Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

A voté - Isaac Asimov - Retour de Bifrost 85


"A voté", d’Isaac Asimov, est un court texte à lire en ces temps d’élections américaines.

Ecrit en 1955, alors que les sondages d’opinion avaient déjà prouvé tant leur efficacité que leurs limites et que la publicité politique commençait son œuvre débilitante, elle poussait au bout l’idée de l’échantillon représentatif, cher aux instituts de sondage, et la mixait avec les espoirs et craintes associés à la cybernétique et au développement des ordinateurs. Asimov y imagine un monde à venir (2008 pour info) dans lequel la démocratie a été « améliorée ».

Au lieu de convoquer à intervalles réguliers des dizaines de millions de citoyens pour voter – dans la nouvelle, seul le grand-père se souvient de cette époque et radote dessus dans l’indifférence générale –, les USA s’en remettent à un seul « électeur » dont le profil permettra de désigner les élus idéaux pour toutes les fonctions politiques. Cet électeur, qui change chaque année et représente à lui seul l’américain-type, est désigné par l’ordinateur central Multivac (qui gère les élections ainsi que bien d’autres choses), grande responsabilité qui donne lieu à une grande excitation citoyenne.

On y voit le fantasme fifties de l’ordinateur central tentaculaire et les inquiétudes légitimes devant les dérives en gestation de la démocratie élective – en 2007, Idiocracy avait moqué ces dérives, Trump et consorts les incarnent aujourd’hui.
On y voit aussi l’attrition extrême d’un corps électoral ramené à un « électeur », qui interroge nos temps d’abstention massive et/ou de populisme affirmé dans ce que les politologues nomment la politique post-vérité.

Intéressant bien que peu réaliste, le texte néanmoins est de qualité très moyenne. Jouant sur le mystère que présente ce mécanisme électoral pour le lecteur, il ne contient que peu d’intensité dramatique et met en scène un personnage falot que sa « responsabilité » émeut in fine.

A voté, Isaac Asimov

Commentaires

Efelle a dit…
Lu dans un des nombreux recueils disponibles en poche, pas sa meilleure nouvelle en effet.
Gromovar a dit…
Tous les textes ne vieillissent pas bien.
Alterran a dit…
Je ne connaissais pas ce texte en en ayant pourtant lu un certain nombre d'Asimov. Je note tout de même
Gromovar a dit…
Pas de grande urgence pour ce texte-ci.
TmbM a dit…
C'est sûr que c'est assez anecdotique dans son oeuvre mais j'ai trouvé intéressant de s'interroger sur la dérive des instituts de sondage et à l’évolution des études de l’opinion.
Gromovar a dit…
C'était sûrement plus percutant quand c'est sorti.