Women in Chains 2026 - Thomas Day

En 2012, je chroniquai positivement le recueil Women in Chains, de Thomas Day, qui venait de sortir chez ActuSF . Voilà qu’il revient aujourd’hui au Bélial, dans une édition revue et corrigée avec couv' et illustrations intérieures d'Anouck Faure. Exit la préface, bienvenue à un amuse-gueule (qui évoque sans le dire l’affaire French Bukkake ) et à une coda. Exit aussi la nouvelle Poings de suture . Arrivée de l’inédite El Fantasma et réécriture de Tu ne laisseras point vivre , retitrée Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Brève revue. Eros-Center , La ville féminicide et Nous sommes les violeurs restent identiques à la version originale. Trois textes forts et percutants. Deux mots donc sur ce qui bouge. Un mot bref d’abord sur Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Réécrite, cette histoire de femme affligée d’une malédiction qui lui fait voir la grande mort dans la petite est devenue plus efficace, plus cohérente que dans sa version précédente. Un mot plus long en...

Le futur de la cité - Imaginales 2023


Alors que se déroulent les Imaginales 2023, à Epinal et sous la direction (nouvelle) de Gilles Francescano, parcourons-en brièvement l'anthologie publiée Au Diable Vauvert.


Le thème affiché, « Le futur de la cité », donne à lire une quinzaine de réflexions sur quelques pages, plus ou moins pertinentes ou absconses + un fac-similé d'Ayerdahl.

Je retiens trois textes de cet équipage.


Kontrol'za kacestvom, de Christophe Siébert, est un peu trop court pour emporter vraiment, mais on y retrouve néanmoins l'ambiance si particulière de Mertvecgorod – la ville de l'Est inventée par Siébert – et surtout, cette brève histoire de fantômes et de supérettes (oui!) est l'occasion de parler du goulag et de ses victimes. On ne le fait jamais assez.


Garou 2.0, de Morgane Caussarieu, est une déclinaison extrême de la notion de body art, ici représentée non comme la quête artistique d'Orlan, par exemple, mais comme celle, narcissique et solipsiste, d'une Seung-Yun Dupont à qui le capitalisme consumériste vend les moyens de satisfaire l'individualisme effréné que, dans une société anomique, plus rien ne borne.

Des xénogreffes aux transformations en louve, Caussarieu livre un texte vif et percutant (qui n'est pas sans évoquer son Vertèbres) qui donne à voir le développement logique du « mal de l'infini » dont s’inquiétait Durkheim, en mettant le doigt là où ça compte.


Avec L'histoire des oiseaux, Justine Niogret affiche encore une fois sa très grande qualité d'écriture. Bref récit post-ap au personnage anonyme et muet, histoire de survie racontée en quelques pages et de viol relaté en quelques lignes, le texte, d'une précision chirurgicale, est dépourvu de tout gras. Juste l'essentiel et tout passe, comme sur une toile abstraite. Du très beau boulot qui se conclut avec ironie et justesse.


On aura apprécié aussi le 2084 de Laurent Whale, plutôt bien foutu même si le titre nous en donnait la conclusion dès l'abord.


Voilà, voilà. Et si vous êtes aux Imaginales, ça vous fait, en plus, un petit souvenir.

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