All That We See or Seem - Ken Liu

Il y a un très grand nombre d’années, j’achetai le Neuromancien de Gibson à la FNAC sans vraiment savoir ce que c’était. Je commençai à le feuilleter dans le bus et ne pus plus le lâcher jusqu’à l’avoir fini. All That We See or Seem m’a fait à peu près le même effet. All That We See or Seem est le dernier roman de Ken Liu. All That We See or Seem est l’histoire d’Elli Krantz, une célèbre tisseuse-de-rêve – ou « oneirofex » –, qui fuit une nuit sa maison pour protéger son mari, Piers, sans savoir si sa disparition suffira à le sauver. All That We See or Seem est l’histoire de Piers Neri, un avocat un peu technophobe, un mari abandonné, fou d’amour et d’inquiétude, qui cherche l’aide d’une hackeuse asociale que son associé avait défendue dans un passé récent. All That We See or Seem est l’histoire de Julia Z, une brillante hackeuse au lourd passé, qui fait profil bas depuis de grandes déconvenues. Elle trouve Piers à sa porte et, touchée par son histoire, son impuissance e...

Inside Man - K. J. Parker


"Inside Man" est une novella de K. J. Parker qui se passe dans le même monde Renaissance imaginaire que le très bon Prosper's Demon.
Dans Prosper's Demon, le lecteur suivait les aventures d'un exorciste ; ici c'est côté démon que se place Parker, il offre au lecteur le point de vue d'un de ces « démons » qui possèdent les humains, les font souffrir, les tentent, et ne cèdent que face aux êtres « doués » que sont les exorcistes.
Problème : Prosper's Demon était très réussi alors que Inside Man ne l'est pas ; on s'y ennuie plutôt.

Dans un texte qui développe une forme de fantasy administrative à la Laundry (y compris jusqu'au point où l'humour, véritable, finit par devenir lourdingue), on découvre, sur les traces du démon narrateur, qu'il y a – ou pas – un Grand Plan de Dieu, ce Plan précisément qui est connu comme ineffable.

On y apprend que tout, de la révolte des anges contre Dieu aux éventuelles apostasies destructrices de foi, fait partie du Plan. Ici, on pense au Lucifer de Mike Carey.
On y apprend que tout s'y joue à très long terme – et quand je dis très long, pensez éons – dans une sorte de Grand Jeu qui évoque vivement ces confrontations sans fin qui opposent les services secrets entre eux, anges et démons étant deux faces de la même pièce, consubstantiellement liés à celle-ci dont ils forment l'essence même.
On y capte beaucoup de références dissimulées à la culture chrétienne pour peu qu'on maîtrise cette culture – et une non dissimulée à Nietzsche.
On y lit une partie de très grande qualité, lorsqu'il s'agit de mettre en scène la façon dont les démons perturbent la prière sans fin de moines dévots, une partie qui offre des dialogues savoureux, de fines passes d'armes entre moine sage et démon facétieux, rappelant fortement le très important Cloître des Ombres de Jean-Claude Schmitt (que je te conseille sans restriction, lecteur). C'est de loin le meilleur du texte.

Mais que c'est mou ! Que c'est répétitif et inintéressant ! Il y manque des personnages aussi larger than life que le Prosper of Schanz de Prosper's Demon ou un enjeu qui paraisse plus clair et immédiat que le simple déplacement d'un pion lors d'une partie du Grand Jeu.
A éviter !

Inside Man, K.J. Parker

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