Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

14-18 La Lune en héritage - Corbeyran - Le Roux


Avec "La Lune en héritage", Corbeyran (et son complice Le Roux aux pinceaux – sans oublier les élèves de Le Roux qui l’aident au dessin pour tenir le rythme élevé de parution) concluent en beauté et avec grande sensibilité leur cycle de 10 albums consacrés à la Grande Guerre.

Intelligemment, après un tome 9 qui concernait l’été 1918, l’album conclusif ne raconte pas les quelques jours mornes qui précèdent l’arrêt des hostilités mais saute directement à l’après armistice.

24 novembre 1918. A la mairie de la petite ville d’où partirent, à l’été 1914, peu après une fête de fiançailles, les huit copains mobilisés pour le front, se tient une cérémonie durant laquelle le maire (jamais parti, lui) célèbre les revenus et les morts, et dit, avec des trémolos (peut-être même sincères ) dans la voix, à quel point il aurait voulu être des leurs. Dans le silence de la salle municipale, seuls les vétérans savent à quel point ce discours (pourtant inévitable) est inepte.

Car, en effet, qu’y a-t-il à fêter ?
La fin des combats et de la boucherie, certes, c’est une bonne nouvelle.
Mais, si on fait un petit bilan, qu’avons-nous ?
Sur les huit copains partis au combat, cinq sont revenus, trois sont morts là-bas.
Sur les cinq revenus, un est une gueule cassée, un a laissé une jambe sur le champ de bataille, un souffre de stress post-traumatique au point de devoir être hospitalisé.
Les deux derniers, apparemment rentrés en meilleure forme, sont, de fait, marqués au-delà du possible par ce qu’ils ont vécu.
Post coïtum animal triste !

Ce sont les quelques semaines du retour que nous raconte Corbeyran. Un retour bien difficile dans un monde qui n'a plus guère de sens pour ceux qui ont connu l'enfer. Un retour (ou une absence) que devront gérer aussi tous ceux restés si longtemps à l'arrière que c'était devenu pour eux la normalité.

Corbeyran, en faisant le choix de consacrer un album entier à l’après (l’aftermath), en centrant son récit sur les conséquences personnelles et individuelles plutôt que sur les effets politiques ou sociaux à terme du conflit (comme matrice de la Seconde Guerre Mondiale) a choisi, à juste titre imho, de montrer au lecteur comment tant et tant de vies de tués et de survivants furent détruites par le conflit.

De 2014 à 2018, les deux auteurs ont livré une belle et longue histoire qui a balayé les grandes phases de la guerre de 14-18 sans oublier de donner au conflit le(s) visage(s) humain(s) qu’il devait avoir. Ils ont fini maintenant et peuvent être fier du travail accomplie. Ils ont donné à voir la Grande Guerre dans sa réalité terrible. Donné à voir qu’au niveau micro, par-delà les chiffres invraisemblables sur les millions de victimes, elle a affecté des hommes (et des femmes aussi) dans leur vie même et les a changés pour toujours – rien d’étonnant à ce que tant de vétérans n’aient jamais voulu parler, après, d’une expérience qui était essentiellement intransmissible.

La Lune en héritage, 14-18 t10, Corbeyran, Le Roux

Commentaires

Baroona a dit…
10 tomes en 4-5 ans, c'est rare, c'est un rythme de mangakas ça ! ^^
Je vais attendre de terminer "L'Ambulance 13" d'abord, mais celle-ci sera certainement au programme un jour.
Gromovar a dit…
Yep, Le Roux a utilisé des aides.

Et tu feras bien d'y venir :)