Beneath the Trees Where Nobody Sees - Horvath

Woodbrook est une charmante petite ville de l’Amérique rurale. Les gens y sont bienveillants. Ils s’entraident. Ils vivent et travaillent ensemble en bonne intelligence. Dessinée en images enfantines (avec même une voix off écrite sur des fragments de cahier d’écolier) , peinte en couleurs pastels, Woodbrook nous est présentée par Samantha, l’ourse qui tient le magasin de bricolage et compte parmi les piliers de la communauté.  A Woodbrook, la vie est paisible, tout le monde se connaît, on n’y ferme pas sa porte tant la délinquance y est minuscule – sache, lecteur, qu’on n’y a noté aucun meurtre depuis quarante ans. Et voilà qu’un crime atroce est commis et mis en scène lors de la parade qui célèbre les deux cent ans de la ville. C’est toute la bourgade qui est bouleversée par cet acte impensable. Beneath the Trees Where Nobody Sees est un album de Patrick Horvath, lettré par Hassan Otsmane-Elhaou. Prenant son lecteur à contre-pied, il présente un petit paradis rural qu’il plonge ...

Liu Cixin et Dale Bailey dans Bifrost


Dans Bifrost 87, il y a deux histoires belles et tristes à la fois.

"Avec ses yeux", de Liu Cixin, est une histoire aussi old-school et naïve que poignante. On y voit un touriste terrien servir de regard terrestre à une astronaute à qui il offre la vision de la Terre qu'elle n'a pas là où elle est. Mais les choses ne sont pas ce qu'elles semblent...et l'astronaute lointaine reconnectera son hôte d'un instant aux beautés de la vie.

"La fin de la fin de tout", de Dale Bailey, est une histoire d'apocalypse en marche. Alors que la "ruine" avance et flétrit tout sur son passage, quelques riches artistes - et un couple invité - se réunissent dans leurs luxueuses villas pour s'étourdir d'excès et choisir l'instant de leur mort.
Aussi loin du très sage On the beach, de Shute, qu'on puisse l'imaginer, "La fin de la fin de tout" illustre l'anomie qui saisit des êtres qui savent que rien ne les sauvera. A la toute fin, beaucoup d'amour et un peu de discipline permettront à certains de rester humains. Intégration et régulation contre le suicide ; un texte en tension, étonnamment durkheimien.

Avec ses yeux, Liu Cixin
La fin de la fin de tout, Dale Bailey

Commentaires

Yesss ! Content que le Bailey t'ait plu. ;)
Gromovar a dit…
Super texte :)