L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Anatem - Neal Stephenson - Multiple et foisonnant


Chroniquer un tome 2, toujours aussi complexe (d'autant que...).

Disons donc que ce second et dernier tome conclut sans fausse note l'histoire d'Erasmas et de son monde. Une conclusion de 500 pages quand même.

Sans spoiler (le dilemme des chroniques de tomes n), on pourra dire que :

  • le style est toujours fait de descriptions minutieuses et de dialogues philosophiques passionnants
  • le monde monacal d'Arbre dévoile ici la grande variété de ses pratiques, parfois bien différentes de la simplicité voulue de Saint Edhar
  • de très vieilles questions théoriques reçoivent enfin une réponse
  • les trois Sacs qui frappèrent le monde monacal se voient expliqués et développés
  • le mystère du tome 1 se résout dans des événements d'une gravité et d'une dangerosité extrême qui obligent Erasmas et ses proches à prendre des risques énormes tant pour eux que pour leur monde
  • les drames en cours obligent tant à une réinvention des manières d'être réguliers qu'à un rapprochement fort des mondes réguliers et séculiers
  • l'auteur réussit à rendre passionnantes et motrices des questions complexes de mécanique orbitale (c'était déjà brillant dans Seveneves)
  • il se permet aussi de balayer, outre les controverses du tome 1 (et on voit clairement où va sa préférence), la phénoménologie, les noumènes, la théorie des univers multiples, l’indétermination quantique, les pavages de Penrose, la conscience d'origine quantique (Penrose encore, les deux étant liés par Stephenson)
  • il met en récit la multiplicité des mondes quantiques possibles dans une conclusion dont on peut dire qu'elle est le résultat d'une diffraction volontaire qui se résout ensuite dans une réduction orientée des possibilités ; comprenne qui pourra ;-)


Le tout est brillant et enlevé, toujours sous contrôle d'un auteur qui sait à merveille réinterpréter l'histoire de la philosophie pour en livrer une version qui mêle grande aventure et grandes connaissances, dans une approche foncièrement rationaliste qui fait des connaissances accumulées la clef de la résolution des problèmes, pour peu qui y mettent la dédication et le courage dont font preuve tout au long du roman Erasmas et ses proches.
A notre époque qui tourne le dos à la raison et s'en retourne vers la superstition, ce roman est salutaire. Accessoirement, on devrait le faire lire en cours de philo ; les étudiants verraient comment on met de la chair sur des concepts.

Anatem, t2, Neal Stephenson

Les avis (pas spoiler-free) de Anudar, Apophis, Feyd Rautha, Just a Word

Commentaires

Le Maki a dit…
IL me reste une grosse centaine de pages et je savoure... c'est exceptionnel même si je ne suis pas sur d'avoir tout saisi, tout compris !
Gromovar a dit…
Mais ce que tu ne comprends pas ne gêne pas la lecture il me semble.
Le Maki a dit…
En effet, rien qui gène la compréhension globale... et je me régal !