Something is killing the children t9 - Tynion IV - Dell'Edera

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis mon bref post sur le tome 2 . De l'eau et des tomes puisqu'aujourd'hui nous en sommes à l'opus 9, intitulé All her monsters , qui rappellera par son titre comme par son propos le Demon in a Bottle d'Iron Man. L'histoire principale du début de la série s'est conclue, pour le mieux si l'on peut dire. Au fil de l'eau, entre le 2 et le 9, alors que je flemmardais et ne chroniquais pas, on aura appris bien des choses sur l'organisation à laquelle appartient la chasseuse Erica Slaughter ainsi que sur les monstres qu'elle combat. Depuis deux volumes maintenant, nous explorons son passé, ses jeunes années d'enfant et de chasseuse. Les qualités dites dans la chronique du tome 1 sont toujours présentes. C'est un comic qu'on lit avec l'excitation des plaisirs simples qui régalent sans être gâchés par une simplicité excessive (si tu comprends ce que je veux dire, lecteur, tu es fort) . ...

L'effet Churten - Ursula Le Guin - Harmonie et paix intérieure


"L'effet Churten" est un recueil de nouvelles d'Ursula « Hugo, Nebula, Locus, World Fantasy, Grandmaster of SF, National Book Foundation Medal for Distinguished Contribution to American Letters » Le Guin. Il rassemble trois nouvelles simultanées/consécutives centrées sur l'effet Churten, un phénomène physique largement indescriptible qui rend possible le déplacement instantané à travers l'univers entier.

Je ne tenterai pas ici de décrire l'Ekumen, communauté/mosaïque de peuples et de mondes trouvant son origine dans le monde perdu de Hain. Qu'on sache que l'exploration et l’observation de systèmes sociaux différenciés en sont l'alpha et l'oméga, à travers l'action d'envoyés, les Mobiles de l'Ekumen. « Mosaïque », l'Ekumen n'est pas un empire car le voyage FTL n'y est pas possible, ce qui engendre un déficit temps relativiste très important ; en revanche, la communication instantanée existe à travers un dispositif appelé Ansible.
Mais avec le Churten, tout change. Le voyage instantané devient une possibilité, sous contraintes.

L'histoire des Shobbies raconte le premier voyage Churten d'un équipage de dix personnes. On y voit clairement les problèmes posés par cette nouvelle technique. L'harmonie étant indispensable à la réussite du voyage, il est indispensable de beaucoup communiquer pour synchroniser les perceptions des voyageurs afin de créer une réalité partagée qui deviendra celle de leur voyage. Sinon, ce n'est que chaos.

La danse de Ganam est plus longue. Elle décrit le voyage de quatre personnes seulement – qui ont pris soin de s'harmoniser – vers Ganam. On y constate comment une différence de perception entre les voyageurs en conduit certains à mécomprendre la société dans laquelle ils sont arrivés, avec des conséquences dramatiques pour l'un d'entre eux. Il ne suffit pas de se déplacer jusque chez l'autre pour réaliser un détour anthropologique, encore faut-il ne pas plaquer sur lui ses propres catégories analytiques.

Enfin arrive le gros morceau et le texte majeur, Le Pêcheur de la mer intérieure. Beau, émouvant, superbement écrit, il raconte l'histoire d'un des chercheurs qui mettent au point le Churten, un homme qui abandonne une vie paisible et pastorale pour poursuivre un rêve de découverte et de savoir. On y observe une société de mariages-quartes qui équilibrent passion et raison. On y voit un homme avoir une seconde chance et la saisir.

Pour ceux qui ne connaissent pas Le Guin, c'est une bonne introduction. Ceux qui la connaissent retrouveront ici son intérêt pour l'humain et ses modes d’organisation. Ils retrouveront aussi son style riche, imagé, et poétique, dès qu'il s'agit de décrire un monde ou des hommes. Ils retrouveront enfin ce que j'aime moins chez elle, à savoir ces passages parfois pontifiants et verbeux qui sont comme des grumeaux dans une belle crème.

Le bilan est néanmoins très positif, même si je ne peux que conseiller de se tourner ensuite vers le cycle de Terremer où la poésie de l'auteur s'exprime magnifiquement.

L'effet Churten, Ursula Le Guin

Commentaires

Vert a dit…
Je les avais lu dans un ancien recueil (qui s'intitulait Pêcheur de la mer intérieure justement, titre plus vendeur à mon goût), j'en garde un bon souvenir (quoique confus). La troisième est la plus touchante et la plus aisée à suivre de mémoire.
Gromovar a dit…
Assez d'accord pour le titre. Et aussi pour la trois (y compris pour ce qui est d'être plus aisée à suivre).
Xapur a dit…
Je viens de le finir. La troisième histoire est en effet, et de loin, la meilleure et justifie l'achat de ce petit recueil.