L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Les enfants qui mentent... Nicolas Rey

On le sait ou pas, environ une fois par an je me laisse convaincre de lire un peu de blanche française. Je reviens toujours éprouvé de cette aventure.

145 pages écrites très gros et très aéré pour 14,50€, soit 10 cents la page. Vous qui fréquentez ce blog savez que je ne juge jamais un livre au rapport pages/prix, ce serait grotesque. Ni à un tout aussi stupide rapport temps/prix qui mettrait ce livre à un peu flatteur 14,50€ de l’heure. Non. Ce qui compte dans un livre, c’est sa qualité, son apport intellectuel, stylistique, émotionnel. Problème ici : il n’y a pas lourd, et pas que sur la balance.

Dans "Les enfants qui mentent n’iront pas au paradis", Nicolas Rey raconte l’histoire de Gabriel, un quarantenaire tendance gauche bobo parisienne qui vient de se faire larguer par sa copine Justine qui espère ainsi « sauver sa peau ». Ils ont vaguement un enfant, Hippolyte, dont la maitresse (comme ce mot à double sens est subtil), prénommée Catherine, est militante du terrible Parti National, un avatar du FN sans risque de copyright. Tout l’être de cet homme du camp du bien se révolte à l’idée de frayer avec une telle engeance, mais si l’esprit est fort la chair est faible, et la sexualité débridée autant qu’impérialiste de Catherine va capturer le cœur et l’âme de Gabriel. Sans jamais se renier complètement, il finira par céder absolument à la séduction du côté obscur qu’incarne Catherine. Le cerveau cède aux entrailles. La raison à la matérialité. C’est beau comme un pamphlet cathare.

A quoi sert ce livre ? A illustrer par la fable le dazibao culte de Lindenberg ? A avertir le bobo parisien du risque mortel qu’il prend à approcher le Malin ? Si c’est le cas, c’est réussi. Brièveté et morale camouflée (et oui, Catherine est dans le déguisement, et c’est dans le déguisement qu’on se révèle, ça aussi c’est subtil) sont caractéristiques du genre. Ca ne peut convaincre qu’un convaincu mais ça peut au moins procurer une petite soirée de plaisir à un Lindenbergolâtre.
Pour ce qui est de la littérature, quel néant. Personnages caricaturaux et statiques, ou à clef ce qui revient au même, situations outrées jusqu’au ridicule, enfilade d’affirmations définitives dont la grandiloquence boursouflée fait rire. On se croirait dans une micro salle du 5ème en train d’assister à la projection d’un film français dont les Cahiers auraient fait l’éloge. Quand au coup des toxiques « vipères lubriques », on ne me l’avait plus fait depuis le temps heureux du Grand Timonier. J'ignore si le but était de rendre la monnaie de sa pièce au Soumission de Houellebecq, mais si c'est le cas, il est clair que les deux ne boxent pas dans la même catégorie.

Les enfants qui mentent n’iront pas au paradis, Nicolas Rey

Commentaires

Efelle a dit…
Quitte à lire de la blanche, lances toi dans Confiteor, rundtudieu ! MENFIN !

http://efelle.canalblog.com/archives/2014/08/05/30363350.html
Gromovar a dit…
Tu as raison, je sais. Mais c'est long Confiteor. Je le lirai à la retraite je crois ;)
Efelle a dit…
Tu me fera un confiteor en signe de pénitence
Lurker - Above a dit…
Je comprends, mais Volodine, n'est-ce pas de la blanche, et de la française ? Ce n'est pas de la mauvaise came cependant...
Gromovar a dit…
Ben, non, pas de la blanche justement.