D'autres chants - Jacek Dukaj

D’autres chants est un roman écrit en 2003 par Jacek Dukaj (l’auteur du très original Old Axolotl ) . Le moins qu’on puisse dire de ce roman lauréat du Janusz A. Zajdel Award en 2003 est qu’il brille aussi par son originalité. Qu’on en juge ! Douze siècles après la chute de Rome, le monde est une sorte de mélange entre Renaissance en approche, Antiquité tardive, Royaumes des 1001 nuits et Terra incognita peuplée de monstres. Si ce n’était que ça, l’auteur livrerait déjà un background uchronique parfaitement dépaysant. Mais Dukaj ne s’arrête pas là. Son monde n’est pas gouverné par les lois de la physique telles que nous les connaissons, mais par les principes de la métaphysique aristotélicienne. Les corps y sont constitués des éléments classiques, tandis que toute chose sensible résulte de l’organisation de la Matière par la Forme. La Matière constitue le substrat potentiel d’un être ; la Forme organise cette Matière et fait qu’une chose est précisément ce qu’elle est. Ainsi, une stat...

Cicci di Scandicci - Valerio Evangelisti dans Bifrost 109

BLOG EN MODE DÉGRADÉ

ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX.

CYA.


Dans le Bifrost 109, spécial Valério Evangelisti, on trouve les rubriques habituelles (après un édito qui ne semblera étrange qu'à ceux qui ne connaissent pas la force irrésistible de l'optimisme opératif d'Olivier Girard) : nouvelles, cahier critique, interview, biographie, analyses, bibliographie exhaustive, scientifiction et jurifiction sans oublier une itw de David 'Morris' Meulemans himself par Erwann Perchoc.


On y trouve Cicci di Scandicci, une courte nouvelle coup de poing du maestro Evangelisti.

En seulement cinq pages petit format qui forment une masterclass dont beaucoup devraient s'inspirer, Evangelisti livre son interprétation de la dérive meurtrière de Cicci di Scandicci, le monstre de Florence.

Se plaçant dans la tête du monstre, l'auteur en restitue les perceptions délirantes et agonistiques, dépeint à l'aide de guère plus que quelques mots l'univers mental et géographique clos dans lequel le monstre (sé)vit, montre justement en quoi la dérive du tueur est l'acmé incontrôlé d'une conformation mentale socialement acceptée.

On est ici au coeur de l'abjection rurale, quelque part entre certaines pages du C'est ainsi que les hommes vivent de Pélot et d'autres de l'Univers clos de Ecken, en un lieu où l'isolement et la complaisance de proximité permettent que des ilots de sauvagerie survivent au coeur de la civilisation.

C'est fort, c'est dur, c'est époustouflant - de l'ancien français signifiant Perdre haleine -, c'est de la littérature et de la très bonne. Car la littérature c'est ça, raconter avec grâce l'humain dans ce qu'il a de toujours potentiellement extraordinaire, refaire encore et toujours le coup de La charogne.

Cya soon pour la suite des nouvelles.

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