The Book of all Skies - Greg Egan

Imaginez un monde « coupé » en un très grand nombre de morceaux. Des morceaux qui, chacun, semblent un monde à part entière ou au moins un pays, dotés chacun d'un nom, d'une population (souvent) , d'une « ambiance » physique ou zoologique, d'une plus ou moins grande proximité avec son étoile. On passe de l'un à l'autre de ces morceaux à travers un « anneau » ou « cerceau », accessible depuis un point géographique précis du monde présent dans chaque morceau, ce qui fait de ce monde un espace multiplement connecté. Si on utilise l'anneau dans un sens on atteint un certain morceau (« ciel », d’où le titre) qu'on peut se représenter comme « au-dessus », et si on l'utilise dans l'autre sens on atteint le « ciel » qui serait « en-dessous » – tout ceci hors de toute verticalité physique bien entendu. De saut en saut on ferait – si tout était optimal – une boucle sans fin qui finirait par ramener le voyageur à son point de départ. Sous l'un de ces c

Mickey et la Terre des Anciens - Filippi - Camboni


Voici "Mickey et la Terre des Anciens", quatrième visite à la collection Disney de Glénat dont chaque album – non content d'être une madeleine de Proust – est un ravissement pour les yeux.

C'est dans un monde de fantasy qui évoque Avatar que Filippi et Cambroni installent, cette fois-ci, leurs héros.
Un monde bien étrange fait d’îlots flottant dans les airs au-dessus d'un uniforme lit de nuages qui recouvre l'invisible Mer des tempêtes. Sur ces îlots – de petits bouts de terrain comme arrachés à un monde normal – on trouve de la végétation, des animaux, des bâtiments, des champs cultivés, des vergers, des maisonnettes, des palais, toute une civilisation de fantasy médiévale, rendue inédite par son caractère mouvant. Car les îlots se déplacent dans les airs, ce qui implique de lier par des cordes solides ceux qui doivent rester proches, comme les parcelles agricoles d'un fermier ou les différentes parties d'un royaume. Or les Tumultes, de très violentes tempêtes, secouent régulièrement les îlots, arrachant et emportant sans retour les moins bien arrimés. Il faut donc lier, bien lier, en prévision, ou réparer après quand c'est encore possible. 
C'est le travail des cordiers d'assurer la production des indispensables cordes. C'est celui de Mickey, maître cordier de son état.

Quand l'album commence, Mickey est seul, sans Dingo ni Minnie. Dingo a disparu en cherchant avec lui le Continent perdu où tous pourraient vivre enfin sans craindre les Tumultes, Minnie s'est séparée de Mickey en raison d'un désaccord de fond, elle poursuivant la quête alors que lui est retourné à une vie paisible. Et voilà que le roi local – le Fantôme Noir, l'un des arch-ennemis de Mickey – le convoque à son palais et lui ordonne de se mettre à son service. Forcé d'obéir, le valeureux cordier part accomplir sa tâche sur son oiseau de monte sans imaginer un instant qu'il va ainsi retrouver ses amis, pénétrer dans la Guilde – une organisation rebelle dirigée par Pat Hibulaire qui prétend protéger les fermiers des excès du Fantôme Noir et leur offrir une société alternative respectueuse de leurs droits –, et progresser enfin dans la quête du Continent perdu.

Sur une histoire simple, Filippi entraîne ses lecteurs dans un monde féerique où Mickey va encore une fois devoir lutter contre ses ennemis au bénéfice de tous. Un défaut de taille : une fin bâclée bien trop rapide + quelques ellipses narratives au fil du roman (contrainte de pagination ?).
Ceci posé, on doit à la vérité de dire que l'album est superbe. Les dessins sont somptueux, personnages, bâtiments, décors, tout est beau, et souvent spectaculaire. La mise en scène est aussi de grande qualité, avec des planches finement construites et parfois d'immenses scènes qui occupent une double page. Les couleurs ne sont pas en reste, qui contribuent à l'aspect féerique de l'ensemble.
C'est donc un album d'une très grande beauté que lira le lecteur. C'est un plaisir à se faire.

Mickey et la Terre des Anciens, Filippi, Cambroni

Commentaires

Baroona a dit…
Dommage pour la fin, mais j'admirerai quand même ça un jour. En comparaison de "Mickey et l'océan perdu", même acabit ou un peu en-dessous ?
Gromovar a dit…
Différent mais aussi beau.