La ville dans le ciel - Chris Brookmyre

" La ville dans le ciel " est le premier roman SF de Chris Brookmyre. C'est un polar SF rythmé et dynamique qui met en scène un duo de policières que tout oppose enquêtant sur des meurtres dans une station spatiale géante que la corruption gangrène. Ce n'est pas l'écriture du siècle mais ça se lit avec plaisir. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 105, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : En orbite autour de la Terre, Ciudad de Cielo est la première marche permettant à l’humanité d’atteindre les étoiles. Décrite comme un lieu utopique où le crime n’existe pas, la station spatiale est néanmoins contrôlée par des gangs qui se livrent une guerre sans merci : prostitution, contrebande et racket sont omniprésents. Jusqu’ici, les autorités ont toujours fermé les yeux. Mais les choses vont changer : u

There is No Antimemetics Division - qntm


"There is No Antimemetics Division" est un roman weird de qntm, l'un des auteurs prolifiques du site participatif (devrais-dire Fondation secrète ?) SCP Foundation.

Quoi de Neuf sur ma Pile est heureux de vous en proposer une chronique rédigée par Tiberix, qui avait déjà réalisé le même exercice pour Diaspora. Spoiler : Il a beaucoup aimé. Enjoy :


Vous avez déjà lu ce texte vingt-trois fois ce mois-ci et trois-cent-soixante-huit fois depuis le mois de mars 2020 où je l’ai écrit pour la première fois. 

Asseyez-vous et prenez votre temps.

Notre univers est composé de deux formes de réalités que nous percevons différemment. La première est ce qui est normal autour de nous. C’est la réalité mémétique dont nous pouvons nous rappeler : votre compagnon ou compagne, votre chat, votre voiture ou ce qu’il y a dans votre frigidaire.

L’autre réalité, tout aussi concrète est anti-mémétique.

À peine perçue, l’esprit humain l’oublie. Elle n’est pas spécialement bizarre ou étrange (OK, elle peut l’être mais n’anticipons pas). Elle n’est pas dans un univers parallèle auquel seuls quelques initiés peuvent accéder. Non, ce sont des choses totalement réelles et tout aussi concrètes que votre planche à repasser, mais elles sont cette propriété singulière de glisser tout de suite hors de votre mémoire court ou long terme. Comme la lumière infrarouge ou ultraviolette dans lesquelles nous baignons mais que nos cônes rétiniens ne perçoivent pas, il y a des choses que notre structure cérébrale ne sait simplement pas enregistrer. Une sorte d'anti-matière mémorielle.

Et certaines de ces choses sont aussi des idées.

Au lieu d’être des “mèmes” au sens de Dawkins, ce sont des anti-mèmes. Des idées qui sont incapables de se reproduire dans nos inconscients. Il y a peut être une solution simple au conflit Israélo-Palestinien ou une mathématique élémentaire unifiant facilement toutes les théories de la physique. C’est juste que dès que quelqu’un les découvre, elles se font oublier en quelques secondes.

Mais aussi… 

Je pourrais vous montrer le dolmen de trente mètres de haut qui surplombe votre immeuble. Mais à peine vu vous allez l’oublier (comme vous le faite tous les jours depuis ces cinq dernières années où vous avez aménagé dans cet appartement). Il reste à la frange de votre conscience : comme tout le monde, vous le percevez subliminalement assez pour éviter de vous casser le nez dessus en sortant de chez vous. Je pourrais aussi vous décrire le parasite de six kilos qui ressemble à une blatte jaune avec des yeux de chat et qui passe ses journées à rester au chaud sur le canapé de votre salon, mais à quoi bon ? Il est totalement inoffensif et se nourrit exclusivement des radiofréquences de votre boîtier WiFi. Et nous en avons tous deux ou trois chez nous (de façon amusante ils sont relativement territoriaux).

Il y a cependant un petit problème.

Voyez-vous, tout dans cette réalité anti-mémétique que nous oublions immédiatement jours après jours après l’avoir à peine perçue, n’est pas inoffensif. Très loin de là. Certains êtres, certaines choses et certaines idées mêmes, sont capables de nous détruire. D’éteindre notre civilisation.

Et elles ont d’ailleurs peut-être fait disparaître une ou cent civilisations dont nous ne pourrions pas nous souvenir. Comment le saurions nous ? Qui d’ailleurs a construit le dolmen qui… Mais je m’égare. 

Heureusement il y a une agence gouvernementale qui s’occupe de contenir les menaces réelles dont nous ne pouvons jamais nous rappeler. Il n’y a malheureusement personne avec des super-pouvoirs ou des armes magiques, pas de 007 ou de Jason Bourne. Juste des fonctionnaires entraînés autant que possible à détecter des évènements qui apparaissent sans causes, des trous critiques de nos actualités qui masquent peut-être des dangers que nous oublions à chaque minute. 

Comment font-ils ? Tant bien que mal.

Réussissent-ils ? Comment savoir ?

Somme nous au milieu d’une crise majeure pour l’humanité ? Non bien sûr ! 

À moins que…

À moins… 

Que...

Attendez…

De quoi parlions-nous déjà ? 

There is No Antimemetics Division - qntm

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : Une des discussions que nous avons eu avec Gromovar (qui a beaucoup - BEAUCOUP - moins aimé que moi) est le manque de profondeur des personnages. Sans dévoiler les noeuds de l'intrigue, les protagonistes se droguent et subissent des pertes de mémoires constantes, oubliant parfois des pans entiers de leur vie. Leur unidimensionnalité m'a moins choqué et (peut-être) a pour moi au contraire contribué à la logique interne de l'histoire.

Si vous avez aimé The City and the City de China Miéville, qui crée un monde avec une théorie centrale complètement intenable et qui parvient néanmoins à la maintenir avec maîtrise de rebondissements en rebondissements... Vous savez quoi faire...
Gromovar a dit…
Ainsi nous sommes complets sur les forces et faiblesses du roman.
Alec Eiffel a dit…
Super lecture,
Je trouve dommage que l’auteur ne pas soit allé plus loin que le « redacted » dans son jeu avec la forme (faire référence à des passages inexistants ou jouer avec la mémoire du lecteur par exemple), mais la structure est c’est vrai déjà assez tordue.
J’ai noté de belles références au démon core (et donc à Doc Manhattan), a Fnord (et donc toute la galaxie Illuminati).

Il est également question d’autofac, une référence à Dick ou aux nano factory ?

Et pour les ludistes, je vous conseille le jeu vidéo Control, qui s’est largement inspiré du SCP.
Gromovar a dit…
Merci pour ce retour.
TiberiX, l'auteur, te lira ici.
Verti a dit…
Hello Gromovar. Je viens de finir Ra du meme auteur. J'ai trouve cela excellent, intelligent et novateur, meme si la fin est une peu loupee. On sent l'auteur a des annees lumieres du genre d'ecrivain a la Charles Stress ou Alastair Reynolds qui, si talentueux soient-ils (j'adore les posts de blogs de Stross mais pas des bouquins), sont des "contracts writers" obliges d'ecrire un certain nombre de bouquins tous les ans, et ca se ressent dans leur production (desole pour la digression).
Je viens de commencer Antimemetics et pour l'instant je trouve ca excellent!!
Gromovar a dit…
Salut,

J'y reviendrai peut-être mais pas tout de suite.