La Seconde vie de Sander - Stepan Razorënov

Sander est mort. Et Sander « renaît », dans un au-delà qui est peut-être l’Enfer, ou pas. Un Diable y règne en tout cas, mais il ne contrôle qu’un palais, une salle de torture, et quelques troupes, chasseurs, gardes et tortionnaires. Le reste est un no man’s land dans lequel errent les bannis tels que lui, anciens humains que leur trépas puis leur renaissance ont revêtu de formes monstrueuses. Contrairement à certains égarés, Sander ne se suicide pas dès sa renaissance. Contrairement à tous, il ne se satisfait pas d’une existence stérile et oisive dans un monde vide où rien d’autre n’arrive que les attaques périodiques des chasseurs du Diable qui enlèvent les born-again et les emmènent vers un avenir de torture. Non. Sander est différent. Sander a une idée et un projet. Fédérer autour de lui les énergies et les compétences de tous les born-again pour bâtir une ville dans laquelle tous (les déjà présents comme les nouveaux arrivants) seront accueillis, tous vivront mieux, t...

Période glaciaire - Nicolas de Crécy


Resortie chez Futoropolis de "Période glaciaire", un album de BD de cette collection Louvres, qui se donne pour objectif de faire connaitre le musée en images. Resortie pour fêter les 15 ans de la collection.
Habituellement je ne suis pas fan de ce genre d'art institutionnel mais ici le prétexte était post-apo et (xéno)archéologie. Alors...

Paris, dans 1000 ans ou plus.
Une expédition archéologique parcourt, à la recherche de vestiges archéologiques, les espaces glacés de ce qui fut Paris et dont le nom est oublié depuis longtemps.
Les humains sont accompagnés de chiens/porcs OGM affublés de noms de super-héros (qu'en ce temps on prend pour d'antiques divinités), notamment Hulk dont l'admirable civilité et le langage châtié peinent à dissimuler les sentiments qui animent son petit cœur battant.

Transportant avec eux la cryptique bannière dans laquelle un O est imbriqué dans un M et qui les enjoint à aller Droit au but, les aventuriers vont tomber sur un bout de Rungis puis, après nouvelle marche, sur le Musée de Louvres. Dans les deux cas, ils interpréteront ce qu'ils découvrent, graffitis ou tableaux de maître, à l'aune de leur culture propre, accumulant contresens et déductions erronées.
Dans le même temps, Hulk, détaché du groupe et passé par l'enceinte de Philippe Auguste, sympathise avec les objets du musée, momies, chenets antiques, ou taureaux ailés, jusqu'à aider à leur libération.

Le dessin, fruste comme de l'art pariétal lorsqu'il s'agit de l'expédition, se fait précis quand les œuvres sont montrées. Le contraste nous amène à nous interroger sur nos propres interprétations des Lascaux ou Chauvet.
Le scénario, imparfait, n'est qu'un prétexte à évoquer les œuvres. Drôle quand les chiens/porcs interviennent, intéressant quand il questionne nos vérités archéologiques comme le faisait Donald Kingsbury dans Psychohistoire en péril ou, encore mieux, Ken Liu dans Le Fardeau, moyen le reste du temps.

L'album vaut-il les 20€ qu'il coute ?
Pour l'histoire, sans doute pas. Mais c'est un bel objet, grand format sur papier épais. Et il présente de façon originale 92 œuvres du musée. Alors, on peut bien se faire un petit plaisir un peu inutile.

Période glaciaire, Nicolas de Crécy

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