Gagner la guerre t4 - Genet - Jaworski

Voici qu'arrive le tome 4 de l'adaptation BD du Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski par Genet et Jaworski lui-même. On avait laissé Benvenuto Gesufal en grand danger à la fin du tome 3.  Les mensonges et les machinations dont il a été partie commencent à émerger au grand jour alors que les dépités de la guerre de Ressine cherchent à se venger et à reprendre l'initiative politique. D'atout secret, Benvenuto devient une gène possible pour la maison Ducatore, au point que, alors que Ducatore semble retourner sa veste à son endroit, il ne voit plus que la fuite comme solution aux deux périls qui le menacent : l'emprisonnement à court terme et l'assassinat à moyen terme. Fuir dans la ville est utile pour échapper quelques temps à des lames trop aiguisées mais, clairement, quitter la ville est le seul moyen d'échapper à la mort. Recherché par spadassins et magiciens, le bretteur à gages doit mettre le plus de distance possible entre lui et la République de

Dans le sillage de Poséidon - Alastair Reynolds - Retour de Bifrost 88


"Dans le sillage de Poséidon" est le troisième et dernier tome de la trilogie des Enfants de Poséidon. Il est si clair qu'il peut peut presque se lire seul, même s'il est évidemment plus judicieux d'en faire la lecture conclusive du cycle pour avoir l'effet de temps long et de dynastie que voulait Reynolds.

Oubliez Terre et système solaire, le passage y sera bref. L'action démarre sur Creuset – point focal de la panspermie humaine –, longtemps après que trois ambassadrices – l'IA incorporée Eunice, la clone Chiku, et l'éléphante augmentée (une Tantor) Dakota – aient accompagné les mystérieux Gardiens pour ne jamais revenir puis que Ndege Akinya ait réveillé le Mandala de Creuset, provoquant involontairement la mort de centaines de milliers d'Humains et de Tantors. Alors que la lignée des Tantors s’éteint sur Creuset, un message texte inattendu et non signé arrive de Gliese 163 – étoile située à 70 AL environ de Creuset –, « Envoyez Ndege ». Discussions, négociations, préparatifs, une expédition partira finalement pour G163 à la recherche de la Trinité perdue, d'éventuels Tantors survivants, ou de toute information qui pourrait éclairer une humanité encore dans l'enfance sur les Bâtisseurs de Mandala, sur les Gardiens, ou sur toute autre de ces sentiences si évoluées qu'elles relèguent l'humanité au rang de Préhistoriques.

Hasard ? Chance ? Un autre Akinya, sur Mars, a connaissance du signal et, affublé d'une IA de l'Evolvarium bien plus à la manœuvre qu'il n'y parait, se met aussi en route pour G163 et le contact avec les non-humains. Les deux expéditions constituent deux fils parallèles, inconnus l'un de l'autre, qui finissent par rejoindre deux factions concurrentes à l'arrivée. Faux-semblants, manipulation, aventures épiques, leur confrontation permettra enfin à tous – et donc au lecteur – de savoir quel fut le sort de la Trinité et celui du vaisseau perdu Zanzibar, de comprendre ce que sont les Gardiens et ce qu'ils veulent, et, last but not least, d'en savoir plus sur les Bâtisseurs de Mandala et l'avenir de l'univers.

On ne peut traiter ce roman qu'en actif/passif. A l'actif du livre, un sense of wonder important avec lunes artificielles, vitesse-lumière, élévation, civilisation post-physique ; Reynolds ne s'interdit rien. De plus, dans un univers infiniment divers, les mystères abondent, et le lecteur sait que les réponses seront au bout du pageturning. Le roman se lit donc vite car, une fois pris, on veut savoir, ne pas mourir plus bête que les protagonistes du récit. Mais il y a aussi beaucoup de passif. D'abord, même si c'est bien fait, rien n'est original, des BDO à la civilisation de machines en passant par l’Élévation (c'est Brin qui vient le plus à l'esprit : augmentation, civilisation mécanique, société galactique normative – même si on a du mal à imaginer les Tantors siffler des trilles en ternaire). Ensuite, l'écriture est très basique, entre analogies malvenues et surexplication de tout (ce qui allonge le texte et énerve le lecteur). Enfin, il faut supporter la nunucherie de personnages affublés de dialogues consternants de mièvrerie. Et puis, Tout ça pour ça ! Trois siècles de voyage pour aller découvrir une vérité morale qu'Arendt avait peu ou prou énoncée et la reformuler dans la langue de Paolo Coelho.

Dans le sillage de Poséidon, Alastair Reynolds

Commentaires

Elessar a dit…
Je suis impressionné que tu sois allé jusqu'au bout de la trilogie alors que tu n'avais pas aimé le 1er tome ^^
Gromovar a dit…
J'aime bien Reynolds souvent. D'où...

Et comme dirait Anudar : Je ne connaitrai pas la peur, la peur tue l'esprit, la peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale ;)