No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Holà, mes braves !


MUHAHAHAHA. Quand il n’y en a plus, il y en a encore.
Retour de la brillantissime série De cape et de crocs pour un diptyque préquelle destiné à dévoiler le passé tumultueux d’Eusèbe.

Et oui, Eusèbe, comme il l’affirmait, a bien été garde du Cardinal. Entre d’innombrables autres choses, plus risquées les unes que les autres. Car le valeureux lapin monté à Paris s’y est retrouvé propulsé au cœur des intrigues pour le remplacement d’un Cardinal de Richelieu vieillissant. Les grands s’affrontent à mort et c’est le malheureux Eusèbe qui trinque. Une puissante protectrice l’aidera peut-être mais, à la fin de l’album, tout est bien sombre pour le courageux lapin.
Comme si ça ne suffisait pas, il expérimente aussi pour son malheur la rivalité mortelle entre gardes du Cardinal et mousquetaires du Roi, ainsi que la filouterie omniprésente dans la capitale.

On ne peut que répéter ici ce qui a déjà été dit sur De cape et de crocs. C’est de la grande aventure à la Féval ou à la Dumas, rythmée, drôle, souvent brillante, superbement écrite et très joliment dessinée. On voyage dans un Paris encore médiéval fort bien reconstitué avec ses encorbellements, ses ruelles tortueuses non pavées, ses caniveaux centraux bien peu ragoutants. Sans oublier les marchés, les ponts, les vendeurs à la sauvette, les saltimbanques, et les Grands, en carrosses et dentelles. Toute une vie urbaine, grouillante, bruyante, haute en couleurs.

Il n’est pas toujours facile de relancer une série annoncée terminée. C’est une pleine réussite ici. Ce tome 11, comme tous ceux qui l’ont précédé est beau, fin, plein d’esprit, régulièrement rimé. Que demander de plus ? Que la suite arrive vite.

De cape et de crocs t11, Vingt mois avant, Ayroles, Masbou

Commentaires

Lorhkan a dit…
Je suis justement en train de découvrir la série originale. J'aime bien, c'est léger et drôle, même si ça ne va pas bien loin, mais ça détend. ;)
Gromovar a dit…
C'est plus que léger et drôle. C'est pétillant ;)