Sandman Nightmare Country 1 - Tynion IV - Estherren

BLOG EN MODE DÉGRADÉ ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX. JUSQUE LÀ, LECTEUR, POUR ENCORE QUELQUES MOMENTS, IL TE FAUDRA ACCEPTER DE ME FAIRE CONFIANCE SUR JUSTE DEUX OU TROIS LIGNES. Sortie chez Urban du tome 1 du cycle Sandman Nightmare Country , traduit par l'incontournable Patrick Marcel. L'infâme Corinthien y est de retour dans le monde, à la recherche d'un autre cauchemar mortel, celui-ci non créé par Dream. Aidé de deux monstres sadiques à mi-chemin entre des Cénobites de Hellraiser et le couple Travolta/Jackson de Pulp Fiction , le mystérieux nouveau cauchemar, à l'origine inconnue, assassine tous ceux qui peuvent le repérer ; il traque ici notamment une jeune artiste qui a le malheur de le voir quand les autres ne le peuvent pas, et dont l'entourage est la tragique victime collatérale de ce don. Comme dans le brillant The Nice House on the Lake (qui sort d'ailleurs en VF chez Urban et que je conseille très vivement) , J. Tynion IV plonge le lecteur

Black Hammer 2 - Lemire - Toujours brillant


Le temps passe dans la petite ville endormie (l'univers de poche?) de Rockwood. Les ex-super-héros – à l'exception d'Abraham Slam qui tente de se refaire une vie avec Tammy, la proprio du diner local – ont toujours autant de mal à vivre leur exil forcé. Mais après dix ans de stase, l'arrivée inopinée de Lucy Weber (la fille du défunt Black Hammer) est susceptible de perturber les rares équilibres péniblement atteints par les exilés.

Lucy, qui ne sait pas comment elle est arrivée là, enquête frénétiquement pour trouver le moyen de rentrer chez elle, et d'emmener les autres aussi par le même chemin. Des pistes existent, mais rien de concluant encore en dépit de ses efforts. La jeune femme parvient juste à confirmer le caractère factice (trumanesque) de Rockwood.

En parallèle, la vie continue, avec ses banalités et ses secrets. Nous assistons aux déchirements dans la vie et les espoirs de Barbalien, au désespoir toujours plus grand – confinant au suicidaire – de Gail, à la mauvaise tournure que prend la relation d'Abraham et Tammy. Nous comprenons que le rôle de Madame Dragonfly dans toute l'affaire – depuis Spiral City – est bien trouble, qu'il y a un vrai mystère sur l'issue du dernier combat des super-héros, ou encore que le Captain Weird semble avoir un agenda caché suffisamment important pour lui faire commettre un acte atroce.
Nul n'est heureux. Tous souffrent. Mais les raisons des uns ne sont pas celles des autres ; cela finira peut-être par déboucher sur un conflit ouvert entre les exilés de Rockwood.

Dans ce tome, l'histoire avance. Le mystère demeure, certes, mais les éléments s'accumulent dans l'attente du dernier tome où les fils seront dénoués. Et l'intérêt pour les personnages grandit encore chez un lecteur qui était déjà séduit à juste titre.
Car par-delà la quête de Lucy et les tourments de ses co-prisonniers, ce tome 2 est l'occasion pour Lemire d'en dire plus sur le passé des héros et sur le combat final qui les a condamnés à l'isolation. Et, parce qu'il est Lemire, il développe aussi finement ses personnages, tant dans ce passé qui les fonde que dans ce présent qui leur pèse. Il livre une histoire aussi rythmée et mystérieuse qu’émouvante et un peu triste. Comme dans ses autres comics, Lemire croque des personnages riches et profondément touchants. Comme dans cette série seulement, il continue son hommage au monde des comics, introduisant ici entre autres un genre de Thanos, une cour d'Asgard matinée d'Inhumains, ou une X-Force au sort tragique sans oublier un hilarant comic de SF typique d'un âge d'or rempli de fusées atomiques, de robots tueurs, et de dialogues grandiloquents.

Alors, il faut lire, absolument lire, et attendre avec impatience le tome 3.

Black Hammer t2, L'incident, Lemire, Ormston, Stewart

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