Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Black Hammer 2 - Lemire - Toujours brillant


Le temps passe dans la petite ville endormie (l'univers de poche?) de Rockwood. Les ex-super-héros – à l'exception d'Abraham Slam qui tente de se refaire une vie avec Tammy, la proprio du diner local – ont toujours autant de mal à vivre leur exil forcé. Mais après dix ans de stase, l'arrivée inopinée de Lucy Weber (la fille du défunt Black Hammer) est susceptible de perturber les rares équilibres péniblement atteints par les exilés.

Lucy, qui ne sait pas comment elle est arrivée là, enquête frénétiquement pour trouver le moyen de rentrer chez elle, et d'emmener les autres aussi par le même chemin. Des pistes existent, mais rien de concluant encore en dépit de ses efforts. La jeune femme parvient juste à confirmer le caractère factice (trumanesque) de Rockwood.

En parallèle, la vie continue, avec ses banalités et ses secrets. Nous assistons aux déchirements dans la vie et les espoirs de Barbalien, au désespoir toujours plus grand – confinant au suicidaire – de Gail, à la mauvaise tournure que prend la relation d'Abraham et Tammy. Nous comprenons que le rôle de Madame Dragonfly dans toute l'affaire – depuis Spiral City – est bien trouble, qu'il y a un vrai mystère sur l'issue du dernier combat des super-héros, ou encore que le Captain Weird semble avoir un agenda caché suffisamment important pour lui faire commettre un acte atroce.
Nul n'est heureux. Tous souffrent. Mais les raisons des uns ne sont pas celles des autres ; cela finira peut-être par déboucher sur un conflit ouvert entre les exilés de Rockwood.

Dans ce tome, l'histoire avance. Le mystère demeure, certes, mais les éléments s'accumulent dans l'attente du dernier tome où les fils seront dénoués. Et l'intérêt pour les personnages grandit encore chez un lecteur qui était déjà séduit à juste titre.
Car par-delà la quête de Lucy et les tourments de ses co-prisonniers, ce tome 2 est l'occasion pour Lemire d'en dire plus sur le passé des héros et sur le combat final qui les a condamnés à l'isolation. Et, parce qu'il est Lemire, il développe aussi finement ses personnages, tant dans ce passé qui les fonde que dans ce présent qui leur pèse. Il livre une histoire aussi rythmée et mystérieuse qu’émouvante et un peu triste. Comme dans ses autres comics, Lemire croque des personnages riches et profondément touchants. Comme dans cette série seulement, il continue son hommage au monde des comics, introduisant ici entre autres un genre de Thanos, une cour d'Asgard matinée d'Inhumains, ou une X-Force au sort tragique sans oublier un hilarant comic de SF typique d'un âge d'or rempli de fusées atomiques, de robots tueurs, et de dialogues grandiloquents.

Alors, il faut lire, absolument lire, et attendre avec impatience le tome 3.

Black Hammer t2, L'incident, Lemire, Ormston, Stewart

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