Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

J'ai tué François-Ferdinand : Au secours !

Le 28 juin 1914, un jeune exalté serbe, Gavrilo Princip, assassine l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie. Son geste est la goutte d’eau qui fait déborder le vase bien plein des nationalismes et des alliances européennes. D’ultimatums en négociations fallacieuses il conduira au déclenchement de la Grande Guerre. La poudre était certes déjà là et Princip, un rien-du-tout, n’y était pour rien, mais le jeune serbe restera néanmoins pour l’éternité celui qui alluma la mèche.

"J’ai tué François-Ferdinand" est censé montrer en 56 pages de BD l’enchainement des évènements qui conduisirent à l’assassinat du l’archiduc et de sa morganatique épouse (ça joue un rôle dans l’affaire, qu’évidemment on ne voit pas dans ce très mauvais quoique joli album) lors de leur visite officielle à Sarajevo. Et bien c’est raté, complètement raté.

La seule chose que fait bien l’album, c’est montrer le cheminement physique de Princip vers l’attentat, une sorte de road-movie bosniaque sous les frondaisons, durant lequel on voit bien que tout un réseau s’est mobilisé pour acheminer les apprentis terroristes.

Tout le reste est défaillant. On ne voit pas qui est François-Ferdinand, quel est le statut de sa femme, pourquoi la date de Kosovo Polje (revenue dans la verbalisation des névrosés serbes il y a peu d’années) est si importante, on ne comprend pas quelle est l’organisation politique de l’empire, ni quelles sont les revendications précises des uns et des autres. On ne voit pas vraiment quel est le rôle joué par la Main Noire (dont l'autre nom : L'Union ou la Mort devient dans la BD Union ou la Mort ce qui sonne très mal en plus d'être erroné), ni comment les défauts de sécurité ou d’organisation de la visite aussi bien avant qu'après l’attentat facilitèrent la mise à mort du prince. On ne s’attache jamais à des personnages qui ne sont absolument pas développés, marionnettes condamnées à jouer un rôle qu’elles n’auraient pas écrit ; c’est à un tel point que des personnages apparaissent vers la fin sans qu’on les aient vu arriver, que Danilo Ilic, l’un des principaux protagonistes de l’affaire et celui par qui tout sera dévoilé, apparaît à un moment comme tombé du ciel, etc… En revanche on passe du temps à décrire des rencontres sans conséquence ou à faire de l’humour bidon sur l’un des personnages, Nedeljko Čabrinović, surnommé ad nauseam Kreten.

Abrégeons : quelqu’un qui comme moi connait bien le sujet n’apprendra rien et sera passablement énervé de voir à quel point il a été survolé, quelqu’un qui n’y connait rien n’y comprendra vraisemblablement pas grand chose. Sinon, c’est joliment dessiné.

J’ai tué François-Ferdinand, Le Galli, Héloret

Commentaires

Dionysos a dit…
Beaucoup de séries à concept de chez Glénat me font le même effet : j'adore l'idée, j'adore parler de ces sujets, mais dès qu'on s'y connaît un peu, on n'est déjà plus le public visé (les biographies en plusieurs tomes de Saint-Louis, Napoléon, etc. sont du même acabit)... seule la collection Explora a su me tenir en haleine un petit peu (même si je préfère les premiers tomes).
Gromovar a dit…
Oui. Je crois que c'est le concept même de ce type de série qui est foireux.