Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Le cauchemar d'Innsmouth 2 - Tanabe d'après Lovecraft


Un mot rapide (car tome 2) sur le volume final de l’adaptation du Cauchemar d’Innsmouth par Gou Tanabe.


Nous avions laissé le narrateur du récit en pleine visite de la ville portuaire décrépite d’Innsmouth, peu après qu’il ait été témoin de phénomènes plus qu’étranges, et alors que le mystérieux ivrogne Zadok Allen venait de lui faire des révélations plus qu’inquiétantes sur la ville et ses habitants.

Pour l’infortuné et curieux narrateur il était temps de quitter une ville aussi peu engageante que rassurante, et de le faire vite.

Mais, alors que les hideux autochtones semblent commencer à s’intéresser d’un peu trop près à leur visiteur d’un jour, le bus censé l’emmener hors d’Innsmouth et vers Arkham est victime d’une opportune « panne ». Il faudra donc passer une nuit au Gilman House en attendant que la « panne » soit réparée. Une nuit qui sera longue. Très longue.


Vite et sans spoiler, on peut dire que ce tome 2 est au moins aussi réussi que son prédécesseur. Car il fait peur. Sans mouvement de caméra, sans effet sonore, Tanabe (bien aidé par le texte paranoïaque d’HPL) parvient à vraiment faire peur. C’est pour la narrateur qu’on a peur, pour sa raison et pour sa vie, lors de la très longue nuit qu’il passe dans une ville maudite, proche, bien trop proche, de l’inquiétant Récif du Diable.

Servi par des images superbes (l’antique bus d’Innsmouth, les toits d’Innsmouth au crépuscule, une porte grand fermée dont on espère qu’elle ne s’ouvrira pas, la ville dans sa décrépitude nocturne, les créatures - parfois en très grand nombre - qui investissent les lieux), l’album se lit d’une traite effarée. C’est d’autant plus talentueux que, si on a lu la nouvelle, on sait comment tout cela va évoluer puis finir, et que pourtant cette nouvelle narration de la même histoire agrippe le lecteur comme s’il l’entendait pour la première fois.


Indispensable.


Le cauchemar d’Innsmouth, tome 2, Gou Tanabe d’après Lovecraft

Commentaires

celindanae a dit…
C'est à nouveau réussi pour Gou Tanabe. Je connais la nouvelle d'origine par cœur et pourtant la voir ainsi mise en image m'a vraiment fait peur. Les hybrides sont tellement réussis, ils fichent une trouille, j'avais du mal à les regarder pendant la lecture.
Gromovar a dit…
C'est ça qui est fout, pas vrai ?
On a peur tout le long de cette traque.