L'Oiseau qui boit des larmes - Lee Young-Do

L’Oiseau qui boit des larmes (tome 1, Le Cœur des Nagas) est un roman de Lee Young-Do, premier tome d’une tétralogie de fantasy. Son auteur serait « Le Tolkien coréen » si l’on en croit le sticker apposé sur la couverture. Diable ! Qu’en est-il ? Le monde imaginé par Lee Young-Do est divisé en deux par une Ligne imaginaire. Au sud de celle-ci vivent les Nagas. Ils s’y sont installés non sans violence dans un lointain passé. Au nord on trouve les autres « humains », qu’ils soient Standards, Rekkons, ou Tokkebis. Les Nagas sont petits. Ils ont le corps couvert d’écailles. Ils entendent mal, ce qui fait qu’ils parlent beaucoup moins qu’ils ne nilhent (une forme de communication par la pensée) . Ils voient en revanche très bien, notamment les différences de température. Ils vivent dans une société matriarcale, sous la domination de matrones qui traitent les mâles comme un cheptel reproducteur – à l’exception des Protecteurs qui ont épousé la déesse et la servent dans un...

Dark Warm Heart - Carouseling - Rich Larson


Motivé par les praises désintéressés (ce qui est rare dans ce type d'exercice) du vil Harkonnen Feyd Rautha, j'ai lu les deux nouvelles de Rich Larson (prochainement – quand ? – en VF) dont il parlait sur son blog.

Je pousse l'indélicatesse jusqu'à reprendre la courte bio qu'il a écrite (pourquoi doubler la quantité de travail utilisé pour le même résultat, ce qui en diviserait par deux la productivité ?) que je reproduis ci-dessous avec sa permission (j'espère, sinon venez me soutenir en correctionnelle) :

Rich Larson écrit principalement de la science-fiction. Il est l’auteur de plus de 150 textes publiés, à 28 ans (veuillez ramasser votre mâchoire tombée au sol). Ses horizons sont variés, allant de l’horreur (parfois) au cyberpunk (souvent), sur Terre ou dans les étoiles. Il y a une caractéristique marquante aux différents récits que j’ai eu l’occasion de lire : ils sont toujours contés à hauteur d’homme, et si les personnages évoluent dans un univers parfois vaste et complexe, c’est par eux qui vous y accédez. Cela donne à ses textes une dimension humaine qui parfois manque en SFFF. © Feyd Rautha

"Dark Warm Heart", est une nouvelle inquiétante et oppressante.

Kristine est mariée à Noël, un thésard en cultural studies. Le jeune homme vient juste de rentrer d'une expédition dans le Nord canadien, un voyage en solo destiné à recueillir des légendes en inuktitut, la langue vernaculaire traditionnelle des Inuits, et qui a failli très mal finir. Pris dans une tempête exceptionnelle, Noël, délirant, a failli mourir et souffre depuis de graves engelures.
Enfin de retour au bercail, il s'attelle immédiatement à  la transcription de ses entretiens qu'il veut terminer très vite tant qu'ils sont encore frais dans sa tête. Il est heureux, aussi, de retrouver Kristine, et c'est réciproque.

Mais rapidement, Kristine, qui raconte, sent que quelque chose ne va pas. Noël, comme absent, semble littéralement obsédé par son travail, il agit de manière étrange, et surtout il manifeste une appétence sexuelle à la limite du sadisme que la séparation seule ne peut expliquer.
Désorientée, malheureuse, et peu soutenue par son entourage, Kristine doit comprendre seule ce qui se produit, jusqu'à y réagir d’une façon qui témoigne d'un amour immense, presque trop immense.

Fantastique, angoissant par l'effet de huis-clos que génère la situation de couple autant que par le caractère hermétique des événements qui se jouent dans le petit appartement, "Dark Warm Heart" est un texte plaisant auquel on peut juste reprocher une fin qui aurait été plus immédiatement percutante avec juste deux ou trois phrases de plus.



"Carouseling" est une nouvelle émouvante qui mêle sans vergogne histoire à la Ghost et physique quantique (kind of).

Roller-coaster émotionnel, douche écossaise d'espoir et de déception, "Carouseling", l'aventure tragique d'Ostap Bender et Alyce Kerensky au pays de la science expérimentale, balade moins son lecteur, de son début à sa conclusion, que son personnage principal – c'est logique, les enjeux ne sont vraiment pas du même ordre pour les deux.

Le côté prévisible du récit est plus que compensé par une réalisation aussi « jolie » qu'imaginative qui ne peut manquer d'émouvoir. C'est donc une belle histoire douce-amère, tristounette comme une bougie qui s'éteint.

Dark Warm Heart, Rich Larson
Carouseling, Rich Larson

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