Exquisite Corpses t3 - Tynion - Walsh - Bellaire

Suite et fin de la série Exquisite Corpses (avant une saison 2 déjà annoncée) . La fin du jeu approche. Les morts se multiplient, tant parmi les civils piégés d'Oak Valley que parmi les tueurs en compétition. Ils ne sont plus que cinq au début du TPB et, tu le sais, lecteur, il ne peut en rester qu'un. Tu te prépares donc à une conclusion attendu dans laquelle se vérifiera le caractère inhumain du jeu et de ses organisateurs (l'élimination du garde-chasse est significative) . Mais Tynion, aussi brillant que d'habitude, nous réserve deux nouveaux rebondissements (si ce n'est plus, tout dépend comment on compte) , après celui qui concluait déjà le volume précédent et surprenait par l'identité du concurrent éliminé. C'est donc à un roller-coaster épique, tant émotionnel que polémologique, que l'auteur et ses dessinateurs (!) convient ses lecteurs pour un final en feu d'artifice. Viens, lecteur ! Ne rate pas ce grand spectacle. Exquisite Corpses TPB3, Ty...

Le futur de la cité - Imaginales 2023


Alors que se déroulent les Imaginales 2023, à Epinal et sous la direction (nouvelle) de Gilles Francescano, parcourons-en brièvement l'anthologie publiée Au Diable Vauvert.


Le thème affiché, « Le futur de la cité », donne à lire une quinzaine de réflexions sur quelques pages, plus ou moins pertinentes ou absconses + un fac-similé d'Ayerdahl.

Je retiens trois textes de cet équipage.


Kontrol'za kacestvom, de Christophe Siébert, est un peu trop court pour emporter vraiment, mais on y retrouve néanmoins l'ambiance si particulière de Mertvecgorod – la ville de l'Est inventée par Siébert – et surtout, cette brève histoire de fantômes et de supérettes (oui!) est l'occasion de parler du goulag et de ses victimes. On ne le fait jamais assez.


Garou 2.0, de Morgane Caussarieu, est une déclinaison extrême de la notion de body art, ici représentée non comme la quête artistique d'Orlan, par exemple, mais comme celle, narcissique et solipsiste, d'une Seung-Yun Dupont à qui le capitalisme consumériste vend les moyens de satisfaire l'individualisme effréné que, dans une société anomique, plus rien ne borne.

Des xénogreffes aux transformations en louve, Caussarieu livre un texte vif et percutant (qui n'est pas sans évoquer son Vertèbres) qui donne à voir le développement logique du « mal de l'infini » dont s’inquiétait Durkheim, en mettant le doigt là où ça compte.


Avec L'histoire des oiseaux, Justine Niogret affiche encore une fois sa très grande qualité d'écriture. Bref récit post-ap au personnage anonyme et muet, histoire de survie racontée en quelques pages et de viol relaté en quelques lignes, le texte, d'une précision chirurgicale, est dépourvu de tout gras. Juste l'essentiel et tout passe, comme sur une toile abstraite. Du très beau boulot qui se conclut avec ironie et justesse.


On aura apprécié aussi le 2084 de Laurent Whale, plutôt bien foutu même si le titre nous en donnait la conclusion dès l'abord.


Voilà, voilà. Et si vous êtes aux Imaginales, ça vous fait, en plus, un petit souvenir.

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