Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Folding Beijing - Hao Jingfang - Inversion de la courbe


"Folding Beijing" est une novelette de Hao Jingfang, lauréate du Hugo 2016 de la meilleure novelette. Après Liu Cixin l’an dernier, lui aussi traduit par Ken Liu, c’est cette fois une femme chinoise qui obtient un Hugo ; signe d’ouverture et signe tout court.

Futur. La ville de Beijing est divisée en trois, spatialement et temporellement. Les 5 millions de privilégiés de Space One disposent de la ville un jour sur deux. Les 25 millions de Space Two et les 50 millions de Space Three en disposent l’autre jour ; 16 heures de jour pour les Two et 8 heures de nuit pour Three. D’une zone temporelle à la suivante, les bâtiments se replient et s’enterrent, avec leurs occupants en sommeil induit jusqu’au cycle suivant. Lors du passage d’1 à 2 la ville se retourne comme une pièce qui passe de pile à face, la ségrégation est spatiale ; de 2 à 3 en revanche seuls les bâtiments changent, ce qui impose de partager le temps. On comprend bien où il vaut mieux vivre ; on comprend aussi que le passage d’un espace à l’autre soit très strictement réglementé.

C’est dans cette ville qui a poussé au pinacle la ségrégation sociale que vit et travaille, au centre de traitements des déchets, le cinquantenaire Lao Dao. Pauvre comme ses 50 millions de voisins de Space Three, Lao Dao saute un repas par jour pour pouvoir payer l’école à la petite fille qu’il a recueillie. Alors quand le hasard lui fait rencontrer un jeune amoureux de 2 qui lui propose une forte somme pour porter un message à sa bien aimée en 1, Lao Dao n’hésite pas, en dépit du danger.

En 1, Lao Dao voit pour la première fois le soleil sur sa ville, découvre un mode de vie, un espace, et une aisance matérielle inimaginables chez lui, apprend que la distance sociale fait les amours impossibles, et comprend que la fragmentation de la ville est moins une réponse à la surpopulation qu’une tentative pragmatique à la chinoise de régler la question du chômage dans un monde où la productivité croit plus vite que la demande. Il finira par rentrer dans son monde, plus riche et moins ignorant.

On peut voir un texte politique ou social dans cette charmante nouvelle. On peut y voir l’indifférente supériorité des privilégiés – la scène de l’interruption provoquée du retournement est éclairante – pour qui les pauvres de 3 ne sont guère plus que des fourmis industrieuses qu’on protège autant qu’on les laisse dans un inconfort bien suffisant pour elles.
On peut aussi la lire comme un conte des Mille et Une Nuits. On y trouve un pauvre généreux et bon qui fait un voyage vers un pays merveilleux où son ingéniosité l’enrichit, un couple d’amants dissimulé à la vue d’un mari puissant, deux vieillards qui apportent aide et connaissance, une acceptation de l’ordre des choses qui sont ce qu’elles sont sans qu’il soit utile d’en discuter. Dans les deux cas, c’est une très jolie histoire.

Folding Beijing, Hao Jingfang

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : The City and the City ?
Gromovar a dit…
Pas de simultanéité. On peut y penser mais c'est vraiment différent.