La Route de Roswell - Connie Willis

Francie (un prénom aussi vieillot et nostalgique que sa porteuse) est une jeune célibataire invitée au mariage de son ex-colocataire de fac devenue sa meilleure amie, Serena. Ce n’est pas la première fois que cette dernière s’amourache avec un gars bizarre au point de vouloir convoler, mais celle-ci est peut-être la bonne. Serena va épouser Russell, un ufologue patenté, ce qui explique que la cérémonie soit prévue à Roswell , capitale mondiale des cinglés de tous poils depuis le fameux crash de 1947. C’est donc dans cette ville du Nouveau-Mexique que Francie débarque. A peine le temps de croiser un ou deux illuminés que Francie est enlevée par un alien en allant chercher des guirlandes dans la voiture de Serena ; un alien qui, loin de ressembler aux petits gris de légende, a plutôt l’air d’un virevoltant muni d’une foultitude de tentacules aussi rapides que précis, des tentacules à l’aide desquels il enserre la jeune femme et l’empêche de fuir. La créature, qui ne s’exprime que par p...

Arkham Asylum - Morrison McKean - McKean what else ?


En 1989, le scénariste Grant Morrisson créait avec le graphiste Dave McKean un one-shot de Batman intitulé "Arkham Asylum" (Arkham ! No comment !). L’album fut publié par la suite en France sous les titres « Les fous d’Arkham » ou « L’asile d’Arkham ».

Donnant à Batman une nouvelle image, explorant une facette nouvelle du héros en décalant son angle de vision, Morrisson tourne le dos à la lecture sombre et très violente, voire psychotique, qu’en donnait Miller. Morrisson, lui, insiste sur les fêlures de Batman, sur son rapport exclusif à sa mère assassinée, sur la peur de sa propre folie qui l’habite à juste titre et qu’il ne maitrise qu’au prix d’une douloureuse discipline.

Récit. L’asile d’Arkham (du nom de son fondateur ; le bâtiment est à Gotham comme il se doit) abrite les plus dangereux malades de l’univers Batman. Problème : ils viennent de prendre le contrôle du lieu. Joker menaçant de torturer les otages, Batman accède à son injonction de se rendre dans l’asile. Forcé d’entrer dans le jeu de chat et de souris imaginé par son archi-ennemi, Batman plonge dans les fractures de sa raison et paradoxalement finit par y puiser la force de vaincre ses adversaires. Parallèlement, Morrison raconte l’histoire de l’asile - maison folle autant que maison des fous - et de son fondateur au destin tragique, les deux étant absolument liés.
Unis dans l’asile, Batman et ses ennemis les plus célèbres s’offrent leurs fêlures en miroir, même si l’option prise par Morrisson de faire du Joker un surréactif à la démence pure de l’information mondialisée en société violente conduit à se demander où est vraiment la folie et où sont vraiment les fous. Peut-être pas entre les murs de l’asile.

Au-delà d’un récit clair (en dépit de sa réputation) mais inaccessible imho à un novice, c’est le dessin de McKean qui impressionne et fait la qualité d’une histoire qui, sinon, prendrait sans doute plus mal. McKean, le génial dessinateur associé à Gaiman sur tant d’œuvres (parmi lesquelles Sandman, Signal to Noise, Violent Cases, The Tragical Comedy or Comical Tragedy of Mr. Punch, tous chroniqués dans l'excellent Bifrost 82 ; Gaiman intervient d’ailleurs - très à la marge - dans le comic) et qui avait déjà investi l’univers DC avec son acolyte en dessinant la minisérie Black Orchid. Dans un style qui mêle un nombre incroyable de techniques (collages, photos, projections, frottages, etc.), McKean donne une personnalité à l’histoire, installant une ambiance sombre et onirique qui sert à merveille un récit introspectif et torturé. On notera que, comme dans Sandman, chaque personnage a sa typo et sa couleur sur les bulles de dialogue, une couleur et une typo adaptées à la personnalité du locuteur. Du beau boulot.
Si McKean arrête là, Gaiman viendra lui-même à Batman en 2009 avec Batman: Whatever Happened to the Caped Crusader ? dont je trouve qu’il répond à Arkham Asylum, interrogeant le rapport de Batman à sa mère et la besoin impérieux de ne jamais abandonner.

Un bon comic donc, à ne pas mettre entre toutes les mains, qui posait de manière explosive une base sur laquelle Morrison allait lancer par la suite son run Batman Gothic sombre encore mais plus conventionnel.
A noter que l’édition 25th anniversary de DC offre le script intégral commenté. Très intéressant.

Arkham Asylum, Morrison, McKean 

L'avis de Xapur

Commentaires

Efelle a dit…
Voilà qui donne envie... :)
Gromovar a dit…
C'est pas cher, ça se tente.
Xapur a dit…
Lu en VF et bien apprécié pour ma part.
Gromovar a dit…
Bien appréciable en effet.
Vert a dit…
Je crois que j'ai rien pigé quand je l'ai lu celui-là, faudra que je retente vu que je n'en ai plus aucun souvenir. En même temps c'est du McKean, rien que les images valent le coup !
Gromovar a dit…
Fallait comprendre quelque chose ?