The Blacktongue Thief - Christopher Buehlman

Kinch Na Shannack appartient à la Takers Guild , nom officiel de la Guilde des Voleurs. Comme la plupart de ses confrères et consœurs, il est endetté envers l’organisation en contrepartie de la formation qu’il a reçue. Une dette qu’il doit payer, sous peine de mort à plus ou moins brève échéance. Voilà pourquoi, quand une mission lui est confiée, il s’exécute sans discuter – alors même qu’il ne connaît pas la nature exacte de la tâche qu’on attend de lui. Tout ce qu’on lui a ordonné, c’est d’accompagner une femme chevalier en route pour Oustrim, un royaume situé à l’autre bout de la carte, qui vient d’être envahi par une armée de géants. Compétent dans le crochetage, le combat au couteau, l’escalade de murs, l’art d’amortir ses chutes, le tissage de mensonges, la fabrication de pièges, et capable de lancer quelques petits sortilèges, Kinch est un voleur doué et efficace. La femme qu’il doit convaincre d’accepter sa compagnie se nomme Galva, et c’est une combattante redoutable. Si The B...

J'ai tué François-Ferdinand : Au secours !

Le 28 juin 1914, un jeune exalté serbe, Gavrilo Princip, assassine l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie. Son geste est la goutte d’eau qui fait déborder le vase bien plein des nationalismes et des alliances européennes. D’ultimatums en négociations fallacieuses il conduira au déclenchement de la Grande Guerre. La poudre était certes déjà là et Princip, un rien-du-tout, n’y était pour rien, mais le jeune serbe restera néanmoins pour l’éternité celui qui alluma la mèche.

"J’ai tué François-Ferdinand" est censé montrer en 56 pages de BD l’enchainement des évènements qui conduisirent à l’assassinat du l’archiduc et de sa morganatique épouse (ça joue un rôle dans l’affaire, qu’évidemment on ne voit pas dans ce très mauvais quoique joli album) lors de leur visite officielle à Sarajevo. Et bien c’est raté, complètement raté.

La seule chose que fait bien l’album, c’est montrer le cheminement physique de Princip vers l’attentat, une sorte de road-movie bosniaque sous les frondaisons, durant lequel on voit bien que tout un réseau s’est mobilisé pour acheminer les apprentis terroristes.

Tout le reste est défaillant. On ne voit pas qui est François-Ferdinand, quel est le statut de sa femme, pourquoi la date de Kosovo Polje (revenue dans la verbalisation des névrosés serbes il y a peu d’années) est si importante, on ne comprend pas quelle est l’organisation politique de l’empire, ni quelles sont les revendications précises des uns et des autres. On ne voit pas vraiment quel est le rôle joué par la Main Noire (dont l'autre nom : L'Union ou la Mort devient dans la BD Union ou la Mort ce qui sonne très mal en plus d'être erroné), ni comment les défauts de sécurité ou d’organisation de la visite aussi bien avant qu'après l’attentat facilitèrent la mise à mort du prince. On ne s’attache jamais à des personnages qui ne sont absolument pas développés, marionnettes condamnées à jouer un rôle qu’elles n’auraient pas écrit ; c’est à un tel point que des personnages apparaissent vers la fin sans qu’on les aient vu arriver, que Danilo Ilic, l’un des principaux protagonistes de l’affaire et celui par qui tout sera dévoilé, apparaît à un moment comme tombé du ciel, etc… En revanche on passe du temps à décrire des rencontres sans conséquence ou à faire de l’humour bidon sur l’un des personnages, Nedeljko Čabrinović, surnommé ad nauseam Kreten.

Abrégeons : quelqu’un qui comme moi connait bien le sujet n’apprendra rien et sera passablement énervé de voir à quel point il a été survolé, quelqu’un qui n’y connait rien n’y comprendra vraisemblablement pas grand chose. Sinon, c’est joliment dessiné.

J’ai tué François-Ferdinand, Le Galli, Héloret

Commentaires

Dionysos a dit…
Beaucoup de séries à concept de chez Glénat me font le même effet : j'adore l'idée, j'adore parler de ces sujets, mais dès qu'on s'y connaît un peu, on n'est déjà plus le public visé (les biographies en plusieurs tomes de Saint-Louis, Napoléon, etc. sont du même acabit)... seule la collection Explora a su me tenir en haleine un petit peu (même si je préfère les premiers tomes).
Gromovar a dit…
Oui. Je crois que c'est le concept même de ce type de série qui est foireux.