Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Negroes can't be writers


"Bloodchild and other stories" est un titre particulièrement bien trouvé par l’e-diteur Open Media. En effet, le recueil proposé par cet acteur contient Bloodchild ainsi que d’autre histoires d’Octavia Butler.

J’avais envie de vous dire tout le bien que je pense de ce recueil. Voilà, c’est fait.

J’avais envie aussi de me perdre en fines analyses sur les textes et leur signification, mais voilà, Octavia Butler elle-même le fait en postface de chacun d’eux. Si les auteurs se mettent à piquer le travail des blogueurs… Je n’ai pas écrit Kindred, moi.

Donc, quelques résumés et quelques mots ensuite.

Bloodchild est un chef d’œuvre, primé Hugo, Locus et Nebula, jamais traduit en français à ma connaissance, et c’est infiniment regrettable. J’en parlais ici.

The evening and the morning and the night, primé Science-fiction Chronicle, est un beau texte sur la responsabilité (oups ! je l’ai dit, comme Octavia en postface), plein de types différents de responsabilité. Ca parle de maladie grave et de soin. On y voit que le care échoit aux femmes, aptitude naturelle ou malédiction des dominés ? (et ça Octavia ne l’a pas dit)

Near of kin n’est pas SFFF. Mais c’est un beau texte dans lequel la tension que crée la mise à jour d’un secret de famille lors des obsèques d’une mère détestée est finement rendue en peu de pages.

Speech sounds, primé Hugo, se passe après un événement apocalyptique qui a privé de la parole la plupart des humains. On y voit comment sans langage la pensée devient fruste et les affrontements inévitables. Orwell l’avait pressenti, Matthieu Kassovitz aussi dans la capitale scène du vernissage de la Haine. Le texte finit sur une note optimiste.

Crossover n’est pas SFFF et il est le moins intéressant du recueil imho. Trop court là pour convaincre.

Amnesty est un récit de contact humain/aliens désastreux sur Terre. On y voit comment la méconnaissance conduit à l’atrocité, mais aussi que les Etats humains ne sont pas moins froids que les « monstres » venus de l’espace. On y voit d’abord le difficile rôle de ceux qui cherchent à réconcilier deux cultures. Il n’est pas facile d’être un pacifiste israélien j’imagine.

The Book of Martha est de nouveau un texte sur la responsabilité. Martha, une brave femme qui ressemble étonnamment à Octavia Butler, est convoquée par Dieu qui lui propose de sacrifier sa réussite récente pour changer une chose de son choix dans l’Homme, afin de protéger l’humanité de ses excès. Butler y donne ce qui est finalement son opinion. Le texte est néanmoins un peu faible.

Et puis il y a, au milieu du recueil, deux brefs essais de l’auteur.

Furor scribendi est un hymne au travail et à l’obstination contres les miracles du talent et de l’inspiration.

Positive obsession décrit son obsession de l’écriture, une obsession positive qui l’a poussée jusqu’au bout de ce qui une tâche vraiment difficile pour une femme noire de la classe populaire. Le texte rappelle par moments la question que Rilke posait à son jeune poète :
Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il pousse ses racines au plus profond de votre cœur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s’il vous était défendu d’écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : « Suis-je vraiment contraint d’écrire ? » Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité.

Ceci d’autant qu’Octavia Butler, elle, s’entendait dire, par quelqu’un, sa tante, qui voulait son bien :




Octavia Butler a écrit en faisant des boulots de merde. Elle a vu ses textes refusés longtemps, puis être publiés et gagner des prix prestigieux. Elle n’a pas fabriqué des photomontages geignards pour réseaux sociaux.

Bloodchild and other stories, Octavia Butler

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Commentaires

Plume a dit…
Intéressant, je le note même si je ne sais pas si je trouverais le courage de le lire en VO... De toute façon, il faut d'abord que je lise ses "Paraboles" !
Gromovar a dit…
Les étudiants, ça lit l'anglais, non ;)

Bloodchild vaut la peine d'essayer.