The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça mérite  même  mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les ...

Hao Jingfang - L'insondable profondeur de la solitude


Les habitués de ce blog savent que j'arrête très rarement une lecture. Même quand tout suggère d'abandonner, je vais au bout, comme saisi par ce « sale espoir » qui consternait Antigone. Ce n’est qu’après que je fais payer au livre ma frustration, que je me lâche et « gueule ce que j'ai à dire ».

Voilà donc que j'ai lu "L'insondable profondeur de la solitude", le premier recueil traduit de Hao Jingfang, et que, maintenant, je vais gueuler ce que j'ai à dire.

Hao Jingfang fait partie de cette vague d'auteurs SF chinois qui arrivent sur les marchés occidentaux et dont Liu Cixin est le porte-drapeau. D'elle, j'avais lu Folding Beijing – étonnamment traduit Pekin Origami en français – que j'avais jugé très intéressant. Comme chez Liu auparavant, j'y avais croisé le mélange de naïveté narrative Âge d'or et de préoccupations très contemporaines que je trouve caractéristique de la SF chinoise. J'espérais donc le meilleur de ce recueil inaugural. La déception fut à la hauteur.

Dans le recueil sont rassemblés onze textes. Il s'ouvre sur Pekin Origami (!).
Très vite, la faiblesse du style apparait évidente, au point de devenir progressivement rédhibitoire. Dommage, car Hao Jingfang aborde des questions qui peuvent intéresser.

D'abord, une crainte récurrente de l'invasion. Extra-terrestre ici, mystérieuse, impitoyable, relayée par une classe d’humains traitres à leur espèce.
La vision très classique de l'envahisseur alien peut se lire comme une métaphore de la colonisation, ou de ces invasions culturelles et idéologiques qui font des nations des terrains de conflit entre compradores et résistants. Trois récits au moins filent, dans le recueil, cette métaphore.

Les textes parlent aussi de transition. D'un pays qui a changé peut-être plus vite qu'aucun autre, Hoa raconte des histoires d'humains confrontés à des changements rapides. De l'astéroïde-étape Cérès à une Chine dans laquelle à la mort des parents succède celle d'un ancien empereur (joli enchaînement), le monde change, les anciens repères disparaissent, et il faut – de gré ou de force – aller de l'avant, faire avec la marche du monde, quoi qu'il puisse en coûter, habité d'un mélange de crainte et d'espoir.

Le thème de la solitude traverse enfin les nouvelles. Confrontés aux nouvelles technologies, aux changement sociétaux rapides, au Léviathan étatique comme au poids de la tradition, les personnages de Hao sont seuls, parfois désorientés. Oppressés par la réalité, anonymes dans un monde qui change, certains résistent, pas tous. Les autres iront, à l’extrême, jusqu'à se réfugier dans des virtualités rassurantes qui, à défaut de les confronter au monde, leur permettront d'y survivre, fut-ce au prix de l'autonomie.

Thématiquement significatif donc. Mais le style, toujours plat et régulièrement maladroit, fait barrage à la lecture. Problème de texte original ou problème de traduction, je l'ignore, même si une comparaison rapide entre Folding Beijing et Pekin Origami laisse penser que les torts sont au moins partagés.

Dommage, dommage, dommage. On peut éviter.

L'insondable profondeur de la solitude, Hao Jingfang

Commentaires

Lune a dit…
Ah crotte.
Vert a dit…
Arf zut j'avais bien aimé Pékin Origami, tu m'encourages pas à me lancer dans le recueil du coup. Bon on verra si je peux le trouver en bibliothèque du coup.
Anonyme a dit…
Chine....toc !

Lao-Tseu
Gromovar a dit…
Quelle sagesse !