Gotham Central t4 - Brubaker - Rucka et al.

Quelques derniers mots pour signaler la sortie du tome 4 conclusif de la série Gotham Central . J'ai déjà dit tout le bien qu'on pouvait penser de la série . C’est absolument excellent, l’un des meilleurs comics policiers qu’on puisse lire, avec un Batman presque absent, ombre tutélaire qui protège la ville, surtout contre elle-même, et des policiers profondément humains qui tentent d’accomplir leur mission au milieu de la corruption et des destructions périodiques occasionnées par les guerres des super-héros. A Gotham, il faut encore plus de courage que dans le reste du monde pour sortir dans les rues avec un badge. Dans ce dernier numéro, on trouve réunies quatre histoires (+ en petit bonus la suite et fin des aventures de Josie McDonald avant son affectation à Gotham Central) . Loi naturelle montre la ville du point de vue d’un de ses innombrables flics ripous, devenu ici meurtrier. En voix off, il raconte sa misérable vie quotidienne, son manque d’empathie et son absence t...

Cicci di Scandicci - Valerio Evangelisti dans Bifrost 109

BLOG EN MODE DÉGRADÉ

ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX.

CYA.


Dans le Bifrost 109, spécial Valério Evangelisti, on trouve les rubriques habituelles (après un édito qui ne semblera étrange qu'à ceux qui ne connaissent pas la force irrésistible de l'optimisme opératif d'Olivier Girard) : nouvelles, cahier critique, interview, biographie, analyses, bibliographie exhaustive, scientifiction et jurifiction sans oublier une itw de David 'Morris' Meulemans himself par Erwann Perchoc.


On y trouve Cicci di Scandicci, une courte nouvelle coup de poing du maestro Evangelisti.

En seulement cinq pages petit format qui forment une masterclass dont beaucoup devraient s'inspirer, Evangelisti livre son interprétation de la dérive meurtrière de Cicci di Scandicci, le monstre de Florence.

Se plaçant dans la tête du monstre, l'auteur en restitue les perceptions délirantes et agonistiques, dépeint à l'aide de guère plus que quelques mots l'univers mental et géographique clos dans lequel le monstre (sé)vit, montre justement en quoi la dérive du tueur est l'acmé incontrôlé d'une conformation mentale socialement acceptée.

On est ici au coeur de l'abjection rurale, quelque part entre certaines pages du C'est ainsi que les hommes vivent de Pélot et d'autres de l'Univers clos de Ecken, en un lieu où l'isolement et la complaisance de proximité permettent que des ilots de sauvagerie survivent au coeur de la civilisation.

C'est fort, c'est dur, c'est époustouflant - de l'ancien français signifiant Perdre haleine -, c'est de la littérature et de la très bonne. Car la littérature c'est ça, raconter avec grâce l'humain dans ce qu'il a de toujours potentiellement extraordinaire, refaire encore et toujours le coup de La charogne.

Cya soon pour la suite des nouvelles.

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