No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Liu Cixin et Dale Bailey dans Bifrost


Dans Bifrost 87, il y a deux histoires belles et tristes à la fois.

"Avec ses yeux", de Liu Cixin, est une histoire aussi old-school et naïve que poignante. On y voit un touriste terrien servir de regard terrestre à une astronaute à qui il offre la vision de la Terre qu'elle n'a pas là où elle est. Mais les choses ne sont pas ce qu'elles semblent...et l'astronaute lointaine reconnectera son hôte d'un instant aux beautés de la vie.

"La fin de la fin de tout", de Dale Bailey, est une histoire d'apocalypse en marche. Alors que la "ruine" avance et flétrit tout sur son passage, quelques riches artistes - et un couple invité - se réunissent dans leurs luxueuses villas pour s'étourdir d'excès et choisir l'instant de leur mort.
Aussi loin du très sage On the beach, de Shute, qu'on puisse l'imaginer, "La fin de la fin de tout" illustre l'anomie qui saisit des êtres qui savent que rien ne les sauvera. A la toute fin, beaucoup d'amour et un peu de discipline permettront à certains de rester humains. Intégration et régulation contre le suicide ; un texte en tension, étonnamment durkheimien.

Avec ses yeux, Liu Cixin
La fin de la fin de tout, Dale Bailey

Commentaires

Yesss ! Content que le Bailey t'ait plu. ;)
Gromovar a dit…
Super texte :)