Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Vision T2 - King - Hernandez Walta - Dur


Suite et fin de la mini série Vision. Une belle réussite sur une idée casse-gueule.

Après les événements du tome 1, la situation de la « famille Vision » ne cesse de se dégrader. La pure logique informatique ne permet pas de résoudre les problèmes qui se posent à elle, et, hélas pour elle, la « famille » n'a rien d'autre sous la main. Il ne suffit pas d'être humanoïde pour être humain ; ils l'apprennent à la dure.
En dépit du rêve de normalité de Vision, en dépit même de sa frénésie criminelle de responsabilité familiale, il est presque impossible de vivre comme des humains lorsqu'on n'en est pas. Impossible aussi d'avoir la vie de Mr et Mme Smith quand on est un Vengeur et qu'on a « sauvé le monde 37 fois », ou d'être un héros et de dissimuler de terribles secrets. La contradiction interne et la dissonance cognitive ont très vite rattrapé les synthozoïdes qui jouent aux Cunningham.

Alors, la descente aux enfers continue. Implication des Vengeurs, retour de Wanda Maximoff et d'Agatha Harkness, nouvelles victimes collatérales, et nouveau drame dans la famille.
Incapables de faire face, les Visions dysfonctionnent, de plus en plus.

Comment gère-t-on la culpabilité ? Question humaine et très complexe. Mais quand on est synthétique, créé pour singer une humanité inaccessible, elle devient presque insoluble.
Pourquoi construit-on des vases qu'on ne peut remplir ? C'est la question du comic, c'est celle de l'histoire aussi. Presque jusqu'à la fin, la réponse semble être que c'est absurde voire cruel. Mais même un vase vide, un vase qui ne contiendra jamais rien car il en est incapable, peut décider de servir. A autre chose. De plus grand que lui.
Et, dans le comic, deux synthozoïdes prouvent qu'on peut être artificiel et noble à la fois. C'est fin et réussi grâce à une narration tendue à l’extrême, à l'annonce constante du pire à venir, et à quelques trouvailles narrative brillantes telle cette scène où est énuméré en off ce qui aurait pu ou dû être alors que le lecteur a sous les yeux l'échec tragique tant de ce qui fut que de ce qui devait être. On dirait la scène d'Apocalypse Now dans laquelle une cassette audio continue à débiter le message, ironiquement plein d'espoir et de projets, de sa mère à un soldat mort.
Brillant, aucun doute.

Vision t2, A peine plus qu'une bête, King, Hernandez Walta

Commentaires

Xapur a dit…
Je le note, pourtant a priori la série ne m'intéressait pas.
Gromovar a dit…
Je ne voudrais pas te faire faire de connerie mais je crois que tu pourrais y jeter un oeil. Biblio ?