’hui. Une famille recomposée se rassemble pour veiller les derniers moments du patriarche : Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu ce cri, elle va mourir, la mamma (ici le papa) , ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de l'Italie (ici d’Indonésie) , y a même Giorgio, le fils maudit (là, maudits, fils et filles le sont tous peu ou prou) . Dramatis Personae : Le patriarche, veuf et remarié Judith, sa seconde épouse Diane, p...

Shi t6 La Grande puanteur - Zidrou - Homs


Juste un petit mot (et cette fois c’est vrai) sur le tome 6 de Shi, de Zidrou et Homs, un volume 6 présenté comme le tome 2 (et conclusif ?) du second cycle.


Suite du tome 5 et bouclage des fils lancés, Shi tome 6, intitulé La Grande puanteur, se passe à cheval entre l’épisode de méphitique canicule londonienne de 1858 durant lequel continue de manière spectaculaire la lutte des Angry Mothers contre le travail des enfants dans l’Angleterre de la RI, un flashback biographique sur les origines japonaises et tragiques de l’amitié entre Zita et le Sensei, et l’époque presque contemporaine (les années 60 dans une ambiance à la Fargo) où un shérif et sa secrétaire, que le monde traite encore comme une enfant malgré cent ans de féminisme, tentent de démêler une sordide affaire d’enlèvements d’enfants.


Tome présenté comme final – bien que la dernière image laisse imaginer un cycle suivant –, La Grande puanteur conclut les histoires initiées dans les volumes précédents (et particulièrement le t5). Sont donc bouclés le destin tragique de la famille Winterfield, le sort des Angry Mothers et de leur lutte, les destins de Jay et de Kita (sans oublier le Sensei et la bande de démons familiers ni même la fille ravie de Jay), et l’enquête sur les disparitions d’enfants – dont les conclusions se révèlent sordides et toujours dans la veine qui est celle de la série, c'est à dire celle d’une inégalité inacceptable entre le sort des enfants des classes supérieures et celui des enfants des classes misérables dans un contexte de mépris social explicite.


L’album est aussi joliment dessiné que ses prédécesseurs, dans le style inimitable de Homs. L’histoire est toujours aussi dynamique et vive, mais hélas sans doute trop ici. Traitant quantité de fils et de conflits dans le nombre limité des pages d’un album (même nanti de 56 d’icelles), oubliant un peu ses personnages qui tendent alors à perdre en profondeur, La Grande puanteur donne l’impression de survoler tous ses sujets sans jamais en approfondir aucun. Il donne en conséquence le sentiment de sauter à toute vitesse d’un sujet à l’autre comme le faisaient les pois de Pif Gadget, sans laisser à l’œil le temps de profiter du moment ou à l’esprit de penser un peu à ce qui vient d’arriver.

C’est dommage, car tout est intéressant (a fortiori quand on suit depuis cinq tomes la progression de l’histoire) et néanmoins tout laisse une impression de trop peu et de trop vite.


Shi t6, La grande puanteur, Zidrou, Homs

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