Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

J'ai tué François-Ferdinand : Au secours !

Le 28 juin 1914, un jeune exalté serbe, Gavrilo Princip, assassine l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie. Son geste est la goutte d’eau qui fait déborder le vase bien plein des nationalismes et des alliances européennes. D’ultimatums en négociations fallacieuses il conduira au déclenchement de la Grande Guerre. La poudre était certes déjà là et Princip, un rien-du-tout, n’y était pour rien, mais le jeune serbe restera néanmoins pour l’éternité celui qui alluma la mèche.

"J’ai tué François-Ferdinand" est censé montrer en 56 pages de BD l’enchainement des évènements qui conduisirent à l’assassinat du l’archiduc et de sa morganatique épouse (ça joue un rôle dans l’affaire, qu’évidemment on ne voit pas dans ce très mauvais quoique joli album) lors de leur visite officielle à Sarajevo. Et bien c’est raté, complètement raté.

La seule chose que fait bien l’album, c’est montrer le cheminement physique de Princip vers l’attentat, une sorte de road-movie bosniaque sous les frondaisons, durant lequel on voit bien que tout un réseau s’est mobilisé pour acheminer les apprentis terroristes.

Tout le reste est défaillant. On ne voit pas qui est François-Ferdinand, quel est le statut de sa femme, pourquoi la date de Kosovo Polje (revenue dans la verbalisation des névrosés serbes il y a peu d’années) est si importante, on ne comprend pas quelle est l’organisation politique de l’empire, ni quelles sont les revendications précises des uns et des autres. On ne voit pas vraiment quel est le rôle joué par la Main Noire (dont l'autre nom : L'Union ou la Mort devient dans la BD Union ou la Mort ce qui sonne très mal en plus d'être erroné), ni comment les défauts de sécurité ou d’organisation de la visite aussi bien avant qu'après l’attentat facilitèrent la mise à mort du prince. On ne s’attache jamais à des personnages qui ne sont absolument pas développés, marionnettes condamnées à jouer un rôle qu’elles n’auraient pas écrit ; c’est à un tel point que des personnages apparaissent vers la fin sans qu’on les aient vu arriver, que Danilo Ilic, l’un des principaux protagonistes de l’affaire et celui par qui tout sera dévoilé, apparaît à un moment comme tombé du ciel, etc… En revanche on passe du temps à décrire des rencontres sans conséquence ou à faire de l’humour bidon sur l’un des personnages, Nedeljko Čabrinović, surnommé ad nauseam Kreten.

Abrégeons : quelqu’un qui comme moi connait bien le sujet n’apprendra rien et sera passablement énervé de voir à quel point il a été survolé, quelqu’un qui n’y connait rien n’y comprendra vraisemblablement pas grand chose. Sinon, c’est joliment dessiné.

J’ai tué François-Ferdinand, Le Galli, Héloret

Commentaires

Dionysos a dit…
Beaucoup de séries à concept de chez Glénat me font le même effet : j'adore l'idée, j'adore parler de ces sujets, mais dès qu'on s'y connaît un peu, on n'est déjà plus le public visé (les biographies en plusieurs tomes de Saint-Louis, Napoléon, etc. sont du même acabit)... seule la collection Explora a su me tenir en haleine un petit peu (même si je préfère les premiers tomes).
Gromovar a dit…
Oui. Je crois que c'est le concept même de ce type de série qui est foireux.