De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Providence 2 - Moore, Burrows - Mouaip


Sortie du tome 2 de Providence, la réinterprétation de l’œuvre de Lovecraft par Alan Moore. Cet album regroupe les tome 5 à 8, et il permet sans doute de répondre à la question du tome 1 sur le caractère convaincant ou non de la série en tant que telle. La réponse maintenant est plutôt Non.

Le voyage de Robert Black dans les lieux de la géographie lovecraftienne continue. Suivant toujours la piste des cultes et des livres mystérieux des USA, Black visite les villes de Manchester et de Boston. Il y vit de sombres aventures qui mettent sa raison à rude épreuve.

La visite guidée du mythe se poursuit, tant pour le lecteur que pour Black qui se rapprochent tout deux de Lovecraft jusqu'à finir par le rencontrer vraiment dans la partie 8. Pour en arriver là et pouvoir lui dire l'admiration qu'il inspire, ils auront tous deux parcouru des versions déformées de nombreuses nouvelles du Mythe. On attrape donc, en lisant, des fragments plus ou moins explicites de Rêves dans la maison de la sorcière (décidément !), de La couleur tombée du ciel, de L'Abomination de Dunwich, de Herbert West, réanimateur, de Dans l'abîme du temps, etc...; et très explicites (la partie la plus réussie sûrement) de La chose sur le seuil.
On croise aussi les ascendants de Lovecraft, ainsi que le peintre (ici photographe) Pickman et le rêveur professionnel Randolph Carter qui invite à descendre les 700 marches vers le monde du rêve, des goules conviviales, des chats (d'Ulthar ?), des maigres bêtes de la nuit. Et on voit la face terrible sur le mont Ngranek.
D'époque mais hors mythe, on est témoins des émeutes de Boston et on entend parler du désastre de la mélasse.

Si Black en métaphore du lecteur fait le job, il n'en reste pas moins que le tout fait visite de musée pour les aficionados, sera incompris par des néophytes qui ne verront pas les références, sans oublier que le fort élément sexuel (et homosexuel) fait incongru dans cette histoire. Pièce rapportée sans grande nécessité.
Enfin, la seconde moitié du volume est très (trop !!!) verbeuse, hermétique au point de n'avoir guère de sens utilisable.

Je ne sais pas s'il y aura un troisième volume. Je ne sais pas si j'ai envie de le savoir.

Providence, t2, L'abîme du temps, Moore, Burrows

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