Bifrost 121 : entre dossier Walton et nouvelle de Nayler

Dans le Bifrost numéro 121, on trouve un copieux dossier Jo Walton ( dont je rappelle qu'elle a eu le Prix Planète-SF en 2017 pour Mes Vrais Enfants )  sous une couverture de Florence Magnin. Le numéro s’ouvre sur l’édito du boss qui rappelle à tous quel est l’âge canonique (trente ans) du Bélial et, de facto, de la revue Bifrost. Un édito en forme de bilan (d’étape) et de mise en lumière des (pas si subtils) changements qui ont affecté le monde de l’édition entre alors et maintenant. Suivent quatre nouvelles puis toutes les rubriques habituelles, critiques des nouveautés, scientifiction, and so on. On y trouve même les lauréats du Prix des lecteurs Bifrost 2025 : en catégorie francophone Résonances , de Mina Jacobson, et en traduction Joe 33 % , de Suzanne Palmer. Bravo à eux deux et au traducteur Pierre-Paul Durastanti qui s’est chargé du Palmer. Quatre nouvelles donc. D’abord, Contraction d’Iris de Peter Watts, un texte très wattsien qui met en scène, dans un futur p...

Shi tome 4 Vengeance - Zidrou - Homs


Capturés par l’infâme Lord Kurb, Jennifer, Kita, et leur sensei, ne doivent leur survie et leur liberté qu'à l'intervention opportune des démons dont ils sont les porteurs et gardiens.
Recherchés, mis à prix, ils doivent alors s'allier au sympathique autant qu’émouvant Dead End's Gang, le groupe d'enfants des rues qui les avait déjà aidés.
Leur objectif, « Renverser l'empire ». Leur premier pas : ruines la tentative victorienne de reconquête des Amériques.

Courage, habileté, ruse, seront grandement nécessaires, mais il faudra y ajouter le talent d'utiliser ses larmes pour nourrir le démon, et de puiser pour cela dans une souffrance nourrie d'iniquités et de deuils. Les deux jeunes femmes en ont à revendre ; le racisme, les inégalités, et les conventions de l'époque – les pires abjections se passent derrière les élégantes façades de la bourgeoisie londonienne –  ne laissaient guère de place à la moindre bienveillance.

Et c'est en s'attaquant à la reine Victoria elle-même – et à ses projets de reconquête – que les deux femmes et leur sensei entament, à l'occasion d'un attentat percutant, une marche qui doit les mener à l'assouvissement de leur vengeance.

Ce tome 4 de la série Shi, intitulé "Victoire(car c'est d'une première Victoire – sur Victoria – qu'il s'agit) est aussi joliment dessiné que ses prédécesseurs. Il contient, comme eux, sa part d'aventures trépidantes, de descriptions dickensiennes de la société victorienne, de mystères mystiques, de torts à redresser, d'innocentes victimes, et de salopards à haïr. Il contient donc – malgré un petit coup de mou, dû sans doute à la levée maintenant réalisée des zones d'ombre – ce qui constituaient les points forts des tomes précédents. Et c'est, nous dit-on, la fin du cycle 1.

Là, je suis moins laudatif.
En effet, si une sorte de fin est proposée par le volume, rien n'est véritablement réglé sur le plan des événements ni résolu en terme d'informations. Quid du destin de Jennifer ? Quid des liens avec le présent (disparu de ce tome) ? Quid de cette fille/descendante à qui l'histoire est racontée en off ? Mystère.

Il faudra donc poursuivre avec le second cycle si on veut savoir – ou arrêter sur cette demi-conclusion qui ne conclut ne définitive pas grand chose.

Shi t4, Victoire, Zidrou, Homs

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