A Violent Masterpiece - Jordan Harper

Los Angeles, aujourd’hui. Jake est un ancien chroniqueur de la nuit people reconverti en streamer trash. Nuit après nuit, il parcourt les rues de LA dans sa voiture pour filmer les braquages, meurtres et fusillades que détecte son scanner de police. Il vit de dons en commentaires et d’abonnements pour ses produits les plus trash. Quand son ancienne boss du site Truth or Dare lui propose ce qui ressemble fortement à du stalking de personnalités en vue de chantage, il accepte. Le salaire est convaincant. Doug est un avocat public. Il défend surtout des déshérités qu’un système bien plus fort qu’eux et une justice américaine qui est plus un match entre accusation et défense qu’une recherche de la vérité met en péril dès l’incrimination. Pour ses clients, Doug est « le couteau qu’ils amènent à la fusillade » . Il se trouve, presque par hasard, à défendre, pour une audience de libération sous caution, Eric Algar, un riche producteur accusé de pédophilie qui, étonnamment, a catégor...

Overtime de Stross : S'ennuyer avec Bob Howard

"Overtime" est une novellette (et oui...) de Charles Stross située dans l’univers de la Laverie. On y retrouve Bob Howard, le héros récurrent de la série, toujours employé du service britannique ultra-secret dont la mission est d’empêcher le retour sur Terre des entités aussi visqueuses que glougloutantes dans les ténèbres qui rodent derrière le mur de la réalité. Utilisant l’informatique pour manipuler les mathématiques complexes qui régissent les dimensions, les agents de la Laverie luttent jour après jour, et dans l’ombre, non seulement contre les êtres malveillants qui voudraient mettre fin à notre monde, mais aussi, et au moins autant, contre les rigidités d’une bureaucratie tatillonne et les rigueurs des restrictions budgétaires. Le tout est en général plutôt drôle, entre Lovecraft et Brazil.

Ici, Bob Howard est de corvée de Noël. Il doit assurer quelques temps une permanence dans les locaux de la Laverie, comme Officier de nuit, pendant que ses collègues, pot de Noël passé, seront en congés de fin d’année. Evidemment, rien ne se passera comme prévu, et Bob devra régler un problème d’infestation cabalistique dont la première manifestation prendra la forme de photocopies graveleuses. Et oui…

Stross signe ici un pastiche explicite du Christmas Carol de Dickens. On se souvient que l’avare solitaire Scrooge (on n’oublie pas que c’est le nom de Picsou en VO) y était visité par trois esprits : l’esprit des Noëls passés, l’esprit des Noëls présents, l’esprit des Noëls à venir. Bob, lui, rencontre au cœur d’une boucle temporelle celui qu’il nomme « l’esprit des Noëls rendus fictionnels par un paradoxe temporel ».

Problème : c’est très long à démarrer (rien d’intéressant avant les photocopies des culs des fêtards et des autres), ce n’est jamais vraiment drôle, et on s’ennuie finalement pas mal.
L’équilibre Lovecraft/Brazil semble ici perdu. Le centre de gravité du récit est parti vers le bureaucratique et ses vicissitudes. Nul doute que pour rire vraiment, il faudrait avoir travaillé à Scotland Yard ou à la BBC. Ce n’est, hélas, pas mon cas. Ou avoir connu l’IUFM, mais pour une satire de ce lieu kafkaïen il vaut mieux lire Festins secrets de Pierre Jourde.

L’avis, plus positif, d’Anudar

Overtime, Charles Stross

Commentaires

Anudar a dit…
Etant un fan absolu de la Laverie je ne pouvais pas ne pas être enthousiasme. Mais, oui, je reconnais à la réflexion que cette courte histoire est moins passionnante que les autres dans la série...

Merci pour le lien en tout cas :)
Gromovar a dit…
J'ai cherché désespérément un signe d'enthousiasme dans ta chronique ;)
shaya a dit…
Bizarrement le résumé de la nouvelle me donne pourtant très envie de la lire. Il est difficile à lire Stross en VO ?
Gromovar a dit…
Pas très difficile sauf quand il fait de longues phrases alambiquées pour faire pince sans rire.