Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Black Friday - Alex Irvine


"Black Friday" est, aux USA, le nom d'un jour de soldes qu'Amazon, entre autres, essaie de nous vendre en France depuis peu – et y parviendra sans doute.
C'est aussi le titre d'une nouvelle glaçante, d'Alex Irvine, téléchargeable sur le site Tor.

USA, futur proche (assez proche pour que l'arrière grand-père du personnage principal – Caleb Anderson, un bon père de famille américain – ait fait le Vietnam).
C'est Black Friday. Caleb et ses enfants s'apprêtent à pénétrer par une entrée discrète dans la Greenleaf Crossing Galleria pour participe à la Célébration, un événement annuel qui surpasse le Superbowl en terme de popularité. Une fois par an, des familles surarmées s'y combattent (parfois à mort) dans des malls, pour capturer et ramener à la maison des biens de consommation gratuits ou des bonus monétaires, le tout sous les yeux de millions d’Américains qui suivent le déroulement du match à la télévision, jusqu'à la victoire ou la mort.
Les Anderson en sortiront-ils gagnants ? Vivants ? On le saura à la fin de la nouvelle.

Avec ce texte aussi grotesque et pertinent que les parodies de MAD Magazine, Irvine pousse au bout les tares et dérives de la société américaine contemporaine.
Glorification de la famille, certitudes morales inébranlables, culte des armes à feu et du open carry, omniprésence de média qui orientent plus qu'ils ne racontent, primat de l'émotion sur la raison, consumérisme délirant, etc. Tout ceci est visible dans la nouvelle.
Mais surtout, la nouvelle – qui commence par rappeler à la mémoire les scènes hallucinantes de gens se battant pour des objets à l'ouverture du jour des soldes – pointe explicitement la dérive schizophrénique d'une société US qui, pour se défendre du terrorisme et protéger ses « valeurs », s'arme et se tue elle-même sans plus avoir besoin de terroriste. On retrouve ici les éructations de Trump sur le Bataclan, ou le « Craignez la colère du consommateur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! » de Philippe Muray.

Institutionnalisant et rationalisant les mass shooting par la grâce de la résistance américaine au terrorisme, Irvine s'en sert pour montrer à quel point le société US a perdu toute boussole idéologique. Dans La nuit des morts-vivants de Romero, les humains se protégeaient des zombies dans le mall (c'était déjà une critique du consumérisme), ici plus besoin d'intrusion étrangère. L'ennemi est intérieur, l'ennemi est le semblable, et c'est pour protéger le mall et ce qu'il représente que les Américains combattent, tuent, et meurent. Black Friday, Bloody Friday.

Black Friday, Alex Irvine

Commentaires

Baroona a dit…
De la littérature blanche dans quelques années - déjà ? ...
Gromovar a dit…
Presque. Pour le second mandat de Trump.