The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça mérite  même  mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les ...

Shi t6 La Grande puanteur - Zidrou - Homs


Juste un petit mot (et cette fois c’est vrai) sur le tome 6 de Shi, de Zidrou et Homs, un volume 6 présenté comme le tome 2 (et conclusif ?) du second cycle.


Suite du tome 5 et bouclage des fils lancés, Shi tome 6, intitulé La Grande puanteur, se passe à cheval entre l’épisode de méphitique canicule londonienne de 1858 durant lequel continue de manière spectaculaire la lutte des Angry Mothers contre le travail des enfants dans l’Angleterre de la RI, un flashback biographique sur les origines japonaises et tragiques de l’amitié entre Zita et le Sensei, et l’époque presque contemporaine (les années 60 dans une ambiance à la Fargo) où un shérif et sa secrétaire, que le monde traite encore comme une enfant malgré cent ans de féminisme, tentent de démêler une sordide affaire d’enlèvements d’enfants.


Tome présenté comme final – bien que la dernière image laisse imaginer un cycle suivant –, La Grande puanteur conclut les histoires initiées dans les volumes précédents (et particulièrement le t5). Sont donc bouclés le destin tragique de la famille Winterfield, le sort des Angry Mothers et de leur lutte, les destins de Jay et de Kita (sans oublier le Sensei et la bande de démons familiers ni même la fille ravie de Jay), et l’enquête sur les disparitions d’enfants – dont les conclusions se révèlent sordides et toujours dans la veine qui est celle de la série, c'est à dire celle d’une inégalité inacceptable entre le sort des enfants des classes supérieures et celui des enfants des classes misérables dans un contexte de mépris social explicite.


L’album est aussi joliment dessiné que ses prédécesseurs, dans le style inimitable de Homs. L’histoire est toujours aussi dynamique et vive, mais hélas sans doute trop ici. Traitant quantité de fils et de conflits dans le nombre limité des pages d’un album (même nanti de 56 d’icelles), oubliant un peu ses personnages qui tendent alors à perdre en profondeur, La Grande puanteur donne l’impression de survoler tous ses sujets sans jamais en approfondir aucun. Il donne en conséquence le sentiment de sauter à toute vitesse d’un sujet à l’autre comme le faisaient les pois de Pif Gadget, sans laisser à l’œil le temps de profiter du moment ou à l’esprit de penser un peu à ce qui vient d’arriver.

C’est dommage, car tout est intéressant (a fortiori quand on suit depuis cinq tomes la progression de l’histoire) et néanmoins tout laisse une impression de trop peu et de trop vite.


Shi t6, La grande puanteur, Zidrou, Homs

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