The Tyranny of Faith - Richard Swan

The Tyranny of Faith est le tome 2 de la trilogie entamée par Richard Swan avec La Justice des rois (en VF) . Pour la présentation du contexte, on peut cliquer ici. Pour ce qui est de ce deuxième tome, on sait (ou pas) que j’aime peu chroniquer les tomes n, d’autant que je ne résume jamais beaucoup l’histoire (ce n’est pas le point de ce blog, ça ne devrait être celui d’aucun blog littéraire) . Que dire alors ? The Tyranny of Faith a les qualités de son prédécesseur. L’intrigue, qui était complexe, le devient encore plus, et l’ampleur du complot visant à renverser l’Empire se révèle peu à peu dans ses impressionnantes dimensions. Si l’histoire se développe, les personnages le font aussi, notamment la narratrice, Helena, dont les affres et tourments intérieurs sont largement exposés. La jeune femme grandit, devient adulte d’une certaine manière, en étant peu à peu forcée d’admettre que le monde et ceux qui l’entourent ne sont pas tout d’un bloc. Helena découvre dans la douleur que, ...

Doctor Star and the Kingdom of Lost Tomorrows - Lemire - Fiumara


"Doctor Star and the Kingdom of Lost Tomorrows" est le dernier spin-off en date de la série Black Hammer de Jeff Lemire. Et c'est encore une fois brillant.

"Doctor Star and the Kingdom of Lost Tomorrows" est l'histoire tragique de James Robinson, un héros du Golden Age. Chercheur obsessionnel, Jim Robinson obtient, en plein guerre, un financement du Pentagone pour avancer ses recherches sur la Para-Zone, une dimension énergétique hors espace qu'il pense pouvoir atteindre. Travail, travail, travail, puis succès. Robinson « touche » la Para-Zone et en tire un pouvoir cosmique qu'il contient dans un artefact, une sorte de torche, qu'il brandit fièrement pour faire régner la justice.
Robinson devient Doctor Star, un héros qui va s'impliquer dans la guerre au sein d'une équipe qui rappelle vaguement la Société de Justice d'Amérique (avec même un Hawkman local).
La guerre finie, Robinson continue son œuvre héroïque jusqu'à un tournant fatal. Parti aidé une race extra-terrestre, il se trouve plongé dans une situation qui va changer sa vie pour toujours et, peu ou prou détruire sa famille. Aujourd'hui, bien des années après, Robinson tente de retisser le lien brisé avec son fils unique. Reprendre langue, s'expliquer, s'excuser ; il y a urgence, son fils est mourant.

Avec "Doctor Star and the Kingdom of Lost Tomorrows", Lemire raconte encore une histoire de paternité brisée. Dans Sherlock Frankenstein and the Legion of Evil, l'auteur disait la souffrance de la fille de Black Hammer après la disparition de son père, ici, dans une histoire à la Rip van Winkle, il redit le malheur de l'absence. L'indifférence aveugle de Robinson s'exprime partout dans les pages du comic – deux scènes très caractéristiques : deux héros de la SJA ne veulent pas aller faire la guerre en Allemagne car ils ont deux enfants, Robinson pousse pour y aller en dépit de son enfant ; Robinson oppose une cassante fin de non-recevoir à la demande de son fils de participer à ses aventures spatiales.

Ce que dit l'auteur, c'est qu'il est pire de perdre l'amour que de ne l'avoir jamais connu, ce qu'il évoque, c'est le prix payé par les familles aux obsessions professionnelles ou (dans ce cas) héroïques. C'est beau, poignant, jusqu'aux dernières pages vraiment déchirantes.
Le royaume des lendemains perdus est celui où on peut, comme dans le Christmas Carol de Dickens, sans réussir à  redresser tous les torts peut-être, au moins faire pénitence et espérer l'absolution, celui aussi où, comme dans les Vestiges du Jour, on réalise qu'on est passé à côté de sa vie.

Cette superbe histoire humaine est aussi, comme dans toute cette série, un hommage amoureux aux comics, avec un Doctor Star qui est un Starman revisité (Jim Robinson est d'ailleurs le nom du scénariste qui relança la série dans les 90's) et qui se trouve, à son corps défendant, à la tête d'un genre de Green Lantern Corps.
Très joliment dessinée, cette histoire est à lire absolument si on aime le genre comics, et, suis-je tenté de dire, même si on ne l'aime pas.

Doctor Star and the Kingdom of Lost Tomorrows, Lemire, Fiumara

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