Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Liu Cixin et Dale Bailey dans Bifrost


Dans Bifrost 87, il y a deux histoires belles et tristes à la fois.

"Avec ses yeux", de Liu Cixin, est une histoire aussi old-school et naïve que poignante. On y voit un touriste terrien servir de regard terrestre à une astronaute à qui il offre la vision de la Terre qu'elle n'a pas là où elle est. Mais les choses ne sont pas ce qu'elles semblent...et l'astronaute lointaine reconnectera son hôte d'un instant aux beautés de la vie.

"La fin de la fin de tout", de Dale Bailey, est une histoire d'apocalypse en marche. Alors que la "ruine" avance et flétrit tout sur son passage, quelques riches artistes - et un couple invité - se réunissent dans leurs luxueuses villas pour s'étourdir d'excès et choisir l'instant de leur mort.
Aussi loin du très sage On the beach, de Shute, qu'on puisse l'imaginer, "La fin de la fin de tout" illustre l'anomie qui saisit des êtres qui savent que rien ne les sauvera. A la toute fin, beaucoup d'amour et un peu de discipline permettront à certains de rester humains. Intégration et régulation contre le suicide ; un texte en tension, étonnamment durkheimien.

Avec ses yeux, Liu Cixin
La fin de la fin de tout, Dale Bailey

Commentaires

Yesss ! Content que le Bailey t'ait plu. ;)
Gromovar a dit…
Super texte :)