Roger Zelazny - Le temps d'un souffle, je m'attarde

Ressortie aujourd'hui dans la toujours pertinente collection Dyschroniques du "Destination fin du monde" de Robert Silverberg qui n'était plus disponible en français depuis longtemps. Rappelons que la maison d’édition indépendante Le passager clandestin est une toute petite maison radicale, engagée et militante contre une certaine forme insatisfaisante du monde. Au milieu des non fictions, on y trouve la collection Dyschroniques qui remet à l’honneur des textes anciens de grands noms de la SF.  Nouvelles ou novellas posant en leur temps les questions environnementales, politiques, sociales, ou économiques, ces textes livrent la perception du monde qu’avaient ces auteurs d’un temps aujourd’hui révolu. On notera que chaque ouvrage à fait l’objet d’un joli travail d’édition, chaque texte étant suivi d’une biographie/bibliographie de l’auteur, d’un bref historique des parutions VO/VF, d’éléments de contexte, ainsi que de

Utopiales 2019 Léourier et Barbéri (sont dans un recueil)


Comme chaque année, ActuSF a publié un recueil de nouvelles spécialement pour les Utopiales, regroupant des textes d'auteurs qui y étaient présents.
On en parlera ici au fil de l'eau, autant pour le plaisir de découvrir certaines des œuvres incluses que pour le bonheur de se souvenir des quelques jours passés en un lieu parfois aussi surpeuplé que la ligne 13 dans ses grands moments (c'est à dire tout le temps).

On commence par une mise en bouche du pétillant Ugo Bellagamba, qui offre, sur un ton amusant, quelques pincées d'érudition sur le thème du festival « Coder/Décoder ».

Puis vient Une faute de goût de Christian Léourier. Vrai beau texte SF, écrit avec la délicatesse qui caractérise toujours l'auteur, Une faute de goût raconte les difficultés d'un premier contact diplomatique entre humains et aliens, dans un truculent récit gastronomique qui met saveurs et odeurs en vedette. Il montre comment se construisent connaissance et respect mutuels, en dépit des différences qui séparent deux espèces différentes, tant dans les mécanismes perceptuels que dans les types d'individuation. Il montre enfin comment, si tout n'est que représentations, les malentendus surviennent, avec leurs conséquences parfois lourdes.
Un bien beau texte.

Neurostar, de Jacques Barbéri, prend place dans l'univers de son roman Narcose ; nul besoin d'avoir lu le roman pour comprendre où on se trouve (mais, si on ne l'avait pas déjà fait, ça donne vraiment envie de corriger cet oubli et de se plonger dans l'univers SF psychédélique foisonnant de Barbéri, entre cyberpunk, biopunk, et tant d'autres choses).
Jack Slyder est un psy. Son travail, dans la Sphérocratie souterraine où vivent les nantis, est de prélever les souvenirs « intéressants » des stars pour les vendre à un public aussi amateur de voyeurisme que de sensations de seconde main. Demandé par une très célèbre mannequin qui veut qu'il exerce son art sur elle, Jack doit, en contrepartie, lui fournir la mémoire d'un animal – celle d'un « tigre » au combat. Il fait appel, pour se procurer cette bulle mémorielle illégale, à une vieille connaissance, et ne découvre que trop tard qu'il n'aura pas le beau rôle dans cette affaire.
Neurostar est un vrai plaisir de lecture pour amateur de cyberpunk, de biopunk, de Dick, de Varley, de Jeter, en un mot d'univers barré et sans limite. La nouvelle est une vraie réussite en ceci qu'elle livre de vraies personnages acteurs d'une histoire complète et palpitante, tout en suggérant un univers complexe qu'elle parvient à rendre aussi compréhensible qu'attirant en dépit du faible nombre de pages dont elle dispose pour ce faire.
A lire goulûment.

Une faute de goût, Christian Léourier
Neurostar, Jacques Barbéri

Cya soon, buddies.

Commentaires

Vert a dit…
Beaucoup aimé la nouvelle de Léourier (ça m'a rassuré après être passée à côté d'Helstrid). Le texte de Barberi c'est pas forcément ma came mais j'ai noté un bel imaginaire qui mérite le détour ^^
Gromovar a dit…
J'ai aimé les quatre dont j'ai parlé : Léourier, Barbéri, Martin (bonne surprise) et Ecken.
Le reste prouve que c'est bien beau de vouloir à tout prix écrire des textes politiques, mais qu'un texte politique n'est pas forcément bon et encore moins souvent subtil.
Vert a dit…
Pas encore lu celles de Martin et de Ecken. Je garde tes avis sur le coude pour quand j'en arriverai là ^^