Exquisite corpses - Tynion - Walsh - Bellaire

Depuis 250 ans, les 13 familles les plus riches d'Amérique du Nord se partagent le contrôle du pays à l'insu de tous. Tous les 5 ans, le soir d'Halloween, elles se réunissent, désignent une petite bourgade américaine, recrutent 12 tueurs à tendance psychopathe, et organisent un grand tournoi au terme duquel sera désignée la nouvelle famille dominante. Lâchés dans une petite ville discrète et sans histoire, les criminels n’ont qu’un seul objectif : éliminer leurs adversaires. Pour les habitants d’Oak Valley, Maine (l’arène malchanceuse de cette année), le but est simple : survivre à cette terrible nuit. Bienvenue dans l'arène d'Oak Valley où débute la nouvelle édition de ce jeu de massacre hors norme baptisé EXQUISITE CORPSES ! Exquisite Corpses est le nouveau projet de James ‘serial writer’ Tynion IV . C’est une série de comics qui seront publiés sous au moins deux formats en France : 7 numéros souples (espacés d’un mois, depuis janvier) plus un coffret pour les r...

Pals battalion


A l’occasion du centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, Corbeyran se lance dans une série fleuve en dix épisodes publiés sur cinq ans. Il s’associe à Etienne Le roux, assisté de Loïc Chevalier et Jérome Brizzard.

"14-18" racontera l’histoire d’un groupe d’amis, huit hommes et huit femmes, de personnalités et de milieux sociaux différents, jetés dans la Grande Conflagration. La Grande Guerre, prévue pour durer quelques semaines, soufflera certaines de ces vies, en broiera irrémédiablement d’autres, et changera en profondeur ceux qui en reviendront.

La série progressera chronologiquement sur la durée de la guerre, suivant les destins brisés de la petite bande, mais chaque album pourra être lu comme un one-shot, équilibre réussi au vu du premier opus.

Le petit soldat s’ouvre avec Louis, gueule cassée, attendant, en 1919, la prothèse qui lui rendra un peu visage humain. Devenu fou, il ne cesse de répéter cette phrase : « il a été blessé, il a perdu sa baïonnette, il ne peut plus se défendre, tu peux le protéger, toi, tu es un vrai soldat ». L’album permettra au lecteur de comprendre le sens de cette mystérieuse mélopée en l’emmenant aux premières loges du début d’une guerre que tous prévoyaient courte et victorieuse.
De la joie d’une fête de fiançailles interrompue par la mobilisation aux premiers combats et aux premières tueries, le lecteur suit les huit amis dans ce qui n’est pas encore l’enfer des tranchées mais déjà un ballet de mort, rendu plus tragique encore par l’obstination absurde d’officiers hautains, formés à l’école de l’assaut héroïque et transportés sans même s’en rendre compte sur des champs de bataille où la chevalerie surannée tombait sous le feu des mitrailleuses.

En peu de pages, Corbeyran suscite une vraie sympathie pour ces malheureux qui ne savent pas vers quoi ils marchent et pour leurs femmes qui, à l’arrière, attendent leurs hommes sans savoir encore qu’elles vont devoir s’organiser seules pour longtemps, et trembler pour eux, peut-être, pendant des années.

Les dessins, réalistes, sont beaux et fouillés. Les couleurs rendent parfaitement l’ambiance de l’époque. La très belle couverture résume à merveille, rétrospectivement, ce qui s'annonce, dernière photo insouciante avant le plongeon dans l'horreur.

Un bien beau travail de mémoire mais aussi de BD pure, qui, à côté de l’œuvre de Tardi ou de Le Naour, met des hommes dans la guerre et nous invite à compatir, au sens étymologique du terme.

14-18 t1, Le petit soldat, Corbeyran, Le Roux

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