Hyde Street t2 - Johns - Reis

Sortie du nouvel opus de la série Hyde Street , le comic EC-style de Johns et Reis publié chez Urban depuis quelques mois. Ce tome 2, intitulé Le Hachoir du passé , prolonge le récit entamé dans son prédécesseur , et permet de découvrir de nouveaux résidents de la démoniaque Hyde Street. Le lecteur a donc l’occasion d’approfondir sa connaissance du très dérangeant Pranky, mais aussi de rencontrer la voyante arnaqueuse Sœur Orité ou le chirurgien extrême Docteur Ego (avec ses deux assistantes) . Il fera surtout la connaissance du terrifiant Boucher de Hyde Street, que le Monstre mutique tenait enfermé depuis des décennies. Il en apprendra plus (plus encore s’il regarde attentivement les images) sur le mystérieux Compteur qui mène le jeu dans le purgatoire que constitue Hyde Street. Il croisera même une jeune Marilyn Monroe pleine de rêves et d’espérances. C’est toujours Mr X-Ray qui porte le récit, a fortiori ici quand sa fille – reniée et abandonnée dans une autre vie – tente d’entrer...

Un parfait prédateur


Lord Faureston, tome 1 de la série d’Ayroles, Maïorana, Leprévost, intitulée "D", sortit début 2009. Le tome 2, Lady d’Angerès, fin 2011. Déjà il fallut être patient. Puis, plus rien. Pendant longtemps. Au point qu’on a pu penser la série définitivement arrêtée. Enfin, début juin 2014, sortit le troisième et dernier tome, intitulé "Monsieur Caulard".

Je relis la chronique écrite pour les deux premiers tomes et réalise que tout est déjà dit, sur les caractéristiques de cette série comme sur ses qualités.

Je précise donc ici seulement que le troisième tome répond aux attentes. Les fils se terminent, les questions trouvent leurs réponses, les destins des personnages leur conclusion, pour le meilleur ou pour le pire.
"Monsieur Caulard" est donc un superbe final. Le scénario est toujours aussi cohérent, les dialogues parfaits, l’évocation de l’époque victorienne convaincante, les références judicieuses et utilisées à bon escient. Ayroles se paie même le luxe de quelques rebondissements étonnants, de nature à tirer une exclamation ravie au lecteur, ainsi qu’une réflexion sur le basculement des centres de pouvoir qu’amène la Révolution Industrielle (illustré de manière glaçante, et sanglante, par une métaphore visuelle sur l’exploitation ouvrière). C’est de la bien belle ouvrage, à des années lumières de la BD tout venant qui encombre les bacs avant de filer au pilon.
Dessins corrects et colorisation brillante, là aussi comme dans les deux premiers tomes.

Note a : Il importe de lire les trois tomes en enfilade pour profiter pleinement de la grande qualité de cette série dans laquelle éclate, une fois encore, le remarquable travail scénaristique et dialogique d’Ayroles.
Note b : Nous avons appris récemment que le dessinateur de la série, Bruno Maïorana, arrête la BD en raison de son exaspération contre le système de rémunération des auteurs. Le premier d’une série ? Espérons que non.

D t3 Monsieur Caulard, Ayroles, Maïorana, Leprévost

Commentaires

Efelle a dit…
Bientôt la paye et donc il est très probable que je craque (craquasse ça le fait pas...).
Gromovar a dit…
Tu ne crois pas si bien dire, dans l'album les concordances des temps sont parfaitement d'époque.
Efelle a dit…
Une excellente BD en tout cas, une réinvention du vampire gothique des plus réussies.