L'Oiseau qui boit des larmes - Lee Young-Do

L’Oiseau qui boit des larmes (tome 1, Le Cœur des Nagas) est un roman de Lee Young-Do, premier tome d’une tétralogie de fantasy. Son auteur serait « Le Tolkien coréen » si l’on en croit le sticker apposé sur la couverture. Diable ! Qu’en est-il ? Le monde imaginé par Lee Young-Do est divisé en deux par une Ligne imaginaire. Au sud de celle-ci vivent les Nagas. Ils s’y sont installés non sans violence dans un lointain passé. Au nord on trouve les autres « humains », qu’ils soient Standards, Rekkons, ou Tokkebis. Les Nagas sont petits. Ils ont le corps couvert d’écailles. Ils entendent mal, ce qui fait qu’ils parlent beaucoup moins qu’ils ne nilhent (une forme de communication par la pensée) . Ils voient en revanche très bien, notamment les différences de température. Ils vivent dans une société matriarcale, sous la domination de matrones qui traitent les mâles comme un cheptel reproducteur – à l’exception des Protecteurs qui ont épousé la déesse et la servent dans un...

Mice Templar TPB 5 - Glass Oeming - Apothéose


Mice Templar, suite et fin. Et quelle fin !
Fin de trois ans de lecture pour moi, pour une série qui s'est étalée sur sept années de publication et 39 épisodes tous chargés jusqu'à la gueule d'un souffle rarement égalé dans le monde des comics, à fortiori animaliers.

Et cette fin est grandiose. Héroïque, larger than life, Karic mène l'ultime assaut contre Dealrach Ard-Vale, la capitale du roi-fou Icarus le bien nommé, à la tête des Templiers rassemblés derrière sa bannière. Tout ce que son monde compte de combattants le suit, alors que, dans la ville même, la résistance interne se soulève. Avec un tel casting, de tels combats, une telle démesure (exprimée dans les planches), une telle conclusion, on est dans de la fantasy de haut vol qui rappelle, pour décentrer la comparaison, autant The Longest Day que La Chute.

On court, on vole, sur les traces des assaillants, on tremble avec les civils – éternelles victimes – pris au piège des combats, on voit le courage et l'abnégation des libérateurs, la folie de la Cour royale, la vilénie irrépressible du traître éternel Pilot, les hauts faits d'armes, les exploits individuels, le sacrifice de ceux qui tombent au combat et la tristesse de leurs compagnons d'armes, les retrouvailles des familles ou des amis trop longtemps séparés.
On assiste avec plaisir à l'échec d'un plan de domination très ancien.
On voit une ville et un monde libérés à la fois d'un tyran et d'une ancienne malédiction entrer dans un ère nouvelle et plus libre, qu'il faudra s'efforcer de rendre meilleure que celle qui l'a précédée.

Comme Bendis qui préface, je ne suis habituellement guère fan de l’humanisation des animaux. Et pourtant, comme Bendis, je suis séduit, subjugué même. Car ici les animaux humanisés sont aussi et d'abord des animaux, et que donc ici le fait sert le récit. C'est à la libération des plus petits, brimés par ceux qui les dominent physiquement et manipulés par ceux qui leur ressemblent trop pour être honnêtes, qu'on assiste. Le héros aux mille et un visages s'actualise dans une toute petite souris prête à tous les sacrifices pour libérer les siens, et son armée est une armée d'êtres aussi petits que lui qui s'élèvent par leur bravoure et leur noblesse très au-dessus de leur piètre condition physique.

Quelle ampleur dans le récit ! Quels personnages (si nombreux et si finement ciselés) ! Quelle force dans le dessin ! Quelle superbe réinvention des grands mythes humains !
C'est un travail impressionnant qu'ont réalisé les auteurs Glass, Oeming, Santos, Guerra, et les autres. Qu’attendent les éditeurs comics français pour relancer cette saga (Milady l'avait tenté puis abandonné) qui n'a rien à envier aux grands récits mythologiques ?

Mice Templar vol. 5, Night's End, Glass, Oeming, Santos, Guerra

Commentaires

Xapur a dit…
Faut que je m'y mette enfin !

(si tu es d'accord avec Bendis, je suis inquiet par contre, tellement le bonhomme me déçoit régulièrement^^)
Gromovar a dit…
C'est à la fois très classique et superbement écrit.
Et pour Bendis, même une pendule arrêtée donne l'heure juste deux fois par jour.